LE DIRECT
Barbara à Milan, le 26 mars 1966

Un "biopic" sur Barbara au Festival de Cannes

14 min
À retrouver dans l'émission

Le film sur la chanteuse Barbara de Mathieu Amalric sera présenté en ouverture de la sélection « Un certain regard » au festival de Cannes. Ce sera donc un cinquième "biopic" sur une figure de la chanson française depuis La Môme en 2007. A quoi peut-on s'attendre?

Barbara à Milan, le 26 mars 1966
Barbara à Milan, le 26 mars 1966 Crédits : LEEMAGE - AFP

Le film sur Barbara sortira 20 ans après la mort de la chanteuse qui a aussi joué dans trois long-métrages : double inscription pour ce "biopic", dans la foule des hommages musicaux que Le Monde détaille dans « Barbara éternel rappel » et dans la série assez conséquente des biopics musicaux français : à commencer par La môme, Gainsbourg vie héroïque, Cloclo jusqu’à la récente Dalida dont c’est aussi l’année anniversaire de sa disparition. « Après la reine du strass, la dame en noir », annonce Le Monde.

la postérité de Barbara se distingue de celle de Dalida : artiste estimée avec un public fidèle mais longtemps effacée, une chanteuse contemporaine expliquait qu'elle avait fait ce qu'Aznavour avait fait à la chanson française : avec un lexique direct et sobre, pourvoir évoquer l'amour, la mort, le viol...

Intitulé sobre aussi pour le film Barbara dont on ne sait pas grand-chose matériellement, aucune image n’a filtré avant la présentation à Cannes. La presse people et spécialisée annonçait un tournage rapide entre décembre 2016 et janvier 2017, Mathieu Amalric a donc du faire vite ; l’actrice Jeanne Balibar semble adéquate : actrice, mais également chanteuse, « grande, brune et le regard sombre, Jeanne Balibar convainc déjà dans ce rôle » assure Gala… « un choix qui semble pertinent », écrit Première, rappelant qu’elle « a travaillé avec Rodolphe Burger » et qu’elle a repris Serge Reggiani et Gainsbourg…

Quant à l’histoire, au scénario, il y a assez de recul pour pouvoir situer a priori ce biopic : les critiques ont été plutôt sévères envers Dalida, une production Pathé : saluant quand ils le pouvaient la ressemblance de l'actrice Sveva Alviti, mais reprochant globalement un manque de profondeur du personnage et la fadeur du scénario – l’absence de point de vue : « long clip tout lisse » pour Isabelle Régnier dans Le Monde – certains sont plus durs – en tous cas « le cœur de la presse ne bat pas pour Dalida » synthétise Le Figaro le 11 janvier.

Globalement, c’est le même reproche qui a pu être fait a Dalida et à La Môme. Le pt de vue de Jacques Mandelbaum dans « La France se pique de biopics » (Le Monde) en janvier l'explique assez bien : satisfaire un goût pour les « grands brûlés de la vie », dans « un grand portrait mortifère », bon exemple en fait d'« un genre sourdement travaillé par l’expiation du succès et reposant sur une structure d’airain : la blessure de l’enfance, la conquête de la gloire, le rendez-vous fatal avec le destin », « et où les questions du travail, de la création, de la musique, du marketing, de la place dans la chanson française sont tenues pour négligeables. »

Les chiffres des entrées donnent partiellement raison à la presse : comparé aux quatre précédents biopics, Dalida a bien fait le plus mauvais score à son lancement : 56 000 entrées le premier jour.

Mauvais choix de personnage, mauvais scénario, absence de mise en scène pour Dalida ? Peut-être parce qu’il s’agit d’une grosse production Pathé adoubée par le garant de la mémoire officielle Orlando ? Pour Barbara ce sera « A priori un changement de registre» - dit Sylvain Siclier dans Le Monde en février dernier, qui reconnaît « deux grandes tragédiennes de la chanson ». Quelques indices sont donnés par Première : le producteur Patrick Godeau, assez éclectique et indépendant, la démarche de Mathieu Amalric - et surtout une astuce a été trouvée pour éviter le risque d’un scénario trop facile : le film sera un film sur un réalisateur qui veut tourner un film sur Barbara, une mise en abîme qui autorise toutes les possibilités. « Grâce à ce procédé original, Barbara devrait donc plutôt tendre du côté de Gainsbourg, vie héroïque que de La Môme » conclut Première...

Enfin, que le public s’intéresse massivement à Barbara n’est pas gagné : à lire Le Monde « en popularité, Dalida toujours conviée dans les quarts d’heure disco des mariages l’emporte sans doute sur Barbara dont la mémoire radiophonique s’est longtemps réduite à la diffusion de sa plus célèbre chanson l’aigle noir ». Barbara ­– et Django et le biopic sur Mike Brandt peut-être à venir - pourront-t-ils éviter les 2 écueils de l’hagiographie et de l’académisme ? Et si oui, y a-t-il des chances qu’ils plaisent ?

X. M.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......