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Extrait du tome 3 d'Epiphania, de Ludovic Debeurme (2019)

Ludovic Debeurme, l'imaginaire et la mesure du monde

28 min
À retrouver dans l'émission

Ludovic Debeurme signe avec le tome 3 de sa saga Epiphania la fin d’une trilogie fantastique et écologique, qui puise aux sources de la psychanalyse, du rêve, et de l'intime et qui questionne les notions de genre et d’imaginaire collectif. Rencontre avec un auteur aussi important que singulier.

Extrait du tome 3 d'Epiphania, de Ludovic Debeurme (2019)
Extrait du tome 3 d'Epiphania, de Ludovic Debeurme (2019) Crédits : Casterman

Je n’avais pas imaginé la toute fin de cette trilogie, je n’imagine jamais la finalité. Mais cette fin nécessitait de mûres réflexions conduites toute au long de ces trois livres, et qui peut se résumer à la question suivante : Est-ce que l’humanité va périr à travers le gouffre qu’elle a ouvert ou existe-t-il une issue ? Pour répondre à cette question, il me fallait des armes théoriques et un savoir qu'il fallait désenclaver. Ludovic Debeurme

"Où Je suis, ça doit surgir", c'est avec ces mots du philosophe Cornielius Castoriadis que s'ouvre l'ultime tome de la trilogie Epiphania signée Ludovic Debeurme. Une trilogie fantastique, qui mêle à des obsessions anciennes de son auteur – la paternité, le désir, l’animalité, la violence –  à la question écologique, centrale, celle de la place de l’homme sur la Terre, de sa relation avec le vivant et le non vivant, et d’une fin du monde possible, ou en tout cas de la fin d’un monde, celui qui met l’humanité au centre et au sommet de l’écosystème.

Epiphania est un récit qui joue avec le genre fantastique et d'anticipation. C'est une bande dessinée piège pour le lecteur car les codes sont déjoués et questionnés. Mais ce qui est important, c'est d'y croire. Ludovic Debeurme

Les epiphanians sont des êtres hybrides, mi-humains, mi animaux, qui surgissent de la terre à la suite d’un raz de marée. Les hommes d’abord hésitants, vont rapidement les parquer dans des camps, en faire des objets d’expériences scientifiques, et inhiber chimiquement l’agressivité croissante de ces individus qui à l’adolescence se voient pousser des griffes, des crocs et des cornes. Mais certains d’entre eux s’échappent, s’organisent, et deviennent un groupe terroriste, bien décidée à éradiquer l’humanité de la surface de la planète.

Entre ces trois tomes, il y a une évolution. Le premier, c’est plutôt celui de la sphère intime avec une relation familiale, mais on est déjà plongés dans des problèmes géopolitiques qui vont devenir plus prégnants petit à petit. (…). Le deuxième tome touche à la question du désir propre, lié à notre imaginaire hautement colonisé par notre société qui a mis l’économie au centre (…). Et le troisième et dernier tome, c’est la question de l’autonomie d’un désir collectif, qui a une visée plus globale et politique, de pouvoir imaginer ensemble l’autonomisation. Ludovic Debeurme

Le Rayon BD lorgne donc aujourd’hui du côté du fantastique avec Ludovic Debeurme, qui construit depuis bientôt vingt ans une œuvre étrange et magnifique, de Lucille et Renée (Futuropolis), à Ludologie, Le Grand autre ou encore Un père vertueux, chez Cornélius jusqu'à la trilogie Epiphania (Casterman). Une oeuvre sous le signe de l’improvisation, avec l'idée que le dessin écrit l’histoire.

Extraits sonores

  • Extrait du film La Forme de l'eau, de Guillermo Del Toro (2017)
  • FATHERKID, Dark Spaces (2014)

Bibliographie

Renée

RenéeLudovic DebeurmeFuturopolis, Paris, 2011

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