LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le chantier de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, le 4 août. La longue phase de montage des structures métalliques doit s’achever à la fin du mois.

Arc de Triomphe : la dernière ligne droite de l’empaquetage conçu par Christo et Jeanne-Claude

4 min
À retrouver dans l'émission

Pas encore visible, le projet posthume de Christo et Jeanne-Claude ne sera réalité qu’au terme du montage des structures métalliques. Avant de déployer tissus et cordes, les équipes s’activent pour assurer aussi, et avant tout, la protection du monument.

Le chantier de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, le 4 août. La longue phase de montage des structures métalliques doit s’achever à la fin du mois.
Le chantier de l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, le 4 août. La longue phase de montage des structures métalliques doit s’achever à la fin du mois. Crédits : Benoît Grossin - Radio France

Dans un mois, le 18 septembre, l’Arc de Triomphe, l’emblématique monument national au centre de Paris deviendra une œuvre d’art, grandiose et éphémère, jusqu’au 3 octobre. Après l’empaquetage du Pont-neuf en 1985 et celui du Reichstag en 1995, l'ultime projet de Christo, ce projet qu’il avait imaginé avec sa compagne Jeanne-Claude dès le début des années 1960, prend forme, avec la participation notamment des Charpentiers de Paris

La réalisation mobilise un millier de personnes et va coûter 14 millions d’euros, financés uniquement par la vente de maquettes, dessins, lithographies et autres documents originaux du créateur, disparu le 31 mai 2020. 

Depuis la mi-juillet, les équipes emmenées par son neveu, Vladimir Yavachev, sont au travail. L'installation de l’œuvre nécessite une longue phase de préparation. Jusqu’à fin août, il ne sera question encore que de métal sur le chantier. 

Christo dans son atelier de New York avec un dessin préparatoire à l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, le 20 septembre 2019.
Christo dans son atelier de New York avec un dessin préparatoire à l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, le 20 septembre 2019. Crédits : Wolfgang Volz @2019 Christo and Jeanne-Claude Foundation
“tout ce que j’ai pu dessiner est concrètement posé sur le chantier” : Paul-Lin Debatte, membre de l'équipe des Charpentiers de Paris.
“tout ce que j’ai pu dessiner est concrètement posé sur le chantier” : Paul-Lin Debatte, membre de l'équipe des Charpentiers de Paris. Crédits : Benoît Grossin - Radio France

"Revérifier encore et encore tous les ouvrages"

Les bruits des grues et du montage se confondent avec le vacarme de la circulation sur la place de l’Étoile. Pas encore de tissu, ni de corde. Pour la réalisation de l’ultime projet de Christo, il faut d’abord installer les câbles, les supports, les structures destinées aussi à protéger le monument, haut de 50 mètres, des frottements et tensions. Cette étape minutieuse a débuté le 15 juillet. Au pied de l’Arc de Triomphe, Paul-Lin Debatte, dessinateur-projeteur chez les Charpentiers de Paris, surveille le bon déroulement des opérations : 

Ce sont des structures en métal qui entourent les hauts-reliefs, comme vous pouvez le voir en bas. Il y a aussi des lests qui sont positionnés sur les bancs pour tenir les toiles. Ensuite, sur la corniche qui se situe juste au-dessus des hauts-reliefs et qui soutient la grande voûte, il y a là aussi des structures en métal pour protéger les ouvrages en pierre et pour soutenir les toiles. En particulier dans la grande voûte et dans les petites voûtes qui relient l'avenue Kléber à l'avenue Wagram. La terrasse aussi est lestée pour tenir correctement les toiles. Tout ce que j'ai pu dessiner est concrètement posé sur le chantier. Heureusement, cela fait un an qu'on étudie le projet, qu'on essaie vraiment de revérifier encore et encore tous les ouvrages. Pour l'instant, tout se passe très bien. 

Matthieu Colinet, un des quelque 150 techniciens mobilisés sur le chantier, pour les opérations de montage, menées 24 heures sur 24.
Matthieu Colinet, un des quelque 150 techniciens mobilisés sur le chantier, pour les opérations de montage, menées 24 heures sur 24. Crédits : Benoît Grossin - Radio France

"C'est non-stop pour avancer au plus vite !"

Structures et lests, en acier, pèsent au total un peu plus de 310 tonnes. Enthousiaste, mais aussi sous pression, Matthieu Colinet est un des quelque 150 techniciens mobilisés pour le montage de l’œuvre : 

C'est un travail assez colossal ! Il y a quand même trois équipes qui tournent en trois-huit. On démarre le matin à 7 heures. On finit à 17 heures. Il y a des équipes qui reprennent de 14 heures à minuit et des équipes qui reprennent de 23 heures à 7 heures le matin. C'est non-stop pour avancer au plus vite ! Finalement, la pression, elle est là constamment. On ne veut pas faire mal au bâtiment. On veut vraiment le protéger pour que le tissu ne vienne pas abîmer le bâtiment. C'est un projet qui fait rêver. C'est un grand plaisir pour moi d'être sur ce bâtiment qui a une sacrée histoire. Et cela fait vingt-cinq ans que je travaille sur les monuments historiques. C'est vraiment une belle partie pour nous d'être ici. 

Sur la terrasse de l’Arc de Triomphe, Anne Burghartz, l’ingérieure allemande chargée du calcul des structures qui a participé aux essais, en présence de Christo, dans les ateliers des Charpentiers de Paris, fin 2019.
Sur la terrasse de l’Arc de Triomphe, Anne Burghartz, l’ingérieure allemande chargée du calcul des structures qui a participé aux essais, en présence de Christo, dans les ateliers des Charpentiers de Paris, fin 2019. Crédits : Benoît Grossin - Radio France

"Beaucoup d'essais pour voir comment fixer le tissu"

Avant que le projet se réalise, des essais grandeur nature, en présence de Christo, ont été menés quelques mois avant sa mort, fin 2019, dans les ateliers des Charpentiers de Paris, à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Avec la participation de l’ingénieure allemande Anne Burghartz, cheffe de projet technique chargée du calcul des structures et aujourd’hui très présente sur le chantier :

Nous avons fait beaucoup d'essais pour voir comment fixer le tissu, dans la grande voûte de l'Arc de triomphe, parce que c'est une opération très compliquée, techniquement. Christo voulait voir comment cela pouvait fonctionner avec un échafaudage ou avec des câbles. Il s'est finalement prononcé pour le concept que nous mettons en application maintenant, avec les câbles. Christo nous a également donné des photos du Reichstag, beaucoup, beaucoup de photos du Reichstag pour voir comment il voulait les plis.

Premier essai grandeur nature de l'empaquetage de l’Arc de Triomphe, à Bagneux, dans les ateliers des Charpentiers de Paris, le 16 décembre 2019
Premier essai grandeur nature de l'empaquetage de l’Arc de Triomphe, à Bagneux, dans les ateliers des Charpentiers de Paris, le 16 décembre 2019 Crédits : Wolfgang Volz @2019 Christo and Jeanne-Claude Foundation - Radio France

"Plus de cent cordistes, comme des notes de musique sur l'Arc de Triomphe"

“Nous lui avons fait la promesse de terminer son projet” : Vladimir Yavachev, neveu de Christo, supervise le chantier d’empaquetage de l’Arc de Triomphe.
“Nous lui avons fait la promesse de terminer son projet” : Vladimir Yavachev, neveu de Christo, supervise le chantier d’empaquetage de l’Arc de Triomphe. Crédits : Benoît Grossin - Radio France

Les plis à peu près identiques à ceux de l’empaquetage du Parlement allemand ne seront pas visibles avant le mois prochain. La dernière étape du montage de l’œuvre, le déploiement des 25 000 m² de tissu de couleur bleu argenté et des 3 000 mètres de corde rouge, se fera au dernier moment, à partir du 13 septembre. En quelques jours seulement précise le neveu de Christo, Vladimir Yavachev qui supervise aujourd'hui le projet : 

Le tissu est bleu à l’intérieur et sur le dessus, ce n’est pas peint, c’est de l’aluminium pulvérisé. Ce qui lui donne cet éclat très métallique et avec le bleu qui le traverse, en fonction de l'heure de la journée et de la météo, c’est un peu comme une réminiscence des toits de Paris. Et c'est aussi une évocation poétique du drapeau tricolore. Pour le tissu, cela va se faire très vite, en deux jours. Ce qui prend le plus de temps dans les finitions, ce sont les cordes, qui doivent être attachées et tendues. Nous faisons appel à plus de cent cordistes qui vont descendre comme des notes de musique sur l'Arc de Triomphe. Ce sera comme une symphonie, comme une performance, mais très rapide et qui, nous l’espérons, surprendra tout le monde ! 

L’ensemble des matériaux utilisés, acier, toiles et cordes en polypropylène : tous recyclables seront démontés avant les cérémonies du 11 novembre. Et pendant toute la durée des travaux, et de l’exposition, du 18 septembre au 3 octobre de son empaquetage, l’Arc de triomphe restera ouvert au public et la flamme ravivée chaque soir sur la tombe du Soldat inconnu. 

Écouter
3 min
“Le public pourra même marcher sur la toile, puisque la terrasse elle-aussi sera empaquetée” : Bruno Cordeau, administrateur de l'Arc de Triomphe.
Pour l’administrateur de l’Arc de Triomphe, Bruno Cordeau, l’œuvre de Christo va “marquer le monument, ajouter une page à sa riche histoire”.
Pour l’administrateur de l’Arc de Triomphe, Bruno Cordeau, l’œuvre de Christo va “marquer le monument, ajouter une page à sa riche histoire”. Crédits : Benoît Grossin - Radio France
Ce contenu fait partie de la sélection
Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  
L'équipe
Journaliste
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......