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Les parlementaires contre la privatisation d’ADP se sont réunis devant l’Assemblée nationale le 4 décembre 2019 pour célébrer le million de signatures franchi

ADP : un million de signatures contre une privatisation désormais suspendue

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La privatisation d'Aéroports de Paris ne se fera pas, pour le moment. Le gouvernement a décidé de suspendre l'opération en raison de la situation économique et de la crise du coronavirus. Cette privatisation était contestée par un projet de référendum initié par des parlementaires.

Les parlementaires contre la privatisation d’ADP se sont réunis devant l’Assemblée nationale le 4 décembre 2019 pour célébrer le million de signatures franchi
Les parlementaires contre la privatisation d’ADP se sont réunis devant l’Assemblée nationale le 4 décembre 2019 pour célébrer le million de signatures franchi Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

La privatisation d'Aéroports de Paris ne se fera pas. En tous les cas, pas pour le moment. Le gouvernement a décidé de suspendre l'opération en raison de la situation économique et de la crise du coronavirus. "La question ne saurait se poser dans l'immédiat" explique la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Cette privatisation était contestée par un projet de référendum initié par des parlementaires. 4 millions 700 000 signatures étaient nécessaires pour enclencher un référendum d'initiative partagée. Ce jeudi soir, on sera bien loin du compte.

Au mois de juin dernier, 248 députés et sénateurs lançaient une procédure de référendum d'Initiative Partagée sur la privatisation d'Aéroports de Paris.

Crédits : Visactu

La proposition de loi référendaire devait être approuvée par 1/10e du corps électoral.

Mais, au final, ce soir le compteur du RIP n'affichera qu'un peu plus d'un million de signatures.

Un succès incontestable pour Valérie Rabault, députée socialiste du Tarn-et-Garonne :

Plus d'un million de signatures, j'espère que chacun se rend compte de ce que cela représente. D'autant que ce référendum n'a pas fait l'objet de publicité à la télévision, ni à la radio.

Valérie Rabault
Valérie Rabault Crédits : Francesca Fossati - Radio France
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"1 million de signatures c'est un succès"

La campagne du référendum d'initiative partagée s'est donc vite transformée en parcours du combattant pour les parlementaires à l'initiative du RIP.

Tractage sur les marchés, porte-à-porte, réunions politiques, le député Les Républicains du Val-de-Marne Gilles Carrez s'est employé à convaincre : 

Ce qui m'a frappé, c'est la quasi-unanimité de nos concitoyens pour dire non ! Ils ne vont quand même pas nous refaire le coup des autoroutes. On ne privatise pas l'aéroport Charles-de-Gaulle. C'est une infrastructure d'intérêt général.

Gilles Carrez, le 2 mai 2018
Gilles Carrez, le 2 mai 2018 Crédits : Nathalie Lopes - Radio France

Autour de cette idée, un "axe républicain s'est constitué".

La droite s'est alliée avec la gauche, et même avec l'extrême gauche pour mettre en difficulté le gouvernement.

Une alliance contre la privatisation d'ADP qui a dépassé les clivages traditionnels. "Je suis élu dans un département communiste" explique le député Les Républicains Gilles Carrez 

Je travaille depuis des décennies avec les communistes dans l'intérêt général. Nous sommes parfaitement capables de mettre l'idéologie au vestiaire.

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"On ne nous a pas pris au sérieux"

Alors, malgré des initiatives communes, à l'heure du bilan on constate qu'il a été bien difficile de fédérer l'ensemble des parlementaires de la droite républicaine et de gauche, surtout lorsque le débat sur les retraites s'est invité sur le terrain politique. "Chacun y est allé avec ses propositions" explique Eliane Assassi, sénatrice communiste de Seine-Saint-Denis :

On était animé par cette même volonté qu'est l'expression démocratique. Après, il y a eu d'autres sujets qui sont venus sur la table. La privatisation d'ADP était un sujet de nature très politique mais pas politicien.

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"Un sujet d'intérêt général"

Cette procédure inédite a au moins permis de montrer qu'une mobilisation citoyenne était possible, mais que le seuil de 4 millions 700 000 signatures était inatteignable.

Voilà pourquoi il faut peut-être prendre exemple sur les expériences de démocratie directe menées à l'étranger, explique Laurence Morel, chercheuse au centre de recherches politiques de Sciences Po :

4 millions 700 000 signatures est un seuil extrêmement élevé. On sait par expérience en regardant les autres pays qui ont ce genre d'initiative que, en général, on demande 500 000 signatures. Le nombre de signatures qui a été atteint est remarquable. Cela montre un réel intérêt pour ce genre de procédure de la part des citoyens.

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"En Italie on demande 500 000 signatures"

A l'issue du grand débat l'an dernier, Emmanuel Macron déclarait vouloir aller plus loin sur le RIP en simplifiant les règles et en abaissant le seuil à 1 million de signatures.

La proposition est écrite, elle a été présentée en Conseil des ministres, mais la réforme constitutionnelle n'a toujours pas été soumise aux parlementaires.

Quant à l'idée d'une privatisation d'Aéroports de Paris, elle est pour le moment écartée par le gouvernement, "les conditions actuelles de marché n'étant pas favorables".

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