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Le croisement où est mort George Floyd à Minneapolis (Minnesota) est devenu un mémorial

Élection présidentielle américaine : Black votes matter

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Donald Trump ou Joe Biden ? La présidentielle américaine se boucle ce mardi dans les bureaux de vote. Les experts s’attendent à une participation inédite depuis plus d’un siècle. Mais les électeurs noirs vont-ils se mobiliser ?

Le croisement où est mort George Floyd à Minneapolis (Minnesota) est devenu un mémorial
Le croisement où est mort George Floyd à Minneapolis (Minnesota) est devenu un mémorial Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Donald Trump va-t-il repartir pour quatre ans à la Maison Blanche ? Les Américains qui n'ont pas voté de manière anticipée sont attendus dans les bureaux de vote ce mardi 3 novembre pour élire leur Président. D'après les experts, la participation s'annonce record. Mais une question se pose : les électeurs afro-américains vont-ils se mobiliser ? Il y a quatre ans, en 2016, un peu moins de 60% des électeurs noirs s'étaient déplacés, soit sept points de moins par rapport à l'ère Obama. Après la mort de George Floyd, cet homme noir étouffé par le genou d’un policier blanc, l’Amérique s’est embrasée. Et cet électorat semble s’être remobilisé. 

Devant la fresque qui représente George Floyd, au croisement de Chicago Avenue et de la 38e rue de Minneapolis, dans le Minnesota, un petit garçon se fait prendre en photo. Les lieux sont sanctuarisés, la circulation est coupée. Des bougies, des dessins, des petits mots s'accumulent, et de grandes affiches réclament justice. Au milieu de tout cela, cet enfant sourit, le poing levé. Sa mère tient à lui expliquer ce qui est arrivé. "George Floyd était l'un des nôtres, il n'avait rien fait, et la police l'a tué", résume Arreal Nelson à son fils de 7 ans. Cette Afro-américaine de 30 ans ne comprend plus son pays. 

Arreal Nelson devant le poing levé installé au croisement de Chicago Avenue et de la 38è rue à Minneapolis, là où est mort George Floyd
Arreal Nelson devant le poing levé installé au croisement de Chicago Avenue et de la 38è rue à Minneapolis, là où est mort George Floyd Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

On doit surveiller nos arrières. Qui me dit qu'un jour la police ne va pas tuer un de mes fils ? On dirait qu'elle veut tuer tous les noirs. C'est la guerre, et c'est juste dingue. Je veux que Trump dégage, qu'on puisse vivre nos vies". Arreal Nelson

Leonard Sharp, la trentaine lui aussi, est également venu se recueillir sur ces lieux symboliques. Cet Afro-américain ne le dit pas trop fort, mais il soutient le président actuel. Il attend du changement pour la communauté noire, mais il préfère l'attendre avec Donald Trump. 

Le racisme, l'injustice, il faut que ça change, que les pratiques changent. Etre noir en Amérique, c'est dangereux : tous les jours, c'est l'inconnu, vous pouvez être abattu. Face à cela, les démocrates n'ont rien fait par le passé. Trump, on ne sait pas trop ce qu'il fait, mais c'est un moindre mal". Leonard Sharp

Leonard Sharp ne veut pas le dire trop fort, mais il soutient Donald Trump, un "moindre mal" selon lui
Leonard Sharp ne veut pas le dire trop fort, mais il soutient Donald Trump, un "moindre mal" selon lui Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Les deux candidats cherchent à séduire les électeurs afro-américains

Ce n'est pas la position de la famille Floyd. Joe Biden a reçu le soutien public, précieux, et mis en avant dans un spot publicitaire par son équipe de campagne, de la soeur de George Floyd. Pour Bridgett Floyd, "Joe Biden est le changement dont nous avons besoin". Grâce à ce type de message, les démocrates espèrent remobiliser les 30 millions de Noirs américains.

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Mais Donald Trump a lui aussi ses arguments. "Personne n'a fait autant pour la communauté noire que Donald Trump, à l'exception d'Abraham Lincoln, personne n'a fait autant que moi", a déclaré l'actuel Président lors d'un récent débat télévisé. Une phrase qui fait bondir Michael Scumacher, un écrivain reconnu dans le Wisconsin, installé à Kenosha. "Personne n'a fait autant que lui pour détruire ce pays", rétorque-t-il.

La ville de Kenosha toujours barricadée

Du haut de ses 70 ans, Michael Schumacher garde en tête les émeutes de la fin de l'été à Kenosha. "La ville était en flammes. En même temps, quand vous avez un policier qui tire sept fois dans le dos d'un homme devant ses enfants, forcément, cela a de quoi énerver"

Michael Schumacher (à droite), un écrivain de Kenosha
Michael Schumacher (à droite), un écrivain de Kenosha Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Cet homme, dont parle Michael Schumacher, c'est Jacob Blake, un Noir américain de 29 ans, aujourd'hui hémiplégique après avoir été la cible de tirs par un policier le 23 août dernier sous les yeux de ses trois fils assis dans la voiture. Un couteau a été retrouvé sur le plancher du véhicule selon les autorités. "Justice pour Jacob", peut-on lire sur les barricades encore posées sur les fenêtres des commerces du centre-ville, sur certaines carcasses de voitures brûlées également, témoins d'une ville tranquille qui s'est soulevée au mois d'août. 

Barricades et voitures brûlées : Kenosha (Wisconsin) porte encore les traces des émeutes qui ont secoué la ville cet été.
Barricades et voitures brûlées : Kenosha (Wisconsin) porte encore les traces des émeutes qui ont secoué la ville cet été. Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Ces émeutes, les Républicains de Kenosha capitalisent dessus. Erin Decker, la représentante locale du parti de Donald Trump assure que depuis les violentes manifestations qui ont suivi l'affaire Jacob Blake, "des démocrates ont décidé de voter pour Trump"

La plupart des gens savent qu'ils ont besoin de loi et d'ordre, et ce qui s'est passé à Kenosha rappelle simplement que les forces de l'ordre doivent être soutenues car ce sont elles qui nous protègent, nous avons besoin d'elles". Erin Decker

Erin Decker, représentante du parti républicain à Kenosha (Wisconsin)
Erin Decker, représentante du parti républicain à Kenosha (Wisconsin) Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Un discours balayé par Gregory Bennett Jr. Cet Afro-américain de Kenosha ne sort plus sans son arme. "Si on croit qu'on peut me tirer dessus, on se trompe, dit-il, je tirerai en retour, je tirerai peut-être même le premier". Président de l'association Peace in the streets, il a arpenté les rues de sa ville pendant des semaines pour inscrire les habitants sur les listes électorales. Il assure en avoir inscrit des centaines. 

Il faut s'exprimer. Tu ne peux pas te plaindre si tu ne te bouges pas. On ne peut pas dire 'je n'en peux lus de ce président', tout en restant assis sur son canapé. Exprimez vous, vos voix comptent. C'est le peuple qui choisit le Président, c'est le peuple qui contrôle ce qui se passe aux Etats-Unis". Gregory Bennett Jr.

Gregory Bennett Jr., le président de l'association Peace in the Streets à Kenosa
Gregory Bennett Jr., le président de l'association Peace in the Streets à Kenosa Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Et comme un écho aux propos de Gregory Bennett Jr., dans les discours des uns et des autres, on entend régulièrement désormais, calqué sur le nom du mouvement Black Lives Matter (les vies noires comptent), Black Votes Matter (les votes noirs comptent).

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