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Les rebelles du football de Bernard Morlino

Les rebelles du football

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Après les violences entre supporters russes et anglais à Marseille samedi, ce n'est pas l'image d'un sport "pacificateur" qui vient en premier, et pourtant grâce à quelques rebelles, le foot reste une arme de paix…

Les rebelles du football de Bernard Morlino
Les rebelles du football de Bernard Morlino Crédits : Tana éditions

« Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois » disait Albert Camus Prix Nobel de littérature et, ancien gardien but à Alger.

C’est que le foot est bien le sport qui compte le plus important palmarès d’Hommes révoltés ! « Des rebelles » comme les appelle Bernard Morlino.

Ce biographe de Philippe Soupault et d’Emmanuel Berl, membre de l’éminente Association des écrivains sportifs, publie ces jours-ci un ouvrage consacré à 40 footballeurs libres et engagés « Les rebelles du foot » chez Tana Editions.

Mais attention : le rebelle du foot ne s’affirme pas par une mèche péroxydée ou en se vantant d’aider la France parce qu’il y paye ses impôts, Bernard Morlino précise les choses dans la préface « si le foot est pris en otage par ceux qui s’en servent, les rebelles eux sont à son service »…

Le football contre la tyrannie, contre la guerre, contre le fascisme, c’est de ce beau jeu-là dont il est question.

Parmi cette galerie d’insoumis, le célèbre footballeur chilien Carlos Casely qui usera de sa popularité contre Pinochet, refusant de le saluer à la veille de la Coupe du monde de 74, exposant son entourage aux menaces par ses critiques, il s’engage avec sa mère en faveur du « No » des démocrates au référendum de 1988.

Dans les années 90 autre exemple, c’est le footballeur serbe Predrag Pasic qui résiste en érigeant une école de foot sous les bombes pendant le siège de Sarajevo, et refuse la porte de sortie dorée que lui offre le club de Stuttgart.

Même si le foot manque d’historiens nous dit Bernard Morlino, ce sont là des insoumissions qui ont fait date… Mais le livre nous en conte de moins connues. Comme celle d’Etienne Matler Capitaine des bleus et futur héros de la résistance. Dés 1937 il monte sur une table après un France Italie, pour entonner une marseillaise interdite par l’Italie Mussolinienne, et s’en prend pendant le match à la foule, qui insulte ses partenaires Raul Diagne et Larbi Ben Barek, parce qu’ils sont noirs.

Je finirai par l’histoire d’un rebelle du foot à la balle de chiffon. Saturnino Navazo footballeur espagnol républicain dans l’Espagne Franquiste, déporté en 1941 au camp de Mauthausen en Autriche, matricule 5656… Il se fabrique un ballon de fortune et organise des matchs aux côtés des autres prisonniers, sous l’œil amateur du commandant du camp, il utilisera alors la situation pour sauver un enfant juif, en le prenant sous sa protection.

Aujourd’hui quand Abderrahmane Sissako premier cinéaste africain césarisé en 2015 nous montre une partie de foot au ballon imaginaire, dans un Timbuktu aux mains des fanatiques islamistes, on se dit que la résistance par le ballon a encore quelques buts devant elle. Reste encore à les tirer…

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