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devant un des lieux du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2015

Qui regarde des court-métrages?

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Les court-métrages sont de plus en plus subventionnés et diffusés: à qui sont-ils destinés?

devant un des lieux du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2015
devant un des lieux du festival du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2015 Crédits : THIERRY ZOCCOLAN / AFP - AFP

La semaine prochaine on célèbrera la Fête du court-métrage, un évènement qui se tiendra dans toute la France du 15 au 18 décembre prochain : 2500 lieux de projections, des rencontres, des ateliers, le tout largement chapeauté par le Centre National du Cinéma et de l’image animée, et sous la populaire égide des acteurs Bérengère Krief et Vincent Lacoste qui en sont les porte-paroles. L’occasion de se poser la question: qui regarde aujourd’hui des court-métrages? Je dois bien reconnaître que je ne me suis mise à regarder des courts que lorsque j’ai commencé à travailler sur le cinéma, pour nourrir des entretiens avec des réalisateurs ou des critiques de film, je ne suis jamais personnellement allée voir de ma propre initiative un programme de court-métrages au cinéma. A la télévision lesdits programmes sont souvent diffusés tellement tardivement que je ne suis jamais tombée dessus. Ce qui me laisse songeuse quant à la portée d’une telle célébration. Pour éclairer cette question corollaire de la diffusion des films courts, je me suis penchée sur le dernier rapport du CNC sur la question. On y découvre que le CNC finance en partie plusieurs centaines de court-métrages par an, et que ce chiffre est plutôt en progression, ce sont majoritairement des fictions, et ils durent en moyenne 20 minutes. En 2014, 2376 court-métrages ont été exploités en salle, c’est plus du double de l’année 2008, il y aurait donc clairement une tendance dans les cinémas à diffuser de plus en plus de court-métrages, en l’occurrence il existe deux moyens de les diffuser: des programmes exclusivement composés de court-métrages, et puis des premières parties de séance: on voit un court, qu’on a donc pas choisi, avant le film. Les trois “court-métrages” qui ont le mieux marché en 2015, et de loin, sont trois films d’animation: pas très représentatif donc d’une pratique du film court que j’imaginais, plutôt une pratique festivalière: pour moi le court-métrage est un film de jeune cinéaste - ce que corroborent d’ailleurs les chiffres donnés par le rapport du CNC, réalisé moins à destination d’un grand public que du milieu, et appelé à être surtout diffusé et avec un peu de chance primé en festival, afin d’être reconnu et décrocher pour son auteur la possibilité de faire un premier long-métrage. Rares d’ailleurs sont les réalisateurs, du moins dans le domaine de la fiction non animée, à revenir au format court après avoir réalisé un long-métrage, je me souviens d’une interview de Guillaume Brac, le journaliste s’étonnait du fait qu’il soit revenu au court-métrage après avoir touché au graal du long… Comment donc doit-on regarder un court-métrage?

Intervenants
  • Critique de cinéma
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
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