LE DIRECT
l'affiche de The Edge of seventeen de Kelly Fremon Craig

Un film visible directement sur petit écran est-il nécessairement un mauvais film?

12 min
À retrouver dans l'émission

Alors que la programmation du prochain Festival de Cannes devrait mettre à l'honneur des films qui feront l'impasse de la distribution en salles, petit point sur la qualité des films distribués directement en VOD.

l'affiche de The Edge of seventeen de Kelly Fremon Craig
l'affiche de The Edge of seventeen de Kelly Fremon Craig

J’ai vu il y a quelques jours sur les recommandations notamment de notre collaboratrice Murielle Joudet un film intitulé The Edge of seventeen, un teen-movie indépendant de fort bonne facture à propos duquel elle avait signé un article enthousiaste dans Les Inrocks. Or ce film je l’ai vu sur mon petit écran, puisqu’il n’est pas sorti au cinéma mais uniquement sur des plateformes de vidéo à la demande. Le journal Le Monde a aussi consacré une petite note critique à ce film de Kelly Fremon Craig produit par James L. Brooks, une petite note dans laquelle il est associé à un autre film sorti directement en France en VOD, Revenger, comme son nom l’indique un revenge movie avec Michelle Rodriguez et Sigourney Weaver, une sombre histoire de chirurgie qui tourne mal. Si le deuxième cas est moins étonnant - je ne l’ai pas vu mais apparemment Revenger est un film assez mineur, le genre de film qui depuis des années saute aisément la case de la sortie en salles pour faire des économies - le cas de The Edge of seventeen est plus étonnant, et illustre peut-être une évolution que d’ailleurs l’article du Monde souligne; je cite “Jadis passage obligé pour valoriser un film sur ses différents supports d’exploitation, la salle de cinéma voit peu à peu son prestige s’émousser aux yeux des distributeurs.”. Et l’article de citer le cas du film de Kelly Reichardt, sorti finalement en salle après plusieurs mois d’atermoiements, à l’automne de nombreux critiques s’émeuvaient de ce que Certain Women aurait pu ne jamais sortir en salles, puisque Sony avait déclaré qu’il renonçait à le distribuer pour ne le sortir qu’en VOD.

Est-ce à dire qu’un film qui ne sort qu’en VOD est condamné à être classé dans la catégorie du mauvais cinéma de petit écran? Le cas de The Edge of seventeen nous dit peut-être autre chose, c’est peut-être le signe d’une évolution. Ce week-end sur la toile a été dévoilée une bande annonce qui a aussitôt fait beaucoup parler d’elle, celle de War Machine, un film produit par Brad Pitt, qui en interprète aussi le héros, aux côtés notamment de Tilda Swinton ou Ben Kingsley, une grosse production hollywoodienne sur la guerre en Afghanistan, et qui sortira le 26 mai, exclusivement et directement sur Netflix. Certains sites et forums n’excluent pas que le film puisse être diffusé hors compétition pendant le prochain festival de Cannes. Le 23 mars dernier Le Parisien titrait d’ailleurs: “Netflix nouvel invité sur la croisette?”. Le nom de Ojka, prochain film du coréen Bong Joon-Ho qui sortira en juin sur la même plateforme circule pour une sélection à la 70e édition du festival, aux côtés par exemple de ceux de Todd Haynes ou Sofia Coppola. Sofia Coppola qui a enjoint aux côtés de Christopher Nolan la semaine dernière les spectateurs à aller voir les films en salle, signe qu’une inquiétude est palpable. Est-ce parce que les films qui sortent directement en VOD sont de plus en plus de bons films?

Intervenants
  • Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
  • Chef du service culture de Libération
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......