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Golshifteh Farahani à Cannes lundi

Golshifteh Farahani, fleur nomade

2 min

Golshifteh Farahani, actrice nomade franco-iranienne, est à l'affiche de "Paterson", le film de Jim Jarmush présenté lundi en compétition à Cannes, et sur scène jusqu'au 12 juin au Théâtre de la Tempête, où elle joue "Anna Karénine" dans la mise en scène de Gaëtan Vassart.

Golshifteh Farahani à Cannes lundi
Golshifteh Farahani à Cannes lundi Crédits : Eric Gaillard - Reuters

"Dans le monde arabo-musulman, elle est encore plus célèbre que Brigitte Bardot", dit d'elle l'écrivain et cinéaste Atiq Rahimi, qui lui a donné le rôle principal dans l'adaptation à l'écran de son livre, "Syngué Sabour, pierre de patience". Célèbre, Golshifteh Farahani le fut d'abord en Iran, et dès son plus jeune âge.

Issue d'un milieu d'artistes en délicatesse aussi bien avec le régime du Shah que celui des mollahs, elle fait ses premiers pas à 14 ans dans "Le Poirier", de Dariush Mehrjui, en adolescente qui se prend pour Jeanne d'Arc et rêve de vivre à Paris. C'est le premier d'une vingtaine de films qui vont faire d'elle, en dix ans, la plus grande star iranienne. La première aussi, depuis 1979, à tourner pour Hollywood : en 2008, elle donne la réplique à Leonardo Di Caprio dans "Mensonges d'Etat", de Tony Scott. Elle y joue sans voile, et à son retour à Téhéran, on lui confisque son passeport et l'interroge sans relâche pendant six mois.

Pendant cette période, elle tourne malgré tout le très beau "A propos d'Elly", d'Asghar Farhadi, l'auteur d'"Une séparation". Contre une caution de deux millions de dollars, elle obtient d'aller à New York pour l'avant-première de "Mensonges d'Etat". Les photos de sa fière apparition au bras de Di Caprio, tête dévoilée et robe de soirée, signent le début de son exil. C'est à Paris qu'elle trouvera l'asile cinématographique. Sans rien connaître de sa langue, elle apparaît d'abord dans les films d'exilés comme elle, sa compatriote Marjane Satrapi, le Kurde Hiner Saleem ou l'Afghan Atiq Rahimi, puis le français apprivoisé, chez Louis Garrel (elle joue Mona dans "Les deux amis") et récemment Christophe Honoré, pour qui elle est Mme de Réan, la mère de la malheureuse Sophie.

Des films qui racontent l'émancipation d'une femme, y compris par une maîtrise de son corps qui passe par le dénuement (la fameuse photo d'elle nue dans la revue Egoïste l'an dernier peut-être vue comme un ultime pied de nez aux ayatollahs). Depuis, c'est juste une excellente actrice internationale, en compétition cette année à Cannes dans le "Paterson" de Jim Jarmush, et l'année prochaine dans "Pirate des Caraïbes" aux côtés de Johnny Depp. J'ai oublié de dire qu'elle est très belle, a une voix grave et sensuelle, et que son prénom signifie "éprise de la fleur". Ça lui va bien...

Intervenants
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
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