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George Miller, Président du jury du festival de Cannes 2016

Le jury du Festival de Cannes, une hydre à neuf têtes

2 min

Le 69ème Festival de Cannes débute aujourd'hui. 21 films sont en Compétition pour composer le palmarès qui sera annoncé par George Miller, sur scène, lors de la cérémonie de Clôture du dimanche 22 mai prochain. Portrait de ce monstre à neuf têtes qu'à Cannes, non sans crainte, on nomme "le jury".

George Miller, Président du jury du festival de Cannes 2016
George Miller, Président du jury du festival de Cannes 2016 Crédits : Eric Gaillard - Reuters

C’est un monstre, une hydre à neuf têtes, qui a droit de vie ou de mort sur les films, leur carrière en tout cas. Il réapparait chaque année avec de nouvelles figures, ses conclaves quotidiens sont entourés de mystère, le lieu de sa délibération finale le secret le mieux gardé de la Croisette : à Cannes, on le nomme, non sans crainte, « le jury ».

Un président "punk et post-apocalyptique"

Dans la mythologie festivalière, il a le statut d’un demi-dieu, dont la moindre parole, la moindre expression est recueillie comme un oracle. L’Hydre de Lerne avait une tête centrale immortelle, dite « tête intelligente ». Cette année, elle est punk et post-apocalyptique, en la personne de l’Australien George Miller, géniteur de la tératologique tétralogie Mad Max, dont le dernier volet fit un tabac l’an dernier au Grand Théâtre Lumière et dans toutes les salles de France. Etre lui-même multiple (il est aussi auteur d’excellents films pour enfants, comportant des cochons devenus bergers et des pingouins claquettistes), et donc imprévisible, il devra de toute façon composer avec un jury aussi hétéroclite que d’habitude.

Un jury hétéroclite

Qu’auront à se dire les très cérébraux cinéastes Arnaud Desplechin et László Nemes, marqués à jamais par Claude Lanzmann et sa réflexion sur la représentabilité de la Shoah, et les ex-enfants stars devenues stars tout court Vanessa Paradis et Kirsten Dunst ? L’icône du cinéma contre-culturel américain des 70’s Donald Sutherland, celui de M*A*S*H et Johnny Got His Gun pactisera-t-il avec la courageuse distributrice et productrice iranienne Katayoon Shahabi, arrêtée par les mollahs en 2011 avec six réalisateurs et inculpée pour espionnage pour avoir fourni des images « sensibles » à la BBC ? Le Danois Mads Mikkelsen et l’Italienne Valeria Golino trouveront-ils langue commune ? Et surtout, cette assemblée hétérogène accouchera-t-elle de palmes aussi radicales, imprévues et scandaleuses que celles décernées par David Cronenberg (Rosetta, la première des frères Dardenne), Tim Burton (Oncle Boonmee, d’Apichatpong Weerasethakul) et même Steven Spielberg ? Qui eut cru que le cinéaste tout public récompenserait un film aussi sulfureux que La Vie d’Adèle ? Ce serait oublier que ce dernier, comme Rosetta, fut choisi à l’unanimité des jurés. Un jury uni pour diviser les festivaliers, entre enthousiastes et contempteurs, c’est tout ce qu’on espère du monstre version 2016.

Intervenants
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
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