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Thomas Cazenave (LREM) en campagne sur le marché de Saint-Augustin, à Bordeaux.

À Bordeaux, l'immobilier s'invite dans la campagne des municipales

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La hausse des prix et des loyers oblige les candidats à se démarquer de la gestion du maire sortant, Alain Juppé.

Thomas Cazenave (LREM) en campagne sur le marché de Saint-Augustin, à Bordeaux.
Thomas Cazenave (LREM) en campagne sur le marché de Saint-Augustin, à Bordeaux. Crédits : Frédéric Says - Radio France

Je vous emmène d'abord sur le marché de la place Saint-Augustin. Ce matin, une équipe distribue des tracts. Celle de Thomas Cazenave, le candidat de La République en Marche (LREM) à Bordeaux. Le jeune quadragénaire est natif de la ville, mais multi-diplômé des grandes écoles parisiennes. Il veut donc démontrer qu'il n'a rien d'un parachuté : 

"Du côté de ma mère, on est Médocain. Mon grand-père était petit viticulteur à Saint-Estèphe. Je connais bien le Médoc !" lance-t-il à une habitante du quartier.

Bien vite, c'est sur cette question de l'immobilier que les électeurs l'interrogent. Dans le viseur, les Parisiens qui font monter les prix : 

- "Moi je prends de temps en temps le TGV [Paris-Bordeaux], il est toujours plein !" se lamente une retraitée. "Ces gens arrivent avec un pouvoir d'achat différent du nôtre. Ça fait comme à Paris !                  
- C'est vrai : on est l'une des villes les plus chères de France. On a laissé la ville se dérégler", accuse Thomas Cazenave. "Elle est où la puissance publique ? J'ai proposé qu'on investisse dans le foncier pour sortir des logements moins chers. Si on perd toutes nos classes moyennes, qui va s'occuper de nos aînés ? Qui viendra enseigner dans nos écoles ?"

À Bordeaux, le prix du mètre carré a augmenté de 38% en cinq ans - et les loyers avec. Résultat : les ménages modestes et les étudiants sont poussés hors de la ville. 

Ce thème du logement est si central qu'il monopolise les débats entre les candidats. Sur le plateau de la télévision locale TV7, l'un des prétendants plaide même pour que Bordeaux devienne, en quelque sorte, moins attractive, afin de contenir les prix. Il s'agit de l'écologiste Pierre Hurmic, à la tête de la coalition de gauche :   

Il faut arrêter ce slogan complètement dépassé qui était 'Magnétique Bordeaux'. Ce slogan voulait dire qu'il fallait tout faire venir sur Bordeaux : les activités économiques, les grandes écoles ! À un moment donné, il faut être un peu plus partageur [avec d'autres villes de la région]. Je pense qu'il y a un nouvel équilibre à trouver.

Pierre Hurmic (EELV) espère entrer à l'hôtel de ville grâce à une union avec le PS, le PCF et le PRG.
Pierre Hurmic (EELV) espère entrer à l'hôtel de ville grâce à une union avec le PS, le PCF et le PRG. Crédits : Frédéric Says - Radio France

Parmi les propositions des prétendants au Palais Rohan : réguler drastiquement la location type Airbnb, limiter les constructions liées à des programmes de défiscalisation par la pierre. Une pierre, justement, dans le jardin de la municipalité sortante. 

Son candidat, c'est Nicolas Florian, soutenu par Alain Juppé. Pour lui, la hausse des prix est aussi le signe d'une bonne gestion de la ville.    

La majorité sortante a réussi à redonner du dynamisme démographique. Bordeaux en 1968 avait 300 000 habitants. À la fin des années 80, il n'y avait plus que 200 000 habitants. C'était une ville en déclin. Nous avons réussi avec Alain Juppé à redonner une croissance, une vitalité, de la vie en ville. Maintenant, nous sommes à la croisée des chemins. Il s'agit de retrouver l'équilibre : être davantage concentrés sur l'hospitalité que sur l'attractivité.

Nicolas Florian (LR, soutenu par le Modem) a pris la suite d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux.
Nicolas Florian (LR, soutenu par le Modem) a pris la suite d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. Crédits : Frédéric Says - Radio France

L'hospitalité de nouveaux habitants, dans cette ville en croissance, donc. Mais comment voteront ces nouveaux Bordelais ? C'est aussi l'une des inconnues de ce scrutin.

Pour aller plus loin : 

Quel rapport de force entre les différentes forces politiques ? Analyse de Frédéric Says dans notre journal de 8 heures de ce jeudi : 

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L'après-Juppé : changement ou continuité ?
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