LE DIRECT
Daniel Pennac en 2016

Succès des Malaussène

11 min
À retrouver dans l'émission

Daniel Pennac publie en cette rentrée littéraire un nouvel opus de la saga qui a connu un immense succès dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Le succès sera-t-il encore au rendez-vous?

Daniel Pennac en 2016
Daniel Pennac en 2016 Crédits : ULF ANDERSEN / AURIMAGES - AFP

On parlait la semaine dernière du succès de la trilogie d’Elena Ferrante, décidément cette rentrée littéraire est placée sous le signe des sagas. Un autre roman partage le haut de l’affiche avec le troisième tome de l’Amie prodigieuse, et ce roman c’est Le Cas Malaussène, signé Daniel Pennac, le titre est limpide, impossible de se tromper, il s’agit bien du retour du héros récurrent préféré des Français, qu’on n’attendait plus depuis 1999 et la publication des Fruits de la passion. Daniel Pennac et son héros sont donc omniprésents dans les journaux ces derniers jours, presqu’autant que Dalida dont on parlait hier, l’occasion de se demander de quoi cette série Malaussène est le succès. Petit rappel, en 1985, Daniel Pennac fait paraître chez Gallimard dans la collection "Série Noire", Au Bonheur des ogres, un premier roman dans lequel il met en place une famille, celle des Malaussène, une famille foutraque pour le moins, frères et soeurs sont issus de pères inconnus et différents, une famille nombreuse régie par Benjamin, l’aîné, dans une joyeuse quincaillerie au cœur de Belleville. Le mélange d’intrigue policière, de descriptions pittoresques d’un Paris à la fois cosmopolite et violent, autour de ce personnage de Malaussène qui aimante les ennuis mais aussi des personnages tous plus attachants que les autres garantit un succès immédiat; ce premier roman aura des suites, formant une véritable saga, écoulée aujourd’hui à 5.4 millions d’exemplaires, soit un des plus gros succès pour le roman français. Alors quid de ce nouvel opus? Le cas Malaussène ouvre une nouvelle série dans la saga selon son auteur, il y a un sous-titre d’ailleurs “ils m’ont menti”, et un numéro de tome, laissant augurer de nouvelles sorties. De fait le dispositif est un peu différent, puisque la narration n’est pas uniquement assurée par Benjamin Malaussène, mais en alternance avec un personnage inédit, Alceste, un écrivain, qui dans un habile effet de mise en abîme évoque une saga Malaussène qu’il aurait lui-même lue il y a quelques années.Mais sinon on retrouve les ingrédients qui sont vraiment les marqueurs de cette littérature: l’intrigue policière, la violence, le déguisement, le café à la turc et puis surtout des effets “métaphorisants” bien connus par exemple je cite une phrase mise dans la bouche de Malaussène à propos de ses enfants: “les laisser jouir de leurs illusions, sans leur dire qu’elles ne sont que les herbes aromatiques dispersées sur le grand hachis financier”. Toute la question est de savoir si la saga Malaussène va réussir à passer le cap du 21e siècle, s’adapter à la révolution numérique, rester à l’aise dans une ville en état d’urgence, un quartier plus vraiment populaire où les tensions communautaires sont exacerbées. Malaussène rassurait la France, peut-il continuer de le faire… Dans le Figaro il y a quelques jours on lisait que Pennac était un “un des écrivains qui a réconcilié l’art du roman avec le plaisir de raconter”: est-ce que vous êtes d’accord et est-ce que c’est encore ça qui intéresse le public aujourd’hui?

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......