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Platon, ou la haine de la démocratie

1h01
À retrouver dans l'émission

En présence de Fulcran Teisserenc

préparé et animé par Raphaël Enthoven

assisté de Julien Tricard

lectures par Georges Claisse et Marianne Basler

réalisation Rafik Zénine

Platon
Platon

Philosophie n’a pas de mains. Politique n’a pas de savon. La chambre de philosophie est une tour d’ivoire, d’où le monde est indolore. La piaule de politique est un HLM de la Ville de Paris, d’où l’élu dénonce les privilèges dont il ne peut s’empêcher lui-même de jouir. Quand politique se prend pour philosophie, Politique emploie de grands mots, qu’elle prend pour de grands remèdes, mais dont elle a oublié le sens. On appelle ça "démagogie". Quand Philosophie se prend pour politique, Philosophie défend de grands projets dont elle a oublié que les hommes n’étaient pas capables. "Utopie" : C’est ainsi qu’on nomme le vilain gosse de riches dont les beaux vêtements recouvrent les furoncles. Quand politique se prend pour philosophie, elle confond parfois l’explication et l’indulgence, et elle essaie tellement de comprendre avant de juger qu’elle en vient à tout pardonner, voire à présenter le bourreau comme une victime. On appelle ça « sociologie ». Quand philosophie se prend pour politique, elle affirme que ce qui importe, ce n’est pas d’interpréter le monde mais de le transformer, au risque de casser les doigts des pianistes et de produire cent ans de servitude. On appelle ça « révolution. » Quand politique imite philosophie, elle rêve d’un autre monde, ce qui n’engage à rien mais donne bonne conscience. Le monde, alors, marche sur la tête. Et chacun combat pour son esclavage comme s’il s’agissait de sa liberté. Quand philosophie singe politique, elle devient tellement tolérante qu’elle exclut tous ceux qui le sont moins, et elle s’indigne au lieu de se révolter, et elle s’endort, à poings levés, d’un sommeil injuste, que la souffrance d’autrui flatte sans jamais le troubler. Pourtant, quand les deux se tournent le dos, quand elles s’ignorent, quand elles regardent ailleurs, c’est aussi la catastrophe. Politique, devenue science sans conscience, maquillant la faiblesse en pondération, et oubliant que la prudence est souvent un risque supérieur au courage, déclare à l’emporte-pièce qu’il ne faut pas « jeter de l’huile sur le feu » - comme si le problème était l’huile, et pas le feu. On appelle ça le « respect ». Philosophie, scindant la liberté, oubliant qu’il ne faut pas vouloir plus qu’on ne peut sous peine de faire le mal au nom du Bien, brade le réel à l’étal de l’idéal et promet, sans que rien ne bouge, des lendemains qui chantent à des citoyens aphones... On appelle ça « le changement ». Alors, comment organiser, comment aménager le dialogue entre ces deux crétines ? C’est l’unique objet des rencontres que nous vous avons proposées cette année, dans le cadre du partenariat fraternel qui lie France-Culture au théâtre de l’Odéon.

Enregistré au Théâtre de l’Odéon le samedi 24 janvier 2015

> Chaque semaine, une autre thématique philosophique sur le blog de Raphaël Enthoven ! Cliquer ICI pour écouter et télécharger le meilleur des archives des "Nouveaux chemins de la connaissance"

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