LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Ken Loach

Ken Loach, cinéaste militant

2 min

Le réalisateur britannique vient d'obtenir ce dimanche sa deuxième Palme d'or pour "Moi, Daniel Blake". Il y a dix jours, lors de la projection du film au Festival de Cannes, Antoine Guillot en faisait le portrait.

Ken Loach
Ken Loach Crédits : Jorge Zapata - Maxppp

Chaque année est l'occasion, quand on découvre la sélection cannoise, de dénombrer ceux qu'on appelle les "abonnés" du festival. Cette année, trois quarts des prétendants à la palme sont déjà venus au moins une fois, mais le recordman toutes catégories confondues, c'est Ken Loach.

Il revient aujourd’hui avec "Moi, Daniel Blake" pour la treizième fois en compétition en Cannes. Assez logique, finalement, pour celui qui débuta sa carrière ici, à la Semaine de la Critique en 1970, avec le très émouvant "Kes", sur l'amitié entre un jeune garçon et son faucon, dans la mouvance du free cinema.

Cinéaste militant

Contrairement à Marco Bellocchio, portraituré ici hier, l’Anglais revendique bien un cinéma "politique", et même militant : toute son œuvre se situe résolument du côté des miséreux, des dominés et de ceux qui luttent contre le système. Parfois sans trop de subtilité, tant le didactisme n'est jamais loin chez lui, notamment dans ses films historiques comme "Le Vent se lève", sur les guerres d'indépendance et civile irlandaises, qui lui valut cependant une Palme d'or il y a tout juste 10 ans. Mais à son meilleur, Ken Loach sait admirablement allier réalisme social et souffle romanesque, excellente direction d'acteurs, professionnels ou non, et capacité à faire vibrer la vie à l'écran, dans le drame comme dans l'humour.

Cinéaste des invisibles

Qu'est-ce qui, à près de 80 ans, a fait sortir de sa retraite annoncée celui qu'on finissait par plus connaître pour ses prises de position publiques pour le NPA français, l'indépendance de l'Ecosse ou le boycott d'Israël, événements culturels compris ? L'envie de tourner dans la ville de son enfance, Nuneaton, et surtout, je cite son fidèle scénariste depuis 20 ans, Paul Laverty : "La campagne de dénigrement systématique menée par la presse de droite contre tous les bénéficiaires de l'aide sociale". Ou pour reprendre les mots de Ken Loach lui-même : "l'attitude délibérément cruelle consistant à maintenir les gens dans la pauvreté et l'instrumentalisation de l'administration - l'inefficacité volontaire de l'administration". Un sujet donc pas très éloigné du film sans doute le plus célèbre d'un des invités de ces Matins, le formidable "Welfare" de Frederick Wiseman. La complexité en moins, la politique en plus…

Intervenants
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......