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La Fan Zone au Champ de Mars à Paris

La classe populaire de l'Euro 2016

3 min

Des matchs, des hors-jeu, des penaltys, des Corners, des 4 -4 -3... Mais quelle est donc cette drôle de langue qui s'invite jusqu'au 10 juillet dans les stades, les bars et les plateaux des médias ?

La Fan Zone au Champ de Mars à Paris
La Fan Zone au Champ de Mars à Paris Crédits : JEREMY LEMPIN - Maxppp

Au début de l'Euro, j'étais Euro à fond et sans voir les matchs d'ailleurs... Ce que j'aimais, c'était l'ambiance à Paris. Tous ces supporters venus de l'Europe entière pour vivre avec nous, chez nous le grand tournoi continental du foot, donnaient à la ville-lumière un caractère sympathique, joyeux, fraternel, et inédit. Inédit car les Allemands ne ressemblaient pas aux Allemands qu'on voit d'habitude, les russes n'avaient pas du tout la même allure que ceux qu'on croise à Nice, même les italiens, les irlandais, les espagnols, les belges, les suisses avaient quelque chose de particulier. Ils n'avaient ni le look touriste ni le style Erasmus habituels, ils ressemblaient plus à des ouvriers qui découvraient pour la première fois les congés payés, bref ils avaient la classe populaire. Ken Loach aurait dit la classe des "prolos d'Europe". Et c'était agréable de les voir déambuler dans la ville riche et chic, de les rencontrer dans les transports publiques, de leur parler dans les bars. A la radio on disait qu'il y avait une ambiance "bon enfant" dans les fans zones, moi je dirai plus : une ambiance "Grands Enfants", ils étaient venus en bande de potes, toujours souriants, heureux d'être là, chantant sous la pluie presque. Bon, à Marseille, ici ou là, il y a eu des supporters moins « bon enfant » voire carrément « mauvais adultes », mais dans l'ensemble la fête n'a pas été gâchée. Au contraire, les supporters rencontrés redoublaient d'amabilités pour bien signifier qu'ils n'étaient ni des sans-culottes énervés ni des envahisseurs de l'intérieur de Schengen, et ô miracle les parisiens ont été accueillants, eux qui ont la réputation d'être des snobs toujours pressés, prennent le temps d'expliquer aux supporters les itinéraires à prendre, les plan B en cas de grève, les bonnes adresses... Inédit, incroyable, magnifique. Et pourtant ce sont des choses vues et vécues...

Cette belle ambiance a été plombée du jour au lendemain par le Brexit. Depuis le Out anglais, mon regard a radicalement changé, mon humeur aussi... Après la pluie, le mauvais temps des soupçons : tous ces supporters qui arborent le drapeau de leurs pays ne seraient-ils pas un peu trop chauvins, un peu trop nationalistes ? Le temps des angoisses aussi : les Français et les Allemands vont-ils sauver l'Europe ou finiront-ils par se brouiller après un duel en finale de foot? Mauvais joueurs, les Anglais ont mis moins de temps à quitter l'Euro que l'Europe, car si le tournoi de foot va bientôt s'achever le Brexit lui va durer très longtemps... avant d'être effectif.

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