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Avions entreposés sur le plus grand parking aérien de France début octobre 2020, à Tarbes.

Aéronautique : 2020, l'année qui a cloué les avions au sol

5 min
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Poursuite de notre bilan de cette année marquée par le Covid-19. Avec un gros plan sur l'aéronautique, particulièrement touché avec des milliers de suppressions de postes en France, en particulier chez les sous-traitants de la région toulousaine, berceau du secteur qui emploie 90 000 personnes.

Avions entreposés sur le plus grand parking aérien de France début octobre 2020, à Tarbes.
Avions entreposés sur le plus grand parking aérien de France début octobre 2020, à Tarbes. Crédits : Alexandre Descorps - Radio France

David Bloch est pilote chez Air France depuis douze ans. Il fait partie des volontaires qui ont rapatrié les Français coincés à l’étranger pendant le premier confinement. Aux commandes de son Boeing 777 Cargo, il a aussi contribué au transport d’une précieuse cargaison. Celle des masques entre la Chine et la France, vitale pour les personnels soignants. 

Un trésor de guerre qui a fait l’objet d’une sécurité renforcée et inédite à son arrivée à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, dans une France totalement à l’arrêt :

Avant que les portes s'ouvrent, on n'arrive au parking et on était loin d'imaginer à quel point on était attendu, que la cargaison allait être traitée de manière aussi précieuse, qu'il y avait la gendarmerie qui était là. La douane était là aussi. Pour nous, c'est inhabituel. Encore une fois, on vivait un moment unique et on s'est rendu compte à quel point la cargaison qu'on avait à bord un objectif national de voir des gendarmes armés autour d'un avion à Paris, c'est très inhabituel. 

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Dans les coulisses du transport des premières cargaisons de masques entre la Chine et la France, en avril 2020, lors du premier confinement. Avec Alexandra Aignan, pilote sur Boeing 777 chez Air France.

Aujourd’hui, si le début de la campagne de vaccination suscite l’espoir. Le secteur aéronautique dans son ensemble reste sinistré.

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La reprise n’est pas prévue avant trois à cinq ans. Résultat, Airbus va supprimer près de 5 000 postes et Air France 7 600. Derrière ces grands noms, c'est toute la chaîne des sous-traitants qui traverse une zone de turbulence. En particulier en Occitanie, berceau du secteur aéronautique qui emploie 90 000 personnes. A l’image de l’avionneur ATR. Numéro un mondial des avions régionaux, son activité a chuté de 50%. L’entreprise va donc devoir supprimer 186 postes.

Frédéric Toréa, le secrétaire général d’ATR :

Nos clients prennent plus des avions ou des livraisons, ce qui induit une baisse d'activité. Il a donc fallu ajuster nos capacités de production à cela, ajuster également la taille de l'entreprise. Une reprise que l'on anticipe d'ici deux ou trois ans, mais qui se fera dans tous les cas. Les études sont sur le sujet. Un niveau qui sera inférieur à celui d'avant la crise. Donc, il y a à la fois une adaptation de court terme qui est traité par des mesures de chômage partiel et des mesures de plus long terme qui répondent à une évolution structurelle du secteur. 

La fin du chômage partiel est l’une des principales sources d’inquiétude des PME qui n’ont plus beaucoup de trésorerie. En Occitanie, elles représentent 93% des sous-traitants. En 2021, se sont donc 20 000 emplois direct qui seraient menacés dans la région. Selon Alain Di Crescenzo, le président de la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse :

L'impact significatif sera sur 2020 2022 que cette capacité qu'ont les entreprises très structurés, donc capitalisées, avec des fonds significatifs. Donc cette capacité, les PME, PMI, voire les usines, ne les ont pas. Et c'est là qu'effectivement, nous aurons le plus de casse sociale. Et c'est là que nous avons un véritable problème, parce qu'au fond, la perte d'emploi est dramatique. Mais ce qui est aussi dramatique, c'est la perte de compétences, la perte de savoir faire, la perte d'actifs qui fait que les questions qu'on peut se poser, c'est Est ce que Horn 2030, l'Europe sera toujours un ensemble qui pourra peser au niveau mondial sur la construction aéronautique.

Chiffre d'affaire de l'industrie aéronautique, résultat net et nombre de passagers transportés pour les années 2019, 2020 (prévisions) et 2021 (prévisions).
Chiffre d'affaire de l'industrie aéronautique, résultat net et nombre de passagers transportés pour les années 2019, 2020 (prévisions) et 2021 (prévisions). Crédits : Bertille Lagorce - AFP

Il faut garder son avance technologique face à une concurrence devenu mondiale puisque la Chine fait voler ses propres avions avec son constructeur Comac, concurrent direct d’Airbus et de Boeing sur le secteur des moyens courriers. Cela n’inquiète pas que les entreprises mais aussi le gouvernement. Bercy vient de prolonger son dispositif qui restreint l’entrée au capital des entreprises françaises cotées en bourse. Une mesure qui s’applique aux sociétés étrangères hors Union européenne qui voudraient prendre plus de 10% de leur capital. 

Pour garder son avance technologique, l’exécutif va également investir 1,5 milliard d’euros pour produire un avion à hydrogène d’ici 2035. Alors, simple fiction ou réalité, Jean-Brice Dumont, directeur de l'ingénierie chez Airbus, veut y croire :

Aujourd'hui, on a présenté trois concepts qui sont trois concepts complètement différents à hélices turbopropulseurs. C'est une façon de gérer le vol. Ça va moins vite, les avions à hélices. La deuxième formule, c'est un avion réacteur du type de nos avions. Et puis, une troisième formule, beaucoup plus révolutionnaire, est une formule d'aile volante, là où l'avion est un tube avec des ailes volantes. C'est la formule un peu plus futuriste. Science fiction. Et cette formule là est beaucoup plus prometteuse. Mais en même temps beaucoup plus ambitieuse pour nous, parce que c'est une formule qu'on n'a jamais développée. Dans ce cas là, on changerait à la fois le mode de l'énergie et de propulsion et on changerait la formule de l'avion.

Mais l’avion vert ne suffira pas à lui seul à relancer le secteur aéronautique. 

En attendant la reprise, l'une des solutions pour retrouver du travail pourrait passer en partie par la reconversion de certains salariés, notamment les techniciens et les ingénieurs, dans des secteurs dit d’avenir comme l’intelligence artificielle, le numérique et la santé. 

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Dans les coulisses du transport des premières cargaisons de masques en avril lors du premier confinement entre la chine et la France. Avec Alexandra Aignan pilote sur Boeing 777 chez Air France.
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