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La mer d'Aral, en Asie centrale•

Le génocide des Tutsi au Rwanda

6 min
À retrouver dans l'émission

Le 9 février dernier La conversation scientifique d’Etienne Klein était consacrée à l’eau avec cette question : « Allons-nous bientôt manquer d’eau sur terre ? » Son invité était Ghislain de Marsily, professeur émérite de l’Université Paris Sorbonne.. Vincent Lemerre répond aux auditeurs

La mer d'Aral, en Asie centrale•
La mer d'Aral, en Asie centrale• Crédits : David Turnley/Corbis/VCG - Getty

Dans cette émission un passage, dans les dix dernières minutes, a concerné le génocide des Tutsi au Rwanda.  A ce sujet le président de l’association Ibuka France Mémoire, Justice  et soutien aux rescapés a réagi au propos de l’invité, je cite : «   Selon lui parce qu’ils souffraient de la faim les rwandais se sont  entretués, les Tutsi étaient au sommet du panier dirigeaient toute  l’administration. A lui seul, ce dernier élément montre à quel point  l’homme ne sait pas de quoi il parle. Il est malhonnête pour un  scientifique de parler des choses qu’il ignore, surtout lorsqu’il se  trouve que celles-ci sont aussi graves qu’un génocide ! « Entre-tuer »,  voilà un mot qui exprime l’intolérable déni.  L’injure s’est substituée à  la rigueur dans une conversation qui se voulait scientifique. Nous  demandons à France Culture de dire ce qu’elle a compris et ce qu’elle  envisage de publier pour éclairer ses auditeurs.   

Alors, il faut que je vous donne quelques éléments de  contexte pour comprendre ce qui s’est passé.Première question : comment  expliquer que dans une émission scientifique, qui porte sur le risque de  manque d’eau sur la planète, on se retrouve à parler du génocide des  Tutsi au Rwanda ? En fait dans l’article scientifique co-signé par  Ghilain de Marsily, qui a motivé l’invitation d’Etienne Klein, il y a un  long passage consacré aux conséquences du manque d’eau, et parmi ces  conséquences sont énumérées des famines, des conflits, et donc parmi  d’autres faits historiques le génocide rwandais. Cette partie de  l’article cite très largement le livre très fameux du géographe  américain Jared Diamond, sous le titre « Effondrement ». Pourquoi ce  livre avait fait tellement de bruit au moment de sa parution en 2005 ?  C’est qu’il prétendait expliquer l’effondrement de civilisations  humaines par les atteintes portées à l’environnement : avec les fameux  exemples de la disparition de la civilisation Mayas, ou de celle des  habitants de l’île de Pâques. Et un chapitre de ce livre porte sur le  génocide rwandais, Jared Diamond établissant que la croissance  démographique, le manque de ressources alimentaires dû à des  sécheresses, avait pu favoriser le déclenchement du génocide.  
C’est peu ou prou cette thèse que Ghislain de Marsily a exposé au micro d’Etienne Klein.  
Pour certains auditeurs, présenter les choses ainsi pouvait s’apparenter  à une négation du génocide, d’où quelques messages que nous avons  évidemment pris très au sérieux.  
Voilà en l’occurrence ce que nous avons répondu :  
Sur une question de principe d’abord : réfléchir sur le contexte social,  économique qui a précédé  le déclenchement du génocide, cela n’est pas  une négation du génocide, cela n’exonère en rien les génocidaires de  leurs responsabilités. Tout génocide est un projet politique, planifié,  organisé, exécuté, c’est la spécificité monstrueuse de ce crime.  
Ensuite, en l’occurrence, la séquence problématique de l’émission  d’Etienne Klein était en toute fin d’émission, et clairement aborder le  sujet du génocide des Tutsis au Rwanda dans ces circonstances n’était  pas idéal : l’invité Ghislain de Marsily est un hydrologue, pas  spécialiste du sujet, d’où une présentation très hâtive et sur certain  point erronée de la séquence historique du génocide. Pour ces  imprécisions, pour ces erreurs factuelles, Etienne Klein comme la chaîne  dans son entier ont exprimé des regrets, et nous avons indiqué sur la  page de l’émission des liens vers des émissions de référence sur le  génocide des tutsi au Rwanda.

Cet auditeur écrit également il est très souvent question de ce  génocide dans les débats en France mais il est inconnu jusque dans les  cercles les plus instruits.Rappelons que le génocide des Tutsis, eut  lieu du 7 avril 1994 jusqu’au 17 juillet 1994 au Rwanda.  La 25ème commémoration du génocide des Tutsi approche ,
Quelle place lui accorderez-vous sur votre antenne ? 

Nous sommes en train de travailler sur les programmes qui seront diffusés à l’occasion de ce 25e  anniversaire. Je peux dès maintenant vous citer un très beau projet  documentaire qui sera diffusée dans notre nouvelle émission  « L’expérience », et il y aura bien d’autres choses à l’antenne.

Les auditeurs ont été nombreux en début de semaine à  envoyer  des messages pour dire leur indignation suite aux agressions verbales  dont a été victime Alain Finkielkraut. Retrouvez notre dossier de l’actu
A ce sujet une auditrice écrit  sur les pages des chaines de Radio  France, j’ai l’impression que l’annonce d’insultes antisémites proférées  le 16/02 contre Alain Finkelkraut par des gilets jaunes est relayée  assez uniformément or, les insultes citées ne mentionnent jamais  l’adjectif « juif » mais les adjectifs « sioniste » et « raciste ».  Vos  journalistes considèrent-ils qu’un propos anti-sioniste est la même  chose qu’un propos antisémite ? Pour ma part (en tant que simple  citoyenne et en tant que juive), je trouve cet amalgame grossier et  dangereux car de nature à nourrir l’antisémitisme. 

Une réponse de bon sens:Il apparaît assez évident que  l’antisémitisme est bien présent  dans la vidéo de l’agression contre  Alain Finkielkraut, producteur à France Culture faut-il le  rappeler. C’est d’ailleurs l’hypothèse qu’a retenu la justice, puisque  Le parquet de Paris a ouvert immédiatement une enquête préliminaire pour  « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race  ou la religion ». Sur la distinction antisémitisme et antisionisme, je renvoie tous nos auditeurs à notre matinale de ce jeudi matin,  consacrée justement à la notion d’antisionisme avec : Alain Dieckhoff,  directeur du Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI),  auteur du « Conflit israélo-palestinien » ed. Armand Colin.Esther  Benbassa, professeure à l’Ecole pratique des Hautes Etudes et sénatrice  de Paris (EELV)

Sur le site de France Culture : La conversation scientifique : allons nous bientôt manquer d’eau sur terr

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