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Francis Ford Coppola à la projection de "Apocalypse Now Final Cut" à Los Angeles le 12 août 2019.

Francis Ford Coppola : "Avec l'âge, je ne veux plus de carrière"

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À retrouver dans l'émission

2009 |Laurent Goumarre reçoit le cinéaste Francis Ford Coppola pour la sortie de son film "Tetro". L'occasion de remonter le fil de sa carrière, de faire le bilan sur son rapport à l'industrie cinématographique depuis ses débuts dans les années 1960 et de nous parler d'un projet avorté avec Godard.

Francis Ford Coppola à la projection de "Apocalypse Now Final Cut" à Los Angeles le 12 août 2019.
Francis Ford Coppola à la projection de "Apocalypse Now Final Cut" à Los Angeles le 12 août 2019. Crédits : Valérie Macon - AFP

Invité unique de l'émission "Le Rendez-vous", le réalisateur Francis Ford Coppola aborde la question de la révolution numérique au cinéma. Il prend acte que le cinéma est "numérique, électronique. Point". Le cinéma 35 mm a disparu, et cela change le rapport aux images, "avec la HD, on sait tout de suite à quoi les images ressemblent". Puis, il décrypte sa relation avec les acteurs et l'importance qu'il porte aux deux semaines de répétition avant le tournage de tous ses films, pour "mettre en confiance" les comédiens qui peuvent parfois appréhender leurs rôles.

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Francis Ford Coppola, invité du "Rendez-vous", le 17/12/2009.

Ce sont les personnages qui deviennent les acteurs plutôt que le contraire. C'est l'acteur qui est vraiment l'être vivant, la chair et le sang et j'ai l'impression que le personnage finalement vampirise l'acteur. Il lui prend sa chair et son sang, il lui donne ses sentiments, son humanité, sa réalité humaine.

II évoque l'histoire du film "Le Parrain" et comment il s'est retrouvé malgré lui sur le devant de la scène cinématographique : "Je ne veux plus être associé à l'industrie cinématographique d'aujourd'hui parce qu'ils font des films finalement très étroits. Ils veulent des thrillers, des super-héros... Ce sont des films à étiquettes dont je me sens très à l'écart." Il a donc voulu revenir à son rêve de départ, à savoir écrire des histoires et en faire des films autofinancés.

J'étais quelqu'un qui écrivais des histoires et faisais des petits films à petits budgets. Avec le temps, je commençais à gagner ma vie avec d'autres business et donc j'avais la possibilité de me financer en tant que cinéaste. Je pouvais donc travailler à mon propre plaisir.

En tant que réalisateur, il estime qu'il a apprendre des critiques, "si le critique n'aime pas ce que vous faites et est capable de dire pourquoi, d'une façon que vous pouvez comprendre, alors vous pouvez vous améliorer, vous pouvez progresser. (...) Ce que je cherche d'abord de la critique, c'est de comprendre mieux mon travail pour m'améliorer. Je veux essayer toujours de faire mieux."

Il n'y a jamais eu deux hommes aussi différents que Godard et moi. Lui, il a la sensibilité d'un banquier, et c'est ce qu'il est. Et moi, j'ai la sensibilité d'un musicien. Ce qui fait finalement de nous, ce que nos familles ont fait de nous... Bien sûr, j'admire cet homme ! (...) Il y a énormément de choses à apprendre de Jean-Luc Godard : son mépris pour la forme et les contraintes, c'est très rafraîchissant.

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