LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Des dizaines d'applications permettent de scanner des produits

Applications alimentaires : quand les industriels s’y mettent

4 min
À retrouver dans l'émission

Des dizaines d'applications sur nos smartphones permettent de savoir ce que contiennent les aliments. Bousculée, l'industrie agroalimentaire se lance sur le même terrain et conçoit ses propres applications. Voilà qui soulève de nombreuses questions.

Des dizaines d'applications permettent de scanner des produits
Des dizaines d'applications permettent de scanner des produits Crédits : . - Getty

Refaire 900 recettes pour en retirer 142 additifs. Quand Intermarché a annoncé cet objectif, le mois dernier, il a évoqué les mauvaises notes des produits concernés, sur l'application Yuka. Symptôme à la fois de la demande de transparence sur les aliments, exprimée par les consommateurs, et de la place prise par les applications pour y répondre.

Accès aux informations

Qui détient les informations sur ce que contiennent nos aliments ? Alors cette question est devenue cruciale, l'industrie agroalimentaire a décidé de constituer sa propre base de données numérique, baptisée Codeonline food. Créée par l'organisme GS1, elle rassemble de manière standardisée les informations fournies par les industriels eux-mêmes. Voilà qui convainc déjà un certains nombre de concepteurs de services autour des aliments. Comme l'application Allergobox, qui signale la présence d'allergènes et a besoin d'information à jour. Seulement l'accès direct à ces informations sera soumis à cotisation. Une fois par mois, un fichier sera publié pour les non-adhérents. 

"Pour être transparents, les industriels auraient pu transmettre ces informations fiables à une base de données citoyenne gratuite et ouverte comme  la nôtre, Open food facts," déplore son créateur Stéphane Gigandet . Open food facts a d'ailleurs reçu 15 000 euros de l'Agence nationale Santé publique France afin d'améliorer l'intégration des données transmises par les industriels. Dans le même temps, Bercy finance à hauteur de 3 millions d'euros, dans le cadre d'un programme d'investissement d'avenir, un autre projet, baptisé Num-Alim. Portée entre autres par l'Ania, l'association représentant l'industrie alimentaire. Aux données de Codeonline food, il prévoit d'ajouter de nombreuses autres informations, comme l'empreinte écologique explique Sandrine Blanchemanche, Directrice alimentation saine, sure et durable à l'ANIA.

Notes et scores

C'est là le principal enjeu : comment sont établis les scores ou notes qui pourraient guider les choix des consommateurs. Rappelons qu'un certains nombre de corrélations ne sont pas scientifiquement établies. Par exemple sur Yuka, 30% de la note d'un produit dépend de la présence d'additifs. Cette proportion est un choix des concepteurs de l'application et non sur le résultats de la recherche. Pour Marine Friant-Perrot, maîtresse de conférences en droit à Nantes et spécialiste de la consommation alimentaire, avec ces applications les industriels veulent rependre la main. Cela soulève des questions de fond : qui va traiter les données, et selon quels critères ? Le problème ce n'est pas que les données viennent des industriels, mais plutôt la manière dont ils pourraient hiérarchiser les données. Par exemple une valeur nutritionnelle mauvaise pourrait être contrebalancée par d'autres critères plus favorable, comme l'empreinte écologique.

Emballages

Pour Serge Hercberg, ancien président du programme national nutrition santé, le Nutri-Score reste la priorité. Cet étiquetage associant des couleurs - du vert au rouge- et des lettres - permet aux consommateurs de voir vite la qualité  nutritionnelle. Un outil majeur quand on sait que la plupart des personnes qui ont des problématiques nutritionnelles n'utilisent pas les applications. Adopté désormais par près de 200 marques, dont récemment le groupe Nestlé, le Nutri-Score est encore largement contesté Une pétition citoyenne, en ligne jusqu'au mois de mai, réclame à la Commission européenne de rendre cet étiquetage obligatoire.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......