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Béji Caïd Essebsi, le président de la Tunisie

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Béji Caïd Essebsi, premier président élu démocratiquement de Tunisie, est mort à l'âge de 92 ans. Plusieurs fois ministre après l’indépendance en 1956, il avait accédé à la présidence en 2014. Portrait de notre correspondante à Tunis, Camille Lafrance.

A Tunis, le 25/11/2015 Beji Caïd Essebsi, lors des funérailles de soldats de la garde présidentielle, tués dans un attentat.
A Tunis, le 25/11/2015 Beji Caïd Essebsi, lors des funérailles de soldats de la garde présidentielle, tués dans un attentat. Crédits : Maxppp

C'est sous sa présidence que le pays tente désormais de sortir d'une période politique de transition, sans pour autant parvenir pour l'instant à éradiquer des dérives autoritaires.

C'est Camille Lafrance, notre correspondante à Tunis, qui nous brosse son portrait.

Son expérience rassure, ses 89 ans un peu moins. Mais sa verve lui a permis de trancher. "Si on laisse les pouvoirs aux jeunes, seront-ils gouverner ?" s'interrogeait-il. Homme de scène, Béji Caïd Essebsi jongle entre sa volubilité d'avocat et son bagou pétri de blagues en dialecte tunisien qui lui ont parfois valu quelques dérapages. "L'improvisateur est incontrôlable !" reconnaissent ces collaborateurs. 

En campagne, Béji Caïd Essebsi disait œuvrer pour une Tunisie nouvelle et moderne, tout en marchant dans les pas d'Habib Bourguiba, père de l'Indépendance. Il a plusieurs fois été son ministre, notamment à l'Intérieur. Les victimes de la Répression à la fin des années 1960 s'en souviennent, mais il s'en ait finalement démarqué en quittant la politique, comme Ben Ali. 

De retour sur scène après la Révolution, à la tête du gouvernement, il organise en 2011 les premières élections libres du pays, dont sortiront les islamistes Ennahdha. C'est contre leur projet de société qu'il fonde "Nidaa Tounes", l'appel de la Tunisie. En à peine deux ans, il y fédère des hommes de gauche et des hommes de l'ancien régime, et l'impose comme première force du pays, "un miracle !", reconnait un ancien membre du parti. 

Adepte de l'état séculier, il n'hésite pas, comme Bourguiba, à se servir de la religion en multipliant les références au Coran. Faute de majorité absolue, il forme finalement une coalition avec l'ennemi d'hier mettant à mal son parti. Beaucoup le disent aujourd'hui paralyser par cette alliance avec Ennahdha.

Il n'a pas était élevé en démocrate comme Bourguiba. Son initiative la plus visible : une proposition de loi dite de "réconciliation", vue par ses détracteurs comme une tentative d'amnistie des hommes d'affaires de l'ancien régime. Pendant que les chômeurs et les familles déshéritées s'impatientent, les victimes des répressions passées aussi. Il avait promis la sécurité : la Tunisie a connu trois attentat en 2015, dont l'un contre sa garde présidentiel.

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