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"Pour ou contre l'interdiction définitive du glyphosate en Europe en 2023 ?". Question qui ferait presque l'unanimité parmi les têtes de listes.

Élections européennes : et soudain, tout le monde est écolo

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À 27 jours très précisément du scrutin européen, presque tous les partis français en campagne l'affirment : l'écologie est une priorité ! Chacun tour à tour évoquant la biodiversité, le climat ou encore les circuits courts, toutes les têtes de listes expliquent vouloir s'emparer de la problématique.

"Pour ou contre l'interdiction définitive du glyphosate en Europe en 2023 ?". Question qui ferait presque l'unanimité parmi les têtes de listes.
"Pour ou contre l'interdiction définitive du glyphosate en Europe en 2023 ?". Question qui ferait presque l'unanimité parmi les têtes de listes. Crédits : Capture d'écran France 2

Qui dit élections européennes dit forcément écologie. En témoigne le score du parti Europe Ecologie Les Verts en 2009 avec plus de 16% des suffrages obtenus, ou même, dans une moindre mesure, en 2014 ou les écologistes avaient rassemblé près de 9% des votes. Cette année, à gauche comme à droite, il semble que chacune des listes ait décidé de verdir son projet. Mais il serait plus juste de parler "d'écologies", au pluriel, tant les visions et les solutions divergent... 

"L'écologie peut rimer avec l'économie"

Ce mardi 23 avril au Centre des congrès de Caen, républicains et centristes avancent en rang serrés pour le véritable lancement de campagne de François-Xavier Bellamy. Avec à la tribune, plusieurs minutes accordées à la question écologique, notamment pour dénoncer une "écologie devenue idéologie, une écologie de posture". 

La tête de liste le reconnaît lui-même, la thématique n'a peut-être pas assez été traitée à droite ces dernières années... cette fois-ci, François-Xavier Bellamy prône une barrière écologique, des droits de douane sur les produits importés qui ne respecteraient pas les même normes que celles en vigueur à l'échelle européenne. L'écologie, vue toujours à travers la question des normes qui freineraient le développement agricole...   

L'écologie peut rimer avec l'économie, ce qui suppose de s'appuyer sur une qualité agricole, nous avons l'agriculture qui applique les standards les plus élevés au monde. On ne peut pas en rester non plus à cette logique de critique systématique de l'agriculture européenne et française parce que c'est dans cette critique que se joue le fait que malheureusement, on incite une production écologiquement moins vertueuse à prospérer via les importations qu'on organise nous-même.

L'écologie toujours indissociable de l'économie. Et désormais indissociable aussi des racines côté extrême-droite. Dans son programme, le Rassemblement national prône le localisme, la consommation de proximité. Une sorte "d'écologie-identité", écologie des territoires, localisée. Pour l'un des porteurs de l'idée et 5e sur la liste conduite par Jordan Bardella, Hervé Juvin, si le problème est global, la réponse ne peut être que locale...   

Sauver la planète n'a pas de sens ! C'est l'humanité qu'il faut sauver. Le localisme, c'est le retour au territoire, nous n'en avons pas fini avec la terre qui est sous nos pieds. Nous sommes de quelque part. Ce lien là me paraît essentiel et quand on veut le rompre, on porte quelque part atteinte à la personne humaine. 

Pour La République en Marche, la logique de protection doit se faire, mais à l'échelle européenne, par la contrainte sur les produits importés. Et à l'intérieur du marché européen, par une nouvelle ventilation des crédits comme l'explique Nathalie Loiseau, tête de liste de la liste Renaissance.  

Les dépenses du budget européen doivent être davantage orientées vers la transition écologique. Mais ce que nous disons aussi, c'est qu'il faut orienter l'épargne des Européens. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est une banque du climat qui puisse pousser les banques partout en Europe à financer l'efficacité énergétique, les renouvelables, les transports propres. 

Nouveau budget, nouvel impôt ?

L'investissement dans la transition écologie, l'essayiste Raphaël Glucksmann y serait plutôt favorable, même si c'est loin d'être suffisant. La tête de liste Place-Publique Parti Socialiste réclame un nouveau budget européen consacré à la transition énergétique, financé par un nouvel impôt sur les sociétés.  

L'enjeu pour nous est de créer un impôt sur les bénéfices des sociétés. En Europe, l'impôt moyen sur les bénéfices des sociétés est équivalent à celui qui a lieu aux Etats-Unis, même après le Big Bang libéral de Trump. Si on veut une Europe qui transforme nos sociétés dans un sens économique et social, alors il va falloir plusieurs séries de ruptures...

L'écologie vue à travers le prisme de l'économie, de la fiscalité, de l'identité : pour le candidat Europe Ecologie Les Verts Yannick Jadot, le problème est pris à l'envers...   

Qu'elle devienne la matrice à travers laquelle on redéfinit l'économie, on redéfinit l’aménagement du territoire, on redéfinit la démocratie... Toutes les politiques publiques doivent répondre à l'objectif du climat.

L'écologie et l'Europe Fédérale

L'écologie protéïforme n'est pas nouvelle, loin de là. C'est ce qu'explique le sociologue du politique Erwan Lecoeur. Et ce n'est pas un hasard si cette question revient régulièrement à l'approche des élections européennes...   

En gros, il y a les "Fundis" et les "Réalos" à la mode allemande... Les fondamentalistes écologistes qui pensent qu'il faut changer la société radicalement et les réalos qui pensent qu'il faut s'introduire dans le système politique tel qu'il existe et changer les choses de l'intérieur... Principalement l'écologie politique est plutôt de gauche, plutôt solidaire et européenne également. C'est aussi pour cela qu'au moment des européennes les écologistes sont assez forts parce qu'il y a un double-vote, à la fois sur l'écologie mais aussi sur l'Europe Fédérale

Et s'il plane encore un doute sur le taux de participation à ces élections européennes, un récent sondage publié par le parlement européen faisait du changement climatique la deuxième priorité des français, juste derrière la question du chômage des jeunes...

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