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Célébration catholique

Pourquoi critiquer le célibat des prêtres ?

4 min
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La mise en cause du célibat des ecclésiastiques catholiques est loin d'être un phénomène nouveau dans le débat public français : au XVIIIe siècle déjà, elle faisait couler de l'encre.

Célébration catholique
Célébration catholique Crédits : Godong - Getty

Dans une tribune publiée le 21 août 2018, dans le Monde, l'écrivaine Nancy Huston affirmait que le célibat des prêtres catholiques était la cause principale des abus sexuels commis par des ecclésiastiques. En conséquence, elle demandait au pape François de "lever l’injonction au célibat" des prêtres car l'Eglise ne peut pas demander "à des individus normaux une chose anormale. Les prêtres ne sont pas chastes. Ils n’arrivent pas à l’être. Il faut en prendre acte."

La mise en cause du célibat des ecclésiastiques catholiques n'est pas un phénomène nouveau dans le débat public français. Au XVIIIe siècle, cette question avait déjà fait couler beaucoup d'encre, mais pour des raisons très différentes de celles d'aujourd'hui, comme nous allons le voir.

À cette époque, la question qui agitait les esprits était d'ordre démographique. Montesquieu fut l'un des premiers philosophes à alerter ses contemporains sur les risques que présenteraient l'affaiblissement de la natalité pour ce qu'il appelait la "propagation de l’espèce" humaine. La dépopulation de l’univers est abordée dans le dernier tiers du livre XXIII de L’Esprit des lois. Selon lui, les principes de la religion ont énormément influé sur la propagation de l’espèce humaine. Tantôt ils l’ont encouragée, comme chez les juifs, les mahométans, ou les Chinois ; tantôt ils l’ont entravée, comme ce fut le cas chez les Romains devenus chrétiens. Ces derniers n'ont cessé de prêcher partout la continence. Mais il s'agit-là d'une vertu tellement parfaite, ajoute Montesquieu, qu'elle ne doit être pratiquée que par très peu de gens. Le célibat ascétique, chrétien ou non, a séduit les hommes parce qu’il réclamait un effort. Voilà pourquoi il devrait être conseillé au lieu d’être prescrit, comme ce fut le cas dans les premiers temps du christianisme. C'est ce raisonnement qui le conduit à s'attaquer aux gens non mariés et tout particulièrement au célibat ecclésiastique. Il estime que les prescriptions et les institutions de l’Église catholique sont autant d’entraves à la multiplication des hommes.

La Beaumelle, un homme de lettres de la même époque, ira encore plus loin que Montesquieu en s'efforçant de quantifier la perte d'habitants qu'aurait entraînée le célibat monastique. Il en conclut que la population française - qui était de 20 millions de personnes en 1750 - en aurait compté dix millions de plus, sans l’obstacle du célibat religieux (...).

La chronique est à écouter dans son intégralité en cliquant dans le haut de la page. Histoire, économie, sciences, philosophie, histoire de l'art…

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