LE DIRECT
Affiches de campagne à Marseille

Élections régionales : trois jours en PACA

4 min
À retrouver dans l'émission

Ce second tour des régionales en PACA est marqué par des coups de théâtre : depuis dimanche, on est passé d'une triangulaire à un duel en raison des hésitations du troisième homme de cette élection.

Affiches de campagne à Marseille
Affiches de campagne à Marseille Crédits : Antoine Marette - Radio France

Dimanche soir, au QG de Renaud Muselier, la cinquantaine de militants accueille le président sortant comme une rock star : les premières estimations du premier tour le donnent au coude à coude avec Thierry Mariani. Certaines lui accordent même une légère avance. De quoi redonner le moral à ses troupes, après une série de sondages médiocres pour Renaud Muselier.

Renaud Muselier à son QG marseillais le soir du premier tour
Renaud Muselier à son QG marseillais le soir du premier tour Crédits : Antoine Marette - Radio France

Mais dans la soirée, l’ambiance retombe à droite, quand le troisième homme de cette élection, le Vert Jean-Laurent Félizia, annonce qu’il maintient sa candidature :

Nous continuerons à faire campagne pour nos idées, nos valeurs, pour notre projet : pour l'emploi, le climat et le services public. Nous serons une opposition claire et déterminée au service des ces idées... Le 27 juin, avec les candidates et les candidats du Rassemblement écologique et social, vous porterez au Conseil régional une équipe prête à vous défendre.

Pas de front républicain, et donc, une triangulaire : c’est une très mauvaise nouvelle pour Renaud Muselier… D’autant plus que pendant la nuit, les résultats de ce premier tour s’affinent. Thierry Mariani est désormais 4 points et demi au-dessus de son rival. 

Les états-majors du PS et des Verts demandent à Jean-Laurent Félizia de se retirer. Il est même menacé d’exclusion de son parti. Et pourtant le lendemain matin, sur l’antenne de France Bleu Azur, il persiste et signe

Je ne lâcherai pas mes électrices et mes électeurs. Depuis hier soir, je n'ai pas cessé de recevoir des messages d'encouragements pour tenir : "Vous n'avez pas le droit de nous abandonner".

La triangulaire semble donc confirmée… Sur le Vieux Port de Marseille, le candidat du RN a laissé tomber le masque. Thierry Mariani ne cache pas son sourire. Il attaque Renaud Muselier et épargne Jean-Laurent Félizia.

J'avais discuté avec un certain nombre de personnes de son entourage. Ce sont des gens qui ont des convictions, et surtout, qui se sont aperçus qu'il y a six ans, ils se sont fait avoir. Que la gauche ait envie d'exister au Conseil régional, d'être représentée, de pouvoir par moments défendre ses idées, c'est logique ! Je ferais pareil si j'étais troisième. Je suis peut-être un vieux ringard mais je pense que la politique ça consiste à défendre des idées, et que un moment, on ne peut pas - communistes, socialistes, républicains, En marche ! - être tous ensemble, avec comme seul projet de nous faire barrage.

Thierry Mariani, sur le Vieux Port de Marseille, au lendemain du premier tour des régionales
Thierry Mariani, sur le Vieux Port de Marseille, au lendemain du premier tour des régionales Crédits : Antoine Marette - Radio France

Sauf que la pression est de plus en plus forte sur Jean-Laurent Félizia pour qu’il se retire : elle ne vient plus seulement de Paris, mais aussi de certains de ses colistiers. Vers 17h, il donne rendez-vous aux journalistes dans son QG marseillais. Dans une déclaration au ton très scolaire qui dissimule beaucoup d’émotion, il annonce son retrait.

Dans la nuit, nous avons eu des résultats définitifs. L'écart entre Renaud Muselier et le candidat d'extrême droite est hélas plus élevé que celui qui a été annoncé dans les premières heures de la soirée. Il nous a mis face à nos responsabilités. Avec cet écart et deux tiers des électeurs qui n'ont pas voté, ce second tour en PACA est incertain. C'est un choix déchirant qui s'est posé à nous tous, collectivement, ce midi. Dimanche, je voterai Renaud Muselier pour battre Mariani et sa triste cohorte.

Jean-Laurent Félizia annonce finalement son retrait depuis son QG marseillais
Jean-Laurent Félizia annonce finalement son retrait depuis son QG marseillais Crédits : Antoine Marette - Radio France

C’est un véritable coup de théâtre dans cette campagne de second tour : une triangulaire qui se transforme en duel… Voilà qui fait les affaires de Renaud Muselier. Le président sortant devient mécaniquement le favori de cette élection. Il salue la décision de son adversaire.

Monsieur Félizia est conforme à sa tradition historique, culturelle... C'est un homme de gauche, et la gauche, comme moi d'ailleurs, ne veut pas du Front national. Je lui ai dit que je saluais sa démarche, que je l'estimais, et que j'avais eu beaucoup de plaisir à échanger avec lui lors des débats. Le pauvre homme, il souffre ! C'est difficile ce qu'il a fait...

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Autre lieu, autre ambiance… Au même moment ce mardi matin, Thierry Mariani est au marché d’Aix en Provence. Le candidat du RN veut encore y croire, mais l’ambiance a pris un coup.

Le front républicain, il n'existe plus. De toutes façons, les électeurs qui doivent se retirer à chaque fois ont compris qu'ils se font trahir. La gauche est en train de se suicider une deuxième fois dans cette région pour en réalité appeler à voter pour le candidat de M. Macron. C'est quand même un peu cruel quand un électeur socialiste ou communiste ou même écologiste de se dire : "On va devoir faire en sorte que M. Macron puisse éventuellement sabler le champagne à l'Elysée". Donc moi, je me tourne vers ces électeurs qui ne sont pas allés voter en leur disant il y a une chance de gagner. Quand vous avez 66% d'abstentionnistes, vous avez des réserves immenses. Rien n'est joué et si vous prenez le temps d'aller voter, vous pouvez changer le sort de cette région. 

Rien n’est joué, mais Thierry Mariani le sait bien : en 2015, le front républicain a eu raison de Marion Maréchal Le Pen. Malgré ses près de 41% au premier tour, elle a largement été battue par la droite au second tour suite au retrait de la liste de gauche. Thierry Mariani lui, n’a obtenu dimanche dernier qu'un peu plus de 36% des voix. 

Intervenants
  • député européen du Rassemblement national, ancien ministre et ancien député Les Républicains des Français de l'étranger
  • député UMP des Bouches-du Rhône
L'équipe
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......