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Marco Bellocchio

Marco Bellocchio, 76 ans, éternel insurgé

2 min

Il n'y a pas de film italien en compétition à Cannes cette année, la presse transalpine s'en est émue. Sans doute que Nanni Moretti, Matteo Garrone et Paolo Sorrentino, n'avaient rien à présenter cette année. Est-ce à dire que sans eux, il n'y a plus de cinéma italien ?

Marco Bellocchio
Marco Bellocchio Crédits : Beatriz del Rincón Alonso - Maxppp

Que nenni, il est très présent partout ailleurs sur la Croisette, avec notamment, et éminemment, cet immense cinéaste et éternel insurgé qu'est Marco Bellocchio. A 76 ans, il a fêté l'an dernier ses 50 ans de cinéma, inaugurés en 1965 avec "Les poings dans les poches", chronique de la destruction d'une famille bourgeoise italienne sous le regard de leur fils épileptique. Ce film coup de poing annonçait les mouvements sociaux qui allaient embraser la péninsule, comme le reste du monde, en 1968.

Un cinéaste engagé

Sondeur implacable de l'âme italienne et de son inconscient, de ses turpitudes politiques et mafieuses, sa corruption politique, son règne de l'argent, sa justice aux ordres des puissants, contempteur du poids de la religion, de "Au nom du père" en 1971 au "Sourire de ma mère" en 2002, qui ne fut pas en odeur de sainteté au Vatican, on lui doit le premier film sur l'assassinat d'Aldo Moro, "Buongiorno notte", un film lyrique et magistral sur l'ascension de Mussolini, "Vincere", et récemment une oeuvre qui le désigna comme la cible des intégristes anti euthanasie, manifestation sur le Lido de Venise comprise : "La Belle endormie", sur l'affaire Eluana Englaro.

Un cinéaste provocateur

Il provoqua aussi l'un des plus mémorables scandales de l'histoire du festival de Cannes, avec la fellation non simulée administrée par Marushka Detmers dans "Le Diable au corps" en 1982. Pour autant, cet observateur des plus clairvoyants des convulsions transalpines refuse l'étiquette de "cinéaste politique" : pour lui, en grand admirateur du cinéma muet, inspiré notamment par l'esthétique de Carl Dreyer, son cinéma est avant tout question de forme, et quelle forme ! Le plus grand cinéaste italien actuellement en activité n'est donc pas en compétition cette année à Cannes. Pas grave : son nouveau film ouvre ce soir la Quinzaine des Réalisateurs. Son titre lui va comme un gant : "Fais de beaux rêves".

Intervenants
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
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