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Une jeune femme prenant un bol d'air après avoir attrapé le coronavirus [Young Woman Taking A breath Of Fresh Air After Passing Coronavirus]

La liberté ou la vie

3 min
À retrouver dans l'émission

" La liberté ou la vie ", une expression qu'aucun bandit n'a jamais employée au coin d'aucun grand chemin : que faut-il entendre par là ?

Une jeune femme prenant un bol d'air après avoir attrapé le coronavirus [Young Woman Taking A breath Of Fresh Air After Passing Coronavirus]
Une jeune femme prenant un bol d'air après avoir attrapé le coronavirus [Young Woman Taking A breath Of Fresh Air After Passing Coronavirus] Crédits : Oscar Wong - Getty

" La liberté ou la vie " est un débat d'actualité, mais on se demandera une autre fois ce qu'il faut entendre par là, et ce qui est actuel et ce qui ne l'est pas. En fait, il ne faut pas croire que l'opposition entre la liberté et la vie soit justement liée à tel ou tel événement, par exemple, dans la pandémie du coronavirus, entre la protection de notre santé, donc, de la vie d'un côté, et de l'autre, la protection des libertés - par exemple, des libertés publiques dans le cas de mesures sanitaires du confinement ou du passeport sanitaire ou de la vaccination. En fait, " la liberté ou la vie ", cette expression qu'aucun bandit n'a jamais employée au coin d'aucun grand chemin est pourtant le problème central de la philosophie politique, celui qui fait passer la politique d'une fonction au fond pragmatique, un peu inconsciente d'elle-même à un problème philosophique qui est au cœur de la vie humaine. Pourquoi ? C'est qu'il y a une première fonction d'une société politique, qui est de protéger un groupe humain contre des dangers mortels, protéger notre vie. Mais pour nous protéger contre un danger mortel, nous créons aussi un pouvoir, lequel peut se retourner contre nous et devenir mortel, mais d'une façon très particulière. Non seulement pour notre vie comme des bandits qui s'en prennent à notre bourse et pas à notre liberté, mais aussi par un abus du pouvoir même que nous leur avons confié et, finalement, pouvant conduire à notre mort.  

Il n'y a pas de pouvoir qui ne risque de devenir mortel

Et cela, justement au nom d'un danger mortel, au nom de ce qu'on met par exemple sous la notion de sécurité. Ainsi, le pouvoir qui veut protéger notre vie peut non seulement menacer notre liberté comme si c'était seulement un sentiment d'indignation luxueux, superficiel ou quelque chose peut-être de plus vital que notre vie elle-même et pour lequel certains sont prêts à sacrifier leur vie. Dès lors, ce que nous révèle ce sentiment que la perte de liberté par un autre être humain dans un contexte des relations humaines - et pas seulement, par exemple, pour des incapacités physiques ou des empêchements d'agir ou de sortir, de faire ceci ou cela, mais par une violence qui vient d'un autre, et notamment de ceux à qui nous avons confié le pouvoir - ce que cela nous apprend, c'est deux choses : que la liberté entre les humains est quelque chose qui s'institue et se respecte et que c'est tout aussi vital que la vie elle-même, mais qu'il faut pourtant concilier cette protection de la liberté avec la protection de la vie. Pour cela, il faut évidemment considérer que la protection de la liberté est première ; que nous devons préparer et prévoir les limites de nos libertés pour qu'elles se respectent les unes les autres et les suspensions provisoires de nos libertés dans les urgences que requiert la protection de nos vies.

Cette chronique de Frédéric Worms est à écouter dans son intégralité ici, sur notre antenne du lundi au vendredi à 10h55 ou sur l'application Radio France.

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