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Pourquoi parle-t-on d’ubérisation de la société ?

3 min

L’évolution du transport de personnes et de livraison de repas a été transformé par le déploiement des plateformes numériques. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

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Cherche Uber Crédits : d3sign - Getty

Selon le dictionnaire Larousse, le verbe ubériser signifie « rendre obsolète un modèle économique existant, via notamment l’utilisation de plateformes numériques ». Le terme tire son nom de l’entreprise technologique américaine Uber, fondée en 2009 à San Francisco pour fournir un service de chauffeur privé à la demande grâce à la conception et l’exploitation d’une application numérique. Celle-ci permet de mettre en relation directe des demandeurs et des offreurs de services qui pouvaient auparavant être proposés par des entreprises classiques qui se voient ainsi brutalement contournées. Cela a d’abord été le cas pour le service de transport de personnes ou de livraison de repas, secteurs dans lesquels les plateformes numériques comme Uber ou Deliveroo sont parvenues à se constituer de larges parts de marché au prix le plus souvent de véritables contournements de la loi.

Ces plateformes qui revendiquent de n’être que de simples entreprises technologiques de mise en relation

Cela leur permet, d'une part, de ne pas respecter les législations sectorielles nationales - Uber se targuait ainsi, jusqu’en 2017, de ne pas avoir à respecter la législation sur le transport de personnes, à la différence des taxis - mais la Cour de Justice de l’Union Européenne en a décidé autrement, en indiquant que le service fourni par Uber répondait à la qualification non pas de « service de la société de l’information », mais de « service dans le domaine des transports ».

D’autre part, la plupart de ces entreprises considèrent qu’elles ne font que mettre des personnes en relation pour un service sur lequel elles prélèvent une commission, mais qu’elles ne sont pas des employeurs : cela leur permet de ne pas assumer les mêmes obligations que les autres. Elles s’exonèrent ainsi de la nécessité d’assurer la santé et la sécurité de leurs salariés, de respecter le Code du travail (durées maximales de travail, congés, salaire minimum…) et de payer des cotisations sociales. Rappelons que celles-ci permettent de protéger les travailleurs, notamment en leur fournissant des revenus de remplacement en cas de maladie, vieillesse, accident du travail ou de perte d’emploi. 

Les personnes qui travaillent pour les plateformes le font le plus souvent sous le statut de micro-entrepreneur

Ce qui peut donner l’illusion d’une certaine liberté et souplesse - un argument de vente des plateformes - mais est bien moins protecteur que le statut de salarié, et fournit des revenus moins élevés. Les nombreuses plaintes de chauffeurs VTC brutalement déconnectés de la plateforme ou de livreurs à vélo accidentés ont conduit la Cour de cassation française à indiquer que ce statut de micro-entrepreneur était « fictif » et que ces travailleurs étaient bien en réalité des salariés. Mais les plateformes ne l’entendent pas de cette oreille. (…)

L’Insee indique que moins de 200 000 indépendants accèdent à leurs clients par des plateformes numériques, mais de nombreux secteurs craignent désormais l’irruption de ces plateformes dans leurs modèles d’affaires : libraires, restaurateurs, hôteliers… Et malgré tout, ce sont sans nul doute les travailleurs eux-mêmes qui ont le plus à craindre d’une plateformisation du travail (…)

L'émission est à écouter dans son intégralité dès mardi à 14h55 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture ou sur l'application Radio-France

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