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Marsault, Breum, tome 1, Ring.

Une signature BD aux éditions Ring

11 min
À retrouver dans l'émission

Il y a quelques mois les éditions très controversées ont signé le dessinateur Marsault.

Marsault, Breum, tome 1, Ring.
Marsault, Breum, tome 1, Ring.

Il y a quelques semaines, les éditions Ring ont signé un nouvel auteur, Marsault, auteur-dessinateur de bande dessinée, il était jusque là publié sur le net et auto-édité, assez peu connu donc en dehors de certains cénacles. Depuis qu’il a signé chez Ring, on en entend nettement plus parler, et notamment dans Libération qui publie le 15 janvier dernier sous la plume de Robin d’Angelo une enquête sur Ring je cite “des éditions qui sentent le soufre”. L’enquête est d’ailleurs illustrée par une petite bande dessinée signée Terreur Graphique, en quatre cases: deux jeunes à cheveux longs parlent de la BD de Marsault, l’un essaie de convaincre l’autre “ça envoie du lourd”, mais ce dernier a des doutes “c’est un truc de fachos non?”. Ce à quoi le premier rétorque “parce qu’on cogne sur les gauchos, les fonctionnaires, les alters, les immigrés, les femmes, les pauvres, les réfugiés, j’en passe et des meilleurs, on est un facho”? Et de finalement jeter la bande-dessinée derrière lui. La BD illustre assez bien le propos de l’enquête, qui revient sur la stratégie des éditions RING, créée en 2012 par David Serra, au départ destinée à publier des ouvrages contre-culturels, et qui doit aujourd’hui selon le journaliste ses meilleurs ventes à la facho-sphère, sans assumer toutefois cette nouvelle couleur politique. Un des coups commerciaux de la Maison a été en effet l’édition en 2013 de La France Orange mécanique, de Laurent Obertone, un violent pamphlet anti-multiculturaliste avec lequel Marine Le Pen est apparue à plusieurs reprises. Pas seulement de la bande dessinée d’ailleurs mais il se trouve que son dernier coup c’est un auteur de BD, donc, Marsault, petite trentaine d’année, dont le héros Eugène est un skinhead qui aime beaucoup la bagarre, et surtout avec les gauchistes, les féministes, les antiracistes, bref comme le dit Libé, “ceux qui incarnent la pensée unique”. Autant dire une bataille idéologique vieille comme le monde, et surtout vieille comme la bande dessinée, sauf que dans le climat extrêmement tendu qui est le nôtre, dans la France de l’après-Charlie, la France où l’extrême-droite progresse, ça pose question. Les antifascistes se sont emparés de cette publication, et les débats vont bon train sur le net, le site “l’info antiraciste” par exemple a publié dès le mois d’août dernier un article une analyse des planches de Marsault, qu’il classe, à la fois par la violence de ses dessins, et par les propos qu’il tient sur le racisme anti-blanc, à l’extrême droite la plus violente. Mais ce sur quoi le site insiste surtout, c’est sur tout un contexte de publication et de diffusion de la bande-dessinée de Marsault: relayée par les sites d’Alain Soral ou de Dieudonné, sa page Facebook a été fermée à cause de certains commentaires notamment à l’intention de militants féministes. Marsault lui se revendique d’une bande-dessinée à l’ancienne, et notamment de Gotlib, décédé il y a quelques temps, on en avait parlé ici-même, et de sa liberté de ton, voici comment il est présenté sur le site des éditions Ring “Dessinant d'abord pour faire rigoler ses copains de comptoir, il décide rapidement de passer à la vitesse supérieure. Il apprend le métier seul et selon la technique classique: papier, crayon, encre, hargne et Gitanes sans filtre. Ne bénéficiant des conseils d'aucun professeur ("Les écoles c'est pour les fiottes"), il forge sa technique en étudiant la bande-dessinée des années 70-80, Gotlib en tête, à qui il voue un culte sans limites. Pendant presque dix ans, il cumule travail manuel et dessin dans la même journée. D'un naturel peu porté sur la réflexion et la subtilité, il impose un style de BD efficace, brutal et sans détours”. D’autres articles parlent d’ailleurs de la filiation de cette bande dessinée avec l’esprit Fluide Glacial ou Hara Kiri. Le problème c’est que les bandes dessinées de Marsault pointent en tête des ventes sur Amazon: en fait de culture minoritaire, on est donc pas vraiment servi. Comment voyez-vous l’inscription de la bande-dessinée dans cette lutte idéologique-là?

Intervenants
  • directeur de la rédaction de Vanity Fair
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
Production
Réalisation
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