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William Friedkin

William Friedkin, légende du Nouvel Hollywood

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Cannes |Que va bien pouvoir raconter William Friedkin aux spectateurs de sa leçon de cinéma, ce soir à Cannes ? Comment, fils d'immigrants juifs ukrainiens, il a décidé, en voyant "Citizen Kane", qu'il serait un grand cinéaste ?

William Friedkin
William Friedkin Crédits : RONALDGRANT/MARY EVANS - Sipa

Comment, contrairement à ceux qui ont fait le Nouvel Hollywood des années 70 avec lui, comme Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola, il n'a pas fait d'école de cinéma, mais l'a appris en regardant beaucoup de films de la Nouvelle Vague, ceux de Truffaut, Resnais, Chabrol, mais aussi de Clouzot, et sur le tas en réalisant pour la télévision, notamment des épisodes de la série "Alfred Hitchcok présente" ("Monsieur Friedkin, en général nos réalisateurs portent des cravates", lui dira le maître) ? Comment un de ses documentaires pour la télévision, "The People vs. Paul Crump", sauvera la vie dudit Paul Crump, condamné à mort dont la peine fut commuée en prison à vie ?

La gloire mondiale

Comment le succès énorme de deux films réalisés coup sur coup, et auxquels personne ne croyait, "French Connection" en 1971, Oscar du meilleur réalisateur, et "L'Exorciste" en 1973, ont changé à jamais la manière de réaliser des films policiers ou d'horreur, et ont fait de lui, un temps, le roi du pétrole à Hollywood, installant du même coup la légende de "Billy le dingue", dit aussi "Billy l'ouragan", caractériel, irascible, paranoïaque, voire fou capable de tirer des coups de pistolet sur un plateau pour obtenir de ses acteurs la réaction d'effroi qu'il désirait ?

Sorcerer, un film maudit

Comment il embarqua comédiens et équipe dans les jungles dominicaines et mexicaines pour réaliser son plus grand film, "Sorcerer" ("Le Convoi de la peur"), aux conditions de tournage catastrophiques et au budget décuplé, qui fut aussi, telle « une punition divine », son plus grand échec : il était sorti, en 1977, le même jour que le premier "Star Wars" ? On venait de basculer dans une autre époque. Il y eut depuis d'autres très bons films, comme "Cruising", "Police Fédérale Los Angeles" ou plus récemment "Bug" et "Killer Joe", qui l'ont fait revenir en grâce. Influence majeure de cinéastes comme Robert Gray ou Nicolas Winding Refn, William Friedkin, qui à 80 ans prépare un film sur Mae West, aime à dire : "Peut-être que la prochaine fois j'échouerai mieux." Des échecs pareils, on en redemande...

L'Amérique n'a jamais été aussi divisée depuis la Guerre Civile. Et la France aussi...

Ecoutez, en longueur (12min), l'entretien qu'il a accordé à Antoine Guillot. Entretien qui commence par un sandwich baguette jambon fromage, et finit par son amour pour Jacques Tati !

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12 min
Entretien avec William Friedkin
Intervenants
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
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