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Après une année difficile, les écoles profitent du déconfinement pour organiser des kermesses ou au moins des moments festifs avec les enfants.

Dans les écoles primaires, la kermesse comme moyen de finir l'année presque normalement

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Entre confinements et couvre-feux, cette année a été éprouvante pour les enfants. Maintenant que la situation s'apaise, certaines écoles veulent retrouver une vie normale et organisent une kermesse - ou au moins un moment festif avec les enfants - dans le respect des règles sanitaires.

Après une année difficile, les écoles profitent du déconfinement pour organiser des kermesses ou au moins des moments festifs avec les enfants.
Après une année difficile, les écoles profitent du déconfinement pour organiser des kermesses ou au moins des moments festifs avec les enfants. Crédits : Naemie Bourtin / Le Pictorium - Maxppp

La crise sanitaire a beaucoup affecté les enfants. Port du masque obligatoire, distanciations, protocoles à respecter. Des mesures qui ont angoissé les plus jeunes. Mais avec le déconfinement et l'apaisement de la situation sanitaire, les enfants sont en demande de fête et les écoles veulent conclure l'année de manière plus normale avec une kermesse. 

A l'école Charles de Foucauld, dans le quatorzième arrondissement de Paris, la décision d'organiser une kermesse a été prise très en amont, en février. La directrice Sophie Monnin a voulu être prévoyante, car elle refusait de terminer une deuxième année sans un événement festif avec les enfants.

Avec l'association des parents d'élèves et une partie de l'équipe, on s'est dit qu'on ne pourrait pas décider d'une kermesse au dernier moment, lorsqu'on nous annoncera que ce sera possible. On avait eu l'expérience au fil de l'année que les décisions sont prises d'une semaine sur l'autre. Donc on a fait comme si c'était possible, avec les contraintes Covid au maximum. 

Pour que tout se déroule sans accroc, l'école a laissé les parents s'inscrire sur des créneaux d'une heure et demie, répartis entre 9 heures et 18 heures 30, avec 150 participants maximum par créneau - parents et enfants. Durant le créneau, les enfants profitent des jeux dispatchés dans toute la cour : pêche aux canards, chamboule-tout, châteaux gonflables, baby-foot géant. Par contre, pas de traditionnel spectacle sur scène, mais un flashmob au milieu de la cour !

Les enfants ont préparé une petite surprise sous forme de flashmob, qui se déclenche une dizaine de minutes avant la fin du créneau horaire. Ils vont tous se rassembler au milieu de la cour, danser et inviter leurs parents à les rejoindre, avant de quitter l'école en musique. Stéphanie Noukou, enseignante en CE1

Marquer la fin de l'année écoulée est un rituel important pour les enfants : on quitte sa maîtresse, ses copains, parfois même son école, ce sont des adieux qu'il faut formaliser pour accepter le changement. La kermesse devient donc le rendez-vous pour acter le changement de classe, voire de niveau. Mais c'est aussi un moyen pour les parents de découvrir le lieu de vie de leurs enfants.

La kermesse permet de changer le rapport à l'école pour beaucoup de familles éloignées de l'école. C'est le seul moment où elles peuvent entrer physiquement dans l'enceinte de l'école, où elles ont un rapport direct avec l'établissement scolaire. Ça permet de désacraliser la nature de l'école, pour des familles qui en ont une vision parfois compliquée. — Mourad Besbes, vice-président des parents d'élèves de la FCPE Paris

Des répercussions de la crise sanitaire

Pour certains enfants, les contraintes sanitaires ont été plus difficiles à vivre que pour d'autres. À l'école Simon Bolivar, dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, la directrice Laaldja Mahamdi, adhérente au SNUipp, voit des profils d'élèves très différents dont certains issus de familles très défavorisées qui vivent dans des hôtels sociaux ou des foyers d'urgence. Lors du premier confinement en mars 2020, elle a tenu à garder contact avec ces enfants, notamment par téléphone.

Le fait de les avoir au téléphone nous a permis de rentrer dans le quotidien de ces familles. On entendait pleurer, les mamans - qui sont souvent seules et isolées - nous demandaient de l'aide, parce que les enfants se tapaient la tête contre les murs. À ce moment-là, on ne pouvait pas sortir et ces enfants criaient, pleuraient ou se tapaient la tête contre les murs pour exprimer leur mal-être.

Ces crises de violence liées à l'enfermement ont eu des répercussions à la rentrée sur le comportement des enfants en classe. Laaldja Mahamdi et son équipe ont dû redonner un cadre scolaire à ces enfants très fragiles qui avaient eu des difficultés à suivre les cours à distance. D'où la nécessité pour elle de garder les écoles ouvertes à tout prix ! Car à travers les écoles, les enfants travaillent ensemble, mais apprennent surtout à sociabiliser et à jouer ensemble.

Côté réglementation des kermesses, les mesures vont s'assouplir au 1er juillet : elles pourront se tenir en intérieur, avec un public debout et une jauge de 4m2 par personne.

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