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Atterrissage d'un avion de ligne à l'aéroport de Nantes Atlantique. /Photo d'illustration

Comment l'épidémie de coronavirus rend visible notre dépendance économique

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L'épidémie de coronavirus en Chine a des conséquences sur la croissance économique mondiale. Pharmacie, tourisme, industrie... la France n'est pas épargnée. Une crise qui permet d'interroger certaines formes de dépendance à la mondialisation économique.

Atterrissage d'un avion de ligne à l'aéroport de Nantes Atlantique. /Photo d'illustration
Atterrissage d'un avion de ligne à l'aéroport de Nantes Atlantique. /Photo d'illustration Crédits : Franck Dubray - Maxppp

Un virus frappe la Chine et c'est toute la planète économique qui tousse. Dimanche, la directrice du FMI, a expliqué que les conséquences du coronavirus pourraient se faire ressentir à très grande échelle. La croissance économique mondiale pourrait même être réduite de 0,2 point. La France n'est pas épargnée, au contraire. Tourisme, pharmacie, industrie... Les liens économiques sont nombreux avec le géant chinois.

Dans le tourisme : la Chine est à l'origine de 7% des recettes de la France. Plus de 2 millions de touristes chaque année qui génèrent quatre milliards d'euros de recette. L'épidémie inquiète donc Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises de voyage, qui craint des conséquences à long terme. 

"Il y a un arrêt de la fréquentation touristique. Mais en plus des annulations à court terme, les Chinois ont en ce moment la tête ailleurs et ne réservent pas pour la période d'été", explique-t-il.

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Didier Kling, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris

Du côté des transporteurs aériens, l'épidémie de coronavirus pose aussi bon nombre de problèmes. La compagnie Air France-KLM, a tout bonnement suspendu l'intégralité de ses vols à destination de la Chine. C'est tout de même 26 liaisons, chaque semaine, et un manque à gagner sur un débouché stratégique pour Air France. Anne Rigail, la directrice générale, s'en explique au micro de Hakim Kasmi : 

"Il y a bien sûr un impact important, car la Chine représente 4,5% du chiffre d'affaires d'Air France-KLM. La Chine est également l'usine du monde, ce qui aura des répercussions sur de nombreux transports d'hommes et de marchandises". 

L'activité touristique tourne donc au ralenti... Mais pas seulement : la Chine est aussi un pays important pour l'industrie française. Toute la chaîne de valeur est perturbée par l'épidémie. C'est le cas par exemple dans l'automobile. Renault est concernée en premier lieu, puisque la marque possède des usines à Wuhan, le foyer de l'épidémie. 

Des conséquences à relativiser mais des relations de dépendance

Cependant il faut relativiser selon les économistes. Si cette crise heurte de plein fouet des secteurs bien précis, elle reste relativement négligeable au niveau macroéconomique.  Mais l'épidémie de coronavirus a au moins un intérêt : celui de rendre visible l'ampleur de certaines dépendances économiques.

"Cela interroge sur les secteurs pour lesquels on peut se permettre d'être dépendant de l'étranger, et ceux pour lesquels cela représente un risque", explique Mary-Françoise Renard, professeure à l'université de Clermont-Ferrand et spécialiste de l'économie chinoise. "_Que l'on ne puisse plus importer de chaussures de sports ou de décoration de Noël, ce n'est sûrement pas très grave_. Mais cela devient plus problématique quand il s'agit de médicaments..." La Chine est en effet un important fournisseur de l'industrie pharmaceutique. 

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