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A l'abri sous un parapluie jaune, en attendant que l'orage passe

Pourquoi parle t-on autant de la pluie et du beau temps ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Parler de la pluie et du beau temps ? Cette expression, plus profonde qu'elle n'en a l'air, n'est pas seulement un thème de conversation vaine, elle est une dimension fondamentale de notre vie.

A l'abri sous un parapluie jaune, en attendant que l'orage passe
A l'abri sous un parapluie jaune, en attendant que l'orage passe Crédits : Rapid Eye - Getty

Parler de la pluie et du beau temps, c'est d'une certaine façon, dans notre usage de cette expression, le fait de parler pour ne rien dire, de meubler une conversation sinon un vide, bref de ne pas savoir parler de choses importantes, et cela semble être finalement le contraire même de la philosophie. Pourtant, parler de la pluie et du beau temps, c'est deux fois essentiel pour nous.

Une manière pour les humains de briser la glace

C'est le commencement de toute conversation. Vous entrez dans un taxi, dans un salon : la première chose dont on peut parler, qu'on peut partager, c'est la météo du jour. C'est donc aussi le commencement d'une discussion, de la situation des uns et des autres, c'est le fameux "comment vas-tu ? " Bien ou mal, justement pris dans cette polarité-là aussi, parce que la pluie et le beau temps, cela nous renvoie à la dépendance que nous avons par rapport aux variations du climat, c'est l'expérience même des êtres vivants partagés entre la vie et la mort, entre la santé et la maladie, entre le normal et le pathologique ; le paysan pour qui la pluie et le beau temps sont quelque chose de très sérieux, le marin, voire nous, citadins - " Est-ce que je prends un parapluie ou pas ? " Pour chacun d'entre nous, le climat n'est jamais chose indifférente. 

Au fond, pourquoi parlons-nous du beau et du mauvais temps, pourquoi appliquons-nous ces qualificatifs moraux ou esthétiques ? Je crois qu'il n'y a pas une beauté statique de l'univers. Le beau ressort toujours de l'expérience d'un être vivant, et fait aussi ressortir une force interne par une sorte d'éclat que le beau temps semble receler en lui ; le même paysage que nous avons enlaidi redevient beau quand il fait beau et fait ressortir justement le lien entre l'être d'une chose, l'environnement du monde et le regard des êtres vivants sur lui, alors que le mauvais temps lui, est aussi un temps qui peut nous détruire, va nous affecter, même si certains peuvent trouver de la beauté, à l'automne, à la grisaille, mais c'est malgré tout, un danger. Alors, quand nous parlons de la pluie et du beau temps, peut-être ne faisons-nous que commencer dans la vie ordinaire une conversation qui mène au plus extrême de la vie philosophique, et nous donne une boussole comme un baromètre, dans l'ensemble de notre pensée.

Cette chronique de Frédéric Worms est à écouter dans son intégralité ici, dès jeudi à 10:55, sur notre antenne du lundi au vendredi à 10h55 ou sur l'application Radio France.

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