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Mohammad Rasoulof en 2017 au Festival de Cannes

Mohammad Rasoulof : "En Iran, rien n'est prévisible, tout peut arriver."

50 min
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Le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof vient présenter son film "Au Revoir", Prix de la Mise en scène sélection un certain regard à Cannes, qui dresse portrait d’une femme cherchant à fuir son pays. Il se confie sur son pays, la censure et les difficultés du travail de cinéaste indépendant.

Mohammad Rasoulof en 2017 au Festival de Cannes
Mohammad Rasoulof en 2017 au Festival de Cannes Crédits : Valery HACHE - AFP

Le cinéaste iranien Mohammad Rasoulofvient présenter son cinquième film Au Revoir, Prix de la Mise en scène sélection un certain regard à Cannes, qui dresse portrait d’une femme cherchant à fuir son pays dans lequel elle se sent devenir étrangère. 

Mais en 2010, Mohammad Rasoulof n'avait pas pu se rendre à Cannes pour présenter son film. Cette année-là, il est arrêté avec le cinéaste Jafar Panahi avec qui il coréalisait un film. Mohammad Rasoulof est alors interdit de sortie du territoire d'Iran pour "actes de propagande hostile à la République islamique d'Iran". Il est condamné à un an de prison et Jafar Panahi à six ans.

Quand j'ai fini le film, les autorités m'ont finalement autorisé à venir en France, il y avait beaucoup de pression internationale pour que je vienne. J'arrive en France un peu en retard. Mohammad Rasoulof

L'histoire d'Au revoir revient sur le destin d'une jeune femme iranienne, avocate et enceinte de quelques mois. Mariée à un journaliste opposant au régime, les autorités lui ont retirés le droit d'exercer. Surveillée et traquée par le régime, elle décide de fuir l'Iran. 

Pour ce film, je me suis beaucoup inspiré de ce qui se passe autour de moi, même s'il ne reflète pas personnellement mon avis. Je me suis intéressé à la vie des gens qui étaient autour de moi, pour raconter leur vie à eux. Mohammad Rasoulof

La première version du scénario racontait la vie du mari, et finalement on ne le voit que dans une séquence. Souvent, dans le travail d'écriture, un événement surgit et change l'histoire. Le thème principal du film pour moi c'est la violence, et comment elle s'exerce sur les gens depuis le haut de la pyramide. Mohammad Rasoulof

Aujourd'hui, tout le monde voit quelque chose de politique dans ce film, et je ne comprends pas pourquoi. Si j'ai envie de raconter l'histoire d'un pâtissier, je peux la raconter, mais on me dira toujours que je veux raconter cela à travers le prisme du régime politique iranien. Mohammad Rasoulof

Sur le tournage, Mohammad Rasoulof a travaillé dans la semi-clandestinité, et pourtant le spectateur est subjugué par la beauté plastique. Les cadrages sont maîtrisés, tout comme la lumière : 

Je suis un cinéaste indépendant, et je ne pouvais faire le film qu'avec un budget très restreint. Il fallait que j'apporte un soin l'image parce que ma caméra faisait la taille d'une main. Parfois, j'avais tellement honte de la taille de ma caméra, que je mettais un drap dessus pour que les gens ne la voit pas. Mohammad Rasoulof

En Iran, rien n'est prévisible, tout peut arriver. Un jour, vous avez une autorisation, mais en même temps elle peut être retirée à tout moment. Là-bas, c'est une affaire de goût et de moment, on ne peut jamais savoir de quoi sont faits les lendemains. J'aime mon pays et je veux être pacifique. Mohammad Rasoulof

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