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L'île grecque d'Astypalea

Astypalea, l'île grecque laboratoire vert de l'Europe

4 min
À retrouver dans l'émission

Dans le Dodécanèse, la petite île grecque d’Astypalea baigne dans la mer Egée. 1 300 âmes et une ambition commune au gouvernement grec et à la municipalité de la petite île : faire d’Astypalea un laboratoire de la "décarbonisation" en Europe. Une île qui se veut un modèle.

L'île grecque d'Astypalea
L'île grecque d'Astypalea Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Un véritable décor de carte postale : des collines qui dévalent vers les eaux limpides de la mer Égée, les plages de sable immaculées, les petites maisons blanches, la citadelle vénitienne au bout de rues tortueuses... Mais ce n'est pas tout. Avec, disent les habitants en souriant, 365 jours de soleil par an et un vent qui souffle en rafale, Astypalea dispose des atouts naturels pour devenir une île durable. 

Une petite ruelle dans l'île grecque tranquille d'Astypalea
Une petite ruelle dans l'île grecque tranquille d'Astypalea Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Plus question de consommer 7 à 8 tonnes de pétrole par jour en électricité et carburant. Les réservoirs et moteurs diesel de la centrale qui alimente les foyers en électricité vont disparaître au profit de panneaux photovoltaïques et d’une éolienne. Les quelque 1 500 véhicules de l’île doivent être remplacés par des scooters et voitures électriques. 

Une borne de recharge pour véhicules électriques sur la jetée de Maltezana, sur l'île d'Astypalea
Une borne de recharge pour véhicules électriques sur la jetée de Maltezana, sur l'île d'Astypalea Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Des bornes de recharge ont poussé en ville ou en bord de plage et les premiers véhicules offerts par l'Allemand Volkswagen ont débarqué début juin. Le géant de l'automobile a sauté sur l'occasion de redorer son image ternie par le scandale des moteurs diesel truqués. Pour l’heure, seule la municipalité et la police en disposent. 

Le commandant de la police du port d'Astypalea Athanasios Papagiannis a reçu de premiers véhicules électriques
Le commandant de la police du port d'Astypalea Athanasios Papagiannis a reçu de premiers véhicules électriques Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Nouvelles mobilités

Les nouvelles mobilités, c’est la passion du maire Nikolas Komineas. "C’est un projet holistique qui regroupe tout, s'enthousiasme-t-il. Nous allons remplacer toute la flotte de voitures et scooters par des véhicules électriques, nos transports publics vont être électriques et sur demande. 

Grâce à une application sur smartphones, on pourra commander sa navette. Il n’y aura plus d’arrêt de bus ni besoin d’attendre.

Mais nous aurons aussi des voitures autonomes, nous serons à Astypalea le premier endroit au monde à les mettre en oeuvre ! Les nouvelles technologies doivent aller de pair dans l’avenir avec la manière traditionnelle de vivre sur l’île, avec notre écosystème si nous voulons que cette planète soit vivable pour les futures générations."

Le maire d'Astypalea Nikolas Komineas
Le maire d'Astypalea Nikolas Komineas Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Les insulaires applaudissent mais s’inquiètent aussi, comme Katerina qui tient une boutique de souvenirs au pied du château. "C’est une bonne idée, admet-elle, mais on ne sait pas comment ça va marcher. J’ai un peu peur des éoliennes et de la centrale. Je ne veux pas que l’île se recouvre d’éoliennes. S’il n’y en a qu’une et qu’elle est en dehors de la ville d’accord, mais pas plus d’une." 

La centrale alimentée par des générateurs au diesel qui forunissent l'île en électricité devra laisser la place aux énergies renouvelables
La centrale alimentée par des générateurs au diesel qui forunissent l'île en électricité devra laisser la place aux énergies renouvelables Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Assurer l'indépendance énergétique de l'île

Il n’y aura qu’une éolienne, pas davantage, assure le maire, soucieux de préserver la beauté des paysages. L’essentiel de l’énergie viendra des panneaux photovoltaïques. Son credo assurer l’indépendance énergétique de d’Astypalea, mais pas plus. 

C’est bien l’intention de Konstantinos Giannaros, l’un des ingénieurs du projet. "Produire notre électricité sans avoir recours au diesel, c’est très important, pour nous les locaux mais aussi pour les touristes et pour montrer aux autres qu’une petite île, un petit territoire peut être autosuffisant avec ces énergies vertes. Mais nous souhaitons juste couvrir nos besoins, il ne s’agit pas de nous transformer en "usine", de nous couvrir d'éoliennes pour alimenter les autres îles.

Constantinos Giannaros, l'un des ingénieurs du projet
Constantinos Giannaros, l'un des ingénieurs du projet Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Dans sa station service, Ilias Angelidis approuve. Le monde change, et nous devons changer aussi, dit cet entrepreneur qui possède également un hôtel et une agence de location de voitures. Mais il s’inquiète pour ses affaires …  

Ilias Angelidis possède trois stations service sur l'île et s'inquiète pour ses affaires
Ilias Angelidis possède trois stations service sur l'île et s'inquiète pour ses affaires Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

"Les stations services, dit-il, c’est le gros problème avec ce projet. Nous en avons trois sur l’île d’Astypalea. On essaie de trouver des solutions, de mettre des bornes pour recharger les véhicules électriques. Mais on ne sait pas ce que cela va donner. Nous n’avons pas encore de véhicules électriques ici. Donc je ne peux faire aucune projection. Est-ce que mon chiffre d’affaire va baisser de 20, 10 ou 15 % Je n’en sais rien."

Des îles vertes, autonomes et exemplaires

Le gouvernement grec entend en tout cas multiplier ces exemples d’îles vertes et autonomes dans l’archipel. Prochaine sur la liste : Chalki, à l’ouest de Rhodes, avec des fonds européens et un partenariat avec Citroën, soucieux lui aussi de verdir son image. 

Astypalea veut se tourner vers les nouvelles technologies sans abandonner ses traditions
Astypalea veut se tourner vers les nouvelles technologies sans abandonner ses traditions Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

"Cela ne va pas révolutionner le monde, philosophe Giannis Koufalitakis, ingénieur, amoureux de l’île depuis de longues années. Mais ça pourrait donner un exemple. Montrer que l'on peut utiliser les énergies renouvelables sans abîmer la nature et en même temps prouver que, en commençant par un petit endroit, une petite agglomération, on pourrait peu à peu rendre notre planète un peu plus amicale".

Giannis Koufalitakis, ingénieur amoureux de l'île d'Astypalea, espère que l'île deviendra un modèle
Giannis Koufalitakis, ingénieur amoureux de l'île d'Astypalea, espère que l'île deviendra un modèle Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

Plus amicale mais aussi plus vivable. Depuis la jetée du petit port de Maltezana, balayée par les vents, le capitaine Antonis met en garde. 

Sur le port de Maltezana
Sur le port de Maltezana Crédits : Marie-Pierre Vérot - Radio France

"La planète devient folle", soupire-t-il. Les pluies, soudaines et brutales, les vents qui soufflent en bourrasque... il n’a jamais connu autant de violence des éléments. "Protéger l’environnement doit être la priorité des priorités. Si nous n’en prenons pas soin, nous serons finis. Tout sera fini. La nature a tiré la sonnette depuis bien des années mais malheureusement nous n’y prêtons pas attention."

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