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le FRAC des Bouches du Rhône à Marseille

Tous aux FRAC!

12 min
À retrouver dans l'émission

Le week-end des 5 et 6 novembre prochains sera un week-end ouvert et festif pour les Fonds régionaux d'art contemporain.

le FRAC des Bouches du Rhône à Marseille
le FRAC des Bouches du Rhône à Marseille Crédits : MOIRENC CAMILLE / HEMIS.FR / HEMIS - AFP

Le week-end prochain, les 5 et 6 novembre, aura lieu la première édition du week-end des FRAC dans toute la France. Les 23 FRAC de France seront donc ouverts à tous, avec des activités pour les jeunes, des débats avec des artistes etc. Alors les FRAC, Fonds Régionaux pour l’Art Contemporain ont été créés en 1982, à l’époque c’est Jack Lang qui est Ministre de la Culture, avec l’ambition de décentraliser et rendre accessible l’art contemporain. Ces fonds sont des associations, mais d’intérêt public, et leur sont alloués des budgets pour acquérir et surtout faire circuler les oeuvres qu’elles possèdent dans la région. Et ces fonds ne sont pas négligeables, cela représente aujourd’hui près de 26 000 oeuvres, près de 5000 artistes, et les FRAC représentent le troisième ensemble public d’art contemporain en France après le Centre National des Arts Plastiques, et le Centre Pompidou. Chaque année un tiers de leurs collections sont présentées au public, ce sont donc tout simplement les collections les plus diffusées de France.

Tout le monde ne s’accorde pas pour autant sur le succès ou l’intérêt de ce réseau, En 2013, Luc Ferry avait publié un article dans Le Figaro qui avait fait grand bruit, dans lequel il regrettait que je cite les FRAC soient “des temples de l’inculture”, plus loin “plébiscités par les artistes sans art et sans talent : au lieu d’avoir à convaincre un public, ils ont pu se contenter, souvent grâce au copinage, d’écouler leurs productions indigentes aux frais du contribuables”. Alors c’est un reproche souvent fait aux FRAC, celui de l’opacité qui entoure les décisions prises quant aux acquisitions. La même année, l’IFRAP qui est un think tank de droite publie un rapport qui lui, n’entend pas livrer d’opinion sur l’intérêt artistique des FRAC mais sur les incohérences économiques selon lui du réseau : notamment le fait que beaucoup d’oeuvres ne sont jamais exposées au public alors qu’elles sont achetées par l’Etat, ou, et j’en reviens à ce weekend d’ouverture des FRAC, le fait qu’ils deviennent de plus en plus des musées, ce qui coûte de l’argent et ce qui dévie le réseau de son projet premier. En effet en 82 les FRACS n’ont pas vocation à être des lieux, ils sont en quelque sorte des réservoirs, qui font circuler les oeuvres dans les musées, les écoles etc. Or depuis quelques années, ils se muent en lieux d’exposition, Rennes, Dunkerque Bordeaux pour ne citer que quelques villes ont fait ouvrir ou construire des bâtiments qui sont de fait des musées. Il y a deux jours par exemple, la région Normandie a annoncé qu’un lieu FRAC allait ouvrir dans le centre-ville de Caen pour 9 millions d’euros. Ça pose de vrais questions économiques, aujourd’hui les fonds régionaux d’art contemporains voient souvent leur budget passer en budget de fonctionnement et non plus d'acquisition, on est face à un risque de ralentissement des achats. Alors un FRAC doit-il rester un lieu de conservation et d’achat, ou peut-il devenir un espace d’expositions?

Intervenants
  • Journaliste au Journal des Arts
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
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