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Fourmis gravissant une pierre

Coopérer ou s’opposer, un dilemme évolutif

13 min
À retrouver dans l'émission

Ne vous êtes-vous jamais demandé quelles formes pouvait prendre la lutte pour l’existence ?

Fourmis gravissant une pierre
Fourmis gravissant une pierre Crédits : Paul Taylor - Getty

Dans le sous-titre de son ouvrage le plus célèbre, Charles Darwin utilisait la formule demeurée célèbre outre-manche de "struggle for life" ou "lutte pour l’existence". Dans l’esprit de ses contemporains et de beaucoup d’autres, ce "struggle for life", se réduisait au seul combat entre individus, et donc à de la compétition. Or, il ne s'agit pas que de cela. Commençons par exemple, par la lutte.

Pourquoi lutter ? 

D'abord, simplement pour se nourrir, ce qui vaut surtout pour un carnivore, ou pour échapper à la mort, dans le cas d'un paisible herbivore. On touche là aux relations éphémères entre proies et prédateurs, chacun luttant pour sa propre survie. Ainsi, la première lutte est celle qui s’installe entre espèces différentes dans une relation antagoniste, mais elle n’est pas la seule. Pourquoi devrais-je lutter aussi contre mes congénères ? Si nous prenons l'exemple du chat, nous voyons bien que, quoique nourri, logé, cajolé, dans son territoire - notre jardin - il est capable de sauter sur l'intrus, tout simplement parce qu’il a hérité de son ancêtre sauvage la nécessité de défendre son bien, et cette attitude prévaut chez de nombreux carnivores. Outre cela, un autre bon motif de conflit est l’accès à la reproduction. En période de reproduction, un merle mâle défendra âprement un territoire de tout autre mâle de son espèce.

Pourquoi lutter entre congénères alors que nous pourrions penser qu’il y a autant de mâles que de femelles ? Ne sauraient-ils partager ? 

Il y a un mais. Le système coopératif fonctionne le plus souvent sur la base d’une hiérarchie, d’un ordre - comme à l’armée. Car si la chasse est coopérative, le moment de la prise de nourriture est, lui, compétitif et en quelque sorte, réglementé. Tout comme les marmottes de nos alpages, les chiens de prairie sont la proie des rapaces. Pour leur échapper, pendant que ses pairs se régalent d'herbe tendre, l'un d'eux fait le guet, dressé en appui sur ses pattes arrières. Que la menace survienne, il pousse un cri strident, alertant ses congénères, et tout le monde se rue vers le terrier. Le guetteur prend alors le risque d’être la proie. Il arrive même qu'il attire volontairement le prédateur vers lui, sauvant ainsi le reste du groupe au risque d’y laisser sa peau…

De Darwin à Herbert Spencer

Certains contemporains de Darwin, comme Herbert Spencer, ont voulu aller chercher dans la sélection naturelle la seule compétition, omettant de prendre en compte ce que disait Darwin de l’entraide. D’autres, comme Pierre Kropotkine, ont surtout privilégié l’entraide. En somme, les relations entre les êtres vivants sont complexes et résistent aux simplifications idéologiques. La sélection naturelle prend bien des formes dont nous entendons peu parler. Autant de formes qu’il y a de contraintes qui s’imposent aux êtres vivants, conditionnant leur survie et leur reproduction : se cacher, attirer un partenaire sexuel, se défendre, trouver des ressources, protéger sa descendance… Et souvent, coopérer. 

L'intégralité de l'émission de Bruno David est à retrouver samedi 11 septembre à 16:45 en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture tous les samedis à 16:45 ou sur l'application Radio-France.

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