LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L’espace de circulation de l’euro ne coïncide pas avec un espace de souveraineté budgétaire fédéral. Tel est la fragilité originelle et structurelle de l’Euro

Pourquoi l’euro est-elle une monnaie incomplète ?

3 min

L’euro est une monnaie unique en son genre, incomplète, qui tend à négliger le lien indéfectible entre monnaie et souveraineté. Comment expliquer cette fragilité de l’euro et la possible remise en cause de sa pérennité ou de son périmètre de circulation ?

L’espace de circulation de l’euro ne coïncide pas avec un espace de souveraineté budgétaire fédéral. Tel est la fragilité originelle et structurelle de l’Euro
L’espace de circulation de l’euro ne coïncide pas avec un espace de souveraineté budgétaire fédéral. Tel est la fragilité originelle et structurelle de l’Euro Crédits : Getty

La masse monétaire au sens étroit - la monnaie que les agents non financiers (ménages et entreprises) peuvent immédiatement mobiliser - est composée d’une part des billets et pièces et d’autre part des dépôts bancaires. Mais cette répartition ne se fait pas à parts égales : les dépôts bancaires sont très majoritaires : entre 80% et 90% de la monnaie en circulation. Les pièces et billets restent donc tout à fait marginaux dans nos paiements. 

Une monnaie "bancale"

L’acceptabilité de cette monnaie bancaire dépend de la seule confiance dans le fait qu’elle soit échangeable à 1 pour 1 (au pair) sans condition avec les pièces et billets émis par l’Euro-système ou avec la monnaie bancaire des autres banques. C’est précisément cela qui explique que l’euro soit une monnaie incomplète. Car, les fondateurs de l’euro ont fédéralisé la monnaie émise par la Banque Centrale Européenne (BCE) mais en semblant oublier que l’essentiel de la monnaie créée dans la zone euro ne l’est pas par banque centrale mais des banques privées. Or, si les banques sont en difficulté, comme ce fut le cas lors de la crise financière de 2007-2008, in fine ce sont les États nationaux qui doivent les soutenir et donc injecter des fonds publics. 

Ce faisant, au moindre doute quant à la capacité financière d’un État membre à soutenir l’une de ses banques en difficulté, c’est la monnaie unique qui est remise en cause car tous les États de la zone euro n’ont pas la même capacité à renflouer leurs banques.  

Le renflouement des banques n’est toujours pas fédéral

La dette souveraine émise par les États peut être soumise à des spéculations de marché - nous l’avons vécu en 2010-2011 avec la crise de la dette grecque -, un doute peut alors se forger sur la capacité de l’État attaqué à renflouer ses propres banques. Dès lors, un euro en dépôt dans banque portugaise ou grecque ne sera plus perçu comme équivalent à un euro de dépôts dans une banque allemande. L’unité de l’euro est alors fragilisé. Notons néanmoins que pour le moment la BCE empêche que de telles spéculations se développent. (…) 

Cette chronique est à écouter dans son intégralité dès jeudi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......