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La réforme de l’université, la loi « sécurité globale »

7 min
À retrouver dans l'émission

Emmanuelle Daviet avec Sandrine Treiner, directrice de France Culture

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site fac Crédits : Belloni - AFP

On va aborder plusieurs sujets. On commence avec cette question d’une auditrice, Sandrine Treiner. Elle nous dit « J’espère que vous allez faire une large place dans vos informations sur la réforme de l’université, qui est une catastrophe pour la qualité de la recherche et de l’enseignement. Les réformes passent à bas bruit derrière les informations sur la pandémie. » Sandrine Treiner, la réforme de l’université a t-elle fait l’objet d’un traitement éditorial particulier sur votre antenne ?

Sandrine Treiner : Oui, bien sûr. La réforme de l’université a donné lieu à plusieurs émissions de manière tout à fait pluraliste. Je dois dire beaucoup d’opinions sur cette loi controversée, se sont exprimées à l’antenne dans Les matins de France Culture, dans Les matins du samedi. Dans la méthode scientifique de Nicolas Martin, ce que l’on pourrait peut être proposer à nos nos auditeurs, c’est de faire les liens, de mettre les liens sur la page de vôtre site. Donc il est évident que pour nous, les enjeux de l’université sont de manière générale tout à fait centraux et que d’ailleurs, aujourd’hui se pose une question. Et on voyait ça dans les réactions ce matin aux annonces. Qu’est ce que cela veut dire ? Que l’Université ne puisse pas accueillir d’étudiants avant a minima le mois de février, alors que le reste ouvre ? Ça fait quand même des étudiants qui n’ont pas été en présence les uns des autres depuis, depuis maintenant pas loin de six mois, ça va faire deux années universitaires. C’est quand même extrêmement, préoccupant. Je crois que la communauté universitaire, sans s’en émeut beaucoup et à juste titre.

Emmanuelle Daviet : Et des auditeurs étudiants d’ailleurs nous écrivent pour traduire cette détresse psychique. Vendredi dernier, dans le contexte de la loi « Sécurité globale » et à l’initiative du journal Le Monde, la rédaction de France Culture a cosigné un communiqué avec les autres rédactions de Radio France et des rédactions de différents médias nationaux. Ce communiqué rappelle les grands principes d’indépendance de la presse et indique qu’en aucun cas, un journaliste ne s’accréditera pour couvrir une manifestation. Pourquoi était il important de signer ce communiqué ?

Sandrine Treiner : je vous réponds immédiatement je vais faire une chose horrible qu’on déteste faire, quand vous savez , vous posez une question à un invité qui veut absolument parler, rebondir sur quelque chose qui a été dit dix minutes avant et voilà. Juste peut-être, préciser Emmanuel, que cette semaine, Tiphaine Rocquigny consacre « Entendez vous l’écho » à 14h, de 14 à 15 heures et évidemment, en téléchargement à la question de la pauvreté. Et qu’une émission d’une heure est consacrée spécifiquement à la question de la pauvreté en milieu étudiant et aux difficultés, que rencontrent les étudiants de manière générale, évidemment, pour un certain nombre d’entre eux, et aggravée par la crise. Par ailleurs. Pardon de cette incise referme, mais c’est important.

Emmanuelle Daviet : Je vais vous dire pourquoi c’est important que vous préciserai, parce qu’effectivement, les auditeurs peuvent, pas simplement de France Culture de Radio France en général, nous demandent de consacrer des émissions et des reportages à cette jeunesse. Et il y a même une maman qui nous a, une mère de famille qui nous a écrit hier soir pour nous dire que c’est une véritable catastrophe silencieuse. Merci de cette précision et nous mettrons le lien de l’émission sur le site de la médiatrice. A quoi avoir cosigné ce communiqué ?

Sandrine Treiner : Ce communiqué a été signé par les rédactions. J’ai donc interrogé Arnaud Bousquet, notre directeur de la rédaction, pour mettre dans ses propres mots la réponse à votre question. Et voici la réponse que évidemment, j’assume, ça va sans dire. « Dans la préparation de cette proposition de loi dite de « sécurité globale », le ministre de l’Intérieur évoquait la probable future nécessité, pour ne pas dire obligation pour les journalistes couvrant une manifestation, de se faire accréditer auprès des services de l’Etat. Raison officielle, insiste Arnaud Bousquet, qu’il ne m’appartient pas de mettre en doute. C’est pour pouvoir mieux protéger physiquement les journalistes si la manifestation tourne mal. » Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça, c’est contacter la préfecture et clairement, demander la permission de venir couvrir la manifestation. Premier problème : une manifestation de rue n’est pas une cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes. Tous les médias, aussi nombreux soient-ils, ont le droit d’approcher, de témoigner, d’expliquer ce qui s’y passe. Donc, il y a un risque théorique que l’Etat choisisse de ce qu’il veut montrer à qui il veut le montrer.  Deuxième problème : cette histoire d’accréditations amène à penser qu’on vous protège mieux si vous vous vous êtes déclarés en cas de manifestation houleuse. En gros, ça revient à devoir demander l’autorisation de prendre sa voiture le matin pour avoir droit aux pompiers et à l’hôpital en cas d’accident. Ce n’est donc pas acceptable. Cette tribune co-signée permet de montrer que l’ensemble des rédactions du service public comme du privé, qu’elle penche plutôt à droite comme Le Figaro, ou plutôt à gauche comme Libé, a dit non. La limite que nous avons fixée, précisons-le grandement à nos auditeurs, garantit aux auditeurs de France Culture une information libre, relatée, expliquée par des journalistes libres qui se déplacent librement sur le théâtre de l’actualité. Et d’ailleurs, notons que le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Intérieur, est immédiatement revenu sur son projet en invoquant un simple malentendu.

Emmanuelle Daviet : Je voulais qu’on termine en parlant des derniers résultats de Médiamétrie et là, le temps est court. Je pense qu’on y reviendra parce que le profil de vos auditeurs évolue. Sandrine Treiner, c’est à dire que vos auditeurs sont de plus en plus jeunes. Il y a une hausse de moins de 25 ans. Et votre public se diversifie. Mais on y reviendra dans un prochain rendez vous.

Sandrine Treiner : On est heureux et on en dira des choses. C’est évidemment extrêmement intéressant de constater que dans la société d’aujourd’hui, une radio culturelle comme France Culture ne cesse d’augmenter ses auditeurs et ses auditeurs les plus jeunes. Je pense que c’est un sujet dont tout le monde peut se réjouir.

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