LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Anonymous - Portrait présumé de Zamor (vers 1762-1820), Musée Carnavalet, Paris

Qui était Zamor, l'esclave qui envoya sa maîtresse sur l'échafaud ?

4 min
À retrouver dans l'émission

"Une belle marquise bourre de pralines un jeune nègre coiffé d'une toque blanche à plumes, vêtu d'un petit habit rose et chaussé de hautes bottines noires" dont elle fait son esclave à montrer à la Cour : voilà donc Zamor !

Anonymous - Portrait présumé de Zamor (vers 1762-1820), Musée Carnavalet, Paris
Anonymous - Portrait présumé de Zamor (vers 1762-1820), Musée Carnavalet, Paris Crédits : Source Wikimedia Commons

Né vers 1762 à Chittagong (actuellement au Bangladesh), Zamor mourut le 7 février 1820, à Paris. Victime d'un trafic d'esclaves entre le Bengale et Madagascar, il entra à l'âge de onze ans au service de la comtesse du Barry. Voici comment Théodore Gosselin dit G. LENOTRE présentait l'histoire de ce jeune esclave dans un ouvrage paru en 1900 : "On voit au Louvre, une aquarelle de Moreau représentant la grande salle à manger du pavillon de Louveciennes, un soir de fête. Louis XV soupe chez Madame du Barry (…). Au premier plan, une belle marquise bourre de pralines un jeune nègre, coiffé d'une toque blanche à plumes, vêtu d'un petit habit rose et chaussé de hautes bottines noires : c'est Zamor, le page favori, amené tout enfant du Bengale par un capitaine anglais. Mme du Barry, ayant jugé que ce moricaud de 7 ans ferait bonne figure entre sa chienne, sa perruche couleur d'azur et ses singes blancs, l'avait attaché à sa maison. L'enfant parut intelligent, on lui apprit à lire, on le baptisa en grande pompe et sa belle maîtresse lui servit de marraine".

Depuis 1315, le droit permettait à un esclave résidant sur le sol français de réclamer sa liberté

Jusqu'à l’abolition définitive de l’esclavage, en 1848, plusieurs milliers d'esclaves d'origine africaine le plus souvent ont séjourné en métropole. La plupart étaient des domestiques au service de riches bourgeois, mais surtout de la noblesse qui exhibait ses " négrillons " pour afficher ses richesses. Depuis 1315, le droit permettait à un esclave résidant sur le sol français de réclamer sa liberté. Cette loi fut souvent contournée par les propriétaires d'esclaves, mais Zamor en bénéficia. La comtesse du Barry s'occupa de lui, le baptisa en grande pompe en lui donnant le prénom de Louis-Benoît et elle lui apprit même à lire.

Voilà une comtesse au grand cœur diront certains ! Peut-être, mais pour comprendre l'intérêt qu'elle portait pour son négrillon, il faut le replacer dans le cadre des formes interpersonnelles de domination qui caractérisaient alors la société de Cour. La comtesse du Barry, qui s'appelait de son vrai nom Jeanne Bécu, fit son entrée à la Cour de Versailles grâce à son proxénète, lui-même au service d'un clan de courtisans  qui cherchaient à réduire l'influence du duc de Choiseul sur le roi Louis XV. Jeanne parvint à séduire le monarque et utilisa son petit négrillon comme un objet d'amusement censé divertir le roi. Voilà pourquoi, comme l'écrivait Gosselin, le négrillon devait faire "bonne figure entre sa chienne, sa perruche couleur d'azur et ses singes blancs." (...)

L'émission est à écouter dans son intégralité en cliquant dans le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art…

Écoutez et abonnez-vous à la collection de podcasts "Le Pourquoi du comment" ; les meilleurs experts répondent à toutes les questions que vous n'osez poser

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......