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François Le Pillouër, directeur du Théâtre National de Bretagne

A quoi sert un directeur de théâtre?

8 min
À retrouver dans l'émission

Est-ce que c'est le rôle d'un directeur de théâtre d'intervenir dans les mises en scène des spectacles qu'il produit ou qu'il invite?

François Le Pillouër, directeur du Théâtre National de Bretagne
François Le Pillouër, directeur du Théâtre National de Bretagne Crédits : THOMAS BREGARDIS / AFP - AFP

Cette réflexion a pour point de départ une remarque de Fabienne Pascaud dans l’émission la semaine dernière. Il était question de la nouvelle création de Sylvain Creuzevault, Angelus Novus, dont elle considère que c’est un spectacle un peu flou, qui aurait gagné à être moins bavard et plus lisible. Elle s’interrogeait notamment sur le rôle que le directeur du théâtre où le spectacle avait été créé aurait pu jouer, en l’occurrence Strasbourg, s’il avait pas endossé ce rôle de conseiller, pour un spectacle qui aurait selon elle gagné à l’acuité d’un regard professionnel et extérieur. Alors on ne sait pas si Stanislas Nordey en l’occurrence au TNS, ou Wajdi Mouawad à la Colline ont commenté ou orienté le travail de Sylvain Creuzevault. Ça pose de bonnes questions sur le rôle d’un directeur de théâtre, sur la posture qu’il veut ou peut adopter vis à vis des artistes qu’il invite à jouer. J’avoue n’avoir aucune idée de la manière dont ça se passe: est-ce que le spectacle invité est roi? Est-ce qu’au contraire, l’invité doit s’adapter à son hôte, revoir éventuellement ses ambitions?

Dans le Monde il y a quelques jours paraissait un article sur le bilan de François le Pillouër, qui quitte le théâtre national de Bretagne à la fin de l’année après vingt-deux ans de services, d’autres diront de règne. Voilà ce que dit l’article: “C’est un intendant, au sens allemand du terme, soit un homme qui sait repérer le talent des metteurs en scène et les accompagner dans leurs projets”. Le portrait revient notamment sur la création du festival "Mettre en scène", qui fut un des premiers festivals inscrits dans la saison, et qui vit émerger dans les années quatre-vingt dix Nordey, Braunschweig, Pitoiset entre autres. La différence par exemple entre un Le Pillouër et un Nordey, c’est que François Le Pillouër n’est pas lui-même metteur en scène, c’est un pur directeur de scène, contrairement à la plupart des chefs des grandes scènes françaises aujourd’hui, qui cumulent les deux fonctions. D’ailleurs François Le Pillouër sera remplacé en janvier par un metteur en scène, en l’occurrence Arthur Nauzyciel. J’imagine qu’il est moins aisé pour un metteur en scène de se mêler du travail d’un artiste qui est à la fois collègue et invité, sans avoir l’air d’y mettre sa propre pâte. Est-ce que ce n’est pas un des défauts de ce système désormais tout à fait en place de poster systématiquement des artistes à la tête des théâtres et des festivals…

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Journaliste et auteure
L'équipe
Production
Réalisation
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