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le site de Bayer à Berlin, 23 avril 2019

Bayer-Monsanto : un rachat qui passe mal auprès des actionnaires

3 min
À retrouver dans l'émission

L'assemblée générale du groupe agro-chimique allemand Bayer devrait se dérouler ce vendredi 26 avril à Bonn dans une ambiance particulièrement tendue. Plus de 30 milliards d'euros de valeur boursière ont été perdus depuis le rachat du semencier américain Monsanto l'an dernier, en juin 2018.

le site de Bayer à Berlin, 23 avril 2019
le site de Bayer à Berlin, 23 avril 2019 Crédits : Ludovic Piedtenu - Radio France

L'action Bayer a perdu plus d'un tiers de sa valeur, faisant chuter la capitalisation boursière du groupe d'environ 30 milliards d'euros. Une dégringolade causée par la décision d'un jury aux Etats Unis en août dernier, selon lequel le chimiste allemand pouvait être tenu responsable du manque d'informations fournies par Monsanto au sujet des risques présumés de cancer liés à son herbicide Roundup. Et il reste encore plus de 11 000 plaintes.

Certains actionnaires sont furieux. Ils auront l’occasion de le dire vendredi à Bonn lors de l’assemblée générale de Bayer.

Mais ce sont aussi de nombreux Allemands qui jugent ce rachat dangereux. 

On parle d’une entreprise cotée en bourse, qui fait partie du DAX. C’est donc important pour l’économie allemande. Je pense que c’est un gâchis causé par les gérants de Bayer. Ces personnes devraient se retrouver devant un tribunal, c’est mon opinion personnelle, parce que c’est un crime contre l’Humanité, ça va contre l’économie et le bon sens. C’était une erreur oui ! Pour moi, cela ne donne pas une bonne image de l’Allemagne dans le monde. Je lis beaucoup les nouvelles et je sais que Bayer emploie de très nombreuses personnes. Il y a des familles en jeu. Ce qui veut dire qu’il faut mettre les bonnes personnes pour diriger cette société afin que de telles erreurs ne se reproduisent pas, estime un riverain du site Bayer de Berlin.

C’est donc Werner Baumann, le PDG de Bayer qui se retrouve en position d’accusé par certains actionnaires parmi lesquels des associations qui combattent la politique de l'entreprise.

"On leur avait bien dit", s’agace Marius Stelzmann, il dirige la coordination contre les méfaits de Bayer.

L’industrie chimique cherche depuis 2010 à établir des positions monopolistiques par le biais de fusions. Bayer a voulu rester dans la course et ne pas se laisser distancer par d’autres grandes sociétés, d’où ce rachat. Cependant, tous les problèmes étaient évidents assez tôt et nous, en tant que coordination, nous avons bien sûr alertés dès le début. La meilleure chose à faire serait qu’une grande partie des actionnaires rejoignent notre position et nos critiques. Mais cela me semble peu probable, malheureusement.

Cette "coordination contre Bayer" possède, après plus de 30 ans de combat, suffisamment d’actions pour intervenir lors des assemblées générales. Au même titre que d’autres actionnaires… Marius Stelzmann monte à la tribune, pointe les responsabilités des dirigeants, critique la politique de l’entreprise.

Il sera vendredi moins seul que d’habitude. Certains actionnaires historiques pourraient ne pas accorder le quitus au directoire lors du vote final. 

A moins que le PDG Werner Baumann ne parvienne à les convaincre ? 

Lena Michelsen travaille au sein de l’organisation INKOTA. Elle milite pour une politique agricole et commerciale équitable et interviendra elle aussi à la tribune de l’assemblée générale.

Je vois dans ce rendez-vous de vendredi une grande opportunité car Bayer fait l’objet de vives critiques et je pense qu'il est important que les actionnaires, mêmes les moins informés, soient sensibilisés sur les aspects problématiques du groupe Bayer, avec ou sans Monsanto. Peut-être qu’ils vont finir par se réveiller et voir ce qui ne va pas !

Le groupe Bayer publiera ses résultats demain, à la veille de cette assemblée générale. On sait déjà que l’entreprise a perdu plus de 30 milliards d’euros de valeur boursière. Bayer vaut aujourd’hui 52 milliards d’euros, soit un petit peu moins que les 56 milliards qu’il a déboursés pour le rachat de Monsanto.

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