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Statue de Guillaume Budé, dans la cour du Collège de France avec à ses côtés, Alfred le Pingouin

La bande dessinée entre au Collège de France

32 min
À retrouver dans l'émission

Depuis 50 ans que le 9eme art gravit une à une les marches de la légitimité, il était temps qu'il franchisse les portes du prestigieux Collège de France. C'est chose faite en cette année de la bande dessinée, sous le patronage de Guillaume Budé et d'Alfred le pingouin.

Statue de Guillaume Budé, dans la cour du Collège de France avec à ses côtés, Alfred le Pingouin
Statue de Guillaume Budé, dans la cour du Collège de France avec à ses côtés, Alfred le Pingouin Crédits : Le Collège de France

Aujourd'hui, le 9ème Art n'en n'est plus à conquérir sa légitimité. Il est enseigné à l'Université, les plus grands musées lui consacrent des expositions, les ouvrages savants se comptent par dizaines, les grands auteurs sont décorés … Mais il y a encore des premières fois en cette année 2020, instituée Année Nationale de la bande dessinée par le Ministère de la culture : Catherine Meurisse est la première autrice de bande dessinée élue à l'Académie des Beaux-Arts, Emmanuel Guibert est le premier auteur à y être exposé, et à partir du 7 octobre, c'est le prestigieux Collège de France qui ouvre ses portes pour la première fois à la bande dessinée

Pour en parler, le Rayon BD reçoit deux savants : Thomas Römer, théologien, exégète, philologue, Titulaire de la chaire Milieux bibliques au Collège de France et Benoît Peeters, philosophe, historien et théoricien de la bande dessinée, scénariste, et qui a ouvert ce nouveau cycle avec une conférence inaugurale, intitulée "Génie de la bande dessinée, de Töpffer à Emil Ferris".

Little Nemo in Slumberland, Winsor McCay, 1909
Little Nemo in Slumberland, Winsor McCay, 1909 Crédits : Delcourt

La bande dessinée, un art mixte 

Avec ce nouveau cycle au Collège de France, on donnera une idée du rayonnement de la bande dessinée francophone à travers trois générations d'auteurs : Jean-Marc Rochette s’est fait connaître il y a longtemps dans la revue (A Suivre) avec le "Transperceneige" ; Emmanuel Guibert représente la génération dite de L’Association, la nouvelle bande dessinée, c’est un de ceux qui je crois a vraiment fait mûrir et grandir la bande dessinée et puis avec Catherine Meurisse, nous avons non seulement cette féminisation si nécessaire qui est arrivée un peu tardivement dans la bande dessinée, mais une trajectoire exceptionnelle puisque c’est une ancienne de Charlie Hebdo, et en même temps c’est une des dessinatrices les plus sensible à la littérature et aux arts qu’il y ait aujourd’hui. C’est donc extraordinaire de la voir entrer à l’Académie des Beaux-Arts, et montrer que la bande dessinée qui a toujours été entre le pôle littéraire et le pôle plastique, peut réussir, et c’était déjà le cas avec Töpffer, cette synthèse de la bande dessinée, qui fait qu’elle n’est ni purement plastique, ni purement narrative, mais qu’elle propose des liens sans cesse réinventés entre ces deux domaines, un art mixte disait Töpffer, l’inventeur suisse de la bande dessinée.              
Benoît Peeters

Le génie propre du 9ème art

La bande dessinée est ancienne, elle est née au début du 19ème siècle. Elle ne s’adresse pas uniquement aux enfants, elle peut être très littéraire, très plastique et elle a un génie propre. Et c’est cela que je continue à découvrir, et à m’émerveiller. Je vais essayer de donner idée dans ma conférence inaugurale,  quelques-unes des directions que la bande dessinée a  pu prendre et prend aujourd’hui et on s’apercevra des convergences très étranges entre la bande dessinée dite primitive, celle qui s’est exprimée dans la presse du 19ème siècle et la bande dessinée la plus contemporaine, celle du 21ème siècle, il y a une liberté de formes qui s’était perdue entre temps, et qu’on est en train de retrouver. (…) On oublie aujourd’hui qu’une des richesses de la bande dessinée d’aujourd’hui, c’est d’aborder absolument tous les sujets, hors du didactisme qu’il y avait à une époque. Alors qu’aujourd’hui, on se rend compte qu’il n’y a pas de territoires inaccessibles à la bande dessinée.              
Benoît Peeters

Hommage au dessinateur Quino, un génie du strip 

Le Rayon BD rend hommage au dessinateur Quino, disparu le 30 septembre 2020, créateur, entre autre, du célèbre personnage de Mafalda, féministe avant l'heure. 

Quino a touché au génie de la bande dessinée par la force du personnage de Mafalda, une petite fille très caractérisé, j’ai entendu Pénélope Bagieu l’appeler la Greta Thunberg de l’époque. C’est une série qui ruse avec la censure, dans des années difficiles en Argentine et puis c’est un des volets du génie de la bande dessinée, qui s’exprime dans le travail de Quino, c’est ce génie du strip quotidien. On peut penser à d’autres grandes séries, ce sont des rendez-vous quotidiens, les lecteurs vivent avec ces personnages, ces petits gags représentent une forme de familiarité tout à fait exceptionnel, il y a un art du strip qui s’est perdu au moment où les grand journaux ont cessé de travailler avec les dessinateur.ice.s.                    
Benoît Peeters

Actualités 

Archives et musiques

  • L'auteur et dessinateur Quino, dans l'émission C'est la vie, diffusée le 20 avril 1983 sur Antenne 2
  • Franz Schubert, Le Roi des aulnes D 328 - pour baryton et piano, d’après des poèmes de Goethe, par Dietrich Fischer-Dieskau
Intervenants
  • Administrateur du Collège de France et Professeur titulaire de la chaire "Milieux bibliques"
  • Ecrivain, spécialiste de BD, scénariste, éditeur et professeur à l’Université de Lancaster
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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