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Planche extraite du recueil Les Fleurs rouges (Œuvres 1967-1968), de Yoshiharu Tsuge, traduit du japonais par Léopold Dahan

Yoshiharu Tsuge, la révolution du manga

28 min
À retrouver dans l'émission

Figure de proue de la bande dessinée japonaise, Yoshiharu Tsuge a reçu cette année un Fauve d'honneur au Festival d'Angoulême pour l'ensemble de sa carrière. Alors que son œuvre a été exposée pour la première fois en France, visite avec le commissaire Xavier Guilbert et l'éditeur Jean-Louis Gauthey.

Planche extraite du recueil Les Fleurs rouges (Œuvres 1967-1968), de Yoshiharu Tsuge, traduit du japonais par Léopold Dahan
Planche extraite du recueil Les Fleurs rouges (Œuvres 1967-1968), de Yoshiharu Tsuge, traduit du japonais par Léopold Dahan Crédits : Yoshiharu Tsuge / éditions Cornélius (2019)

Certaines personnes disent que dans la bande dessinée japonaise il y a deux montagnes, Osamu Tezuka et Yoshiharu Tsuge. Pour résumer, j’aime bien dire que Tsuge est à la bande dessinée, ce que Jean-Luc Godard est au cinéma français. C’est un auteur qui a un moment a ouvert pour les auteurs de manga, un nouvel éventail de possibles, notamment en explorant les territoires de l’intime, du rêve avec des approches quasi surréalistes. C’est un auteur riche et fondamental. Xavier Guilbert

Premier retour sur le Festival International de la bande dessinée d’Angoulême qui s’est achevé le 2 février 2020, pour (re)découvrir les auteur.es et les œuvres mis à l’honneur ou récompensé.es. Alors qu'il vient de recevoir un Prix d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, à l'âge de 83 ans, le Rayon BD vous entraîne dans l’exposition consacrée au monument de la bande dessinée japonaise, Yoshiharu Tsuge (dont Cornélius publie depuis 2019 les œuvres en français).

Extrait du recueil Le Marais (Œuvres 1965-1966), traduit du japonais par Léopold Dahan
Extrait du recueil Le Marais (Œuvres 1965-1966), traduit du japonais par Léopold Dahan Crédits : Yoshiharu Tsuge / éditions Cornélius (2019

Fondateur du Watakushi Manga

Né en 1937 à Tokyo, Yoshiharu Tsuge est devenu au milieu des années 1960 une des figures de proue de la bande dessinée japonaise, et l'initiateur du Watakushi Manga (le manga du moi). Pour définir les contours et les spécificités de son œuvre, visite guidée en compagnie du commissaire Xavier Guilbert et de son éditeur français Jean-Louis Gauthey.

Yoshiharu Tsuge se lance dans la bande dessinée au milieu des années 1950, en publiant des récits pour les réseaux de librairies de prêt. La bande dessinée japonaise, dominée alors par Osamu Tezuka, était essentiellement tournée vers la jeunesse et la distraction. A partir de son entrée dans la jeune revue Garo en 1965, Tsuge devient véritablement lui-même, en inventant un nouveau vocabulaire, en rupture totale avec le récit classique : narration éclatée, fin ouverte, et grande place laissée à la libre interprétation du lecteur. Maître de l'autofiction, Tsuge choisit la nouvelle comme format de prédilection. Ses récits touchent essentiellement à l'intime et au voyage. Du Marais à l'Homme sans talent, en passant par Fleurs rouges ou La Vis, son œuvre, en partie marquée par la noirceur, l’amertume, et l'introspection, fascine encore aujourd'hui.

"La Vis" est une détonation dans le milieu du manga. C'est le seul récit inédit, qui figure dans le premier hors-série de la revue Garo en 1968. Il a un impact énorme sur les lecteurs, sur les autres artistes, et même les philosophes, les sociologues, etc. Et très rapidement sont produits des commentaires sur cette œuvre. Tsuge se détache totalement du fait qu’il doit se conformer à un seul vocabulaire de la bande dessinée. Il avait habitué les lecteurs à les déstabiliser. Mais là, il les a totalement pris par surprise, c’était l’ouverture d’une porte vers autre chose. Jean-Louis Gauthey

Deux planches extraites de La Vis, de Yoshiharu Tsuge, un récit de 1968, devenu majeur au Japon, édité pour la première fois en France en 2019 et en partie visible au Musée d'Angoulême jusqu'au 15 mars
Deux planches extraites de La Vis, de Yoshiharu Tsuge, un récit de 1968, devenu majeur au Japon, édité pour la première fois en France en 2019 et en partie visible au Musée d'Angoulême jusqu'au 15 mars Crédits : Yoshiharu Tsuge / Cornélius 2019
Yoshahiru Tsuge, dans son exposition rétrospective au Musée d'Angoulême, le 1er février 2020
Yoshahiru Tsuge, dans son exposition rétrospective au Musée d'Angoulême, le 1er février 2020 Crédits : Festival International de la bande dessinée d'Angoulême (2020)

Réécoute du 9 février 2020

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