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Les candidats aux élections sénatoriales dans les Côtes d'Armor multiplient les déplacements à la rencontre des grands électeurs du département.

Elections sénatoriales dans les Côtes d'Armor : la gauche est divisée et la droite se déchire

5 min
À retrouver dans l'émission

La moitié du Sénat sera renouvelé ce dimanche 27 septembre, soit 172 sièges sur 348. Dans les Côtes d'Armor, trois postes sont à pourvoir. La gauche, qui en détient deux, n'a pas pleinement réussi à faire l'unité. La droite va tenter de sauver son unique siège mais se déchire entre deux candidats.

Les candidats aux élections sénatoriales dans les Côtes d'Armor multiplient les déplacements à la rencontre des grands électeurs du département.
Les candidats aux élections sénatoriales dans les Côtes d'Armor multiplient les déplacements à la rencontre des grands électeurs du département. Crédits : Stéphane Robert - Radio France

Les températures sont encore estivales dans les Côtes d'Armor. Mais pour les candidats aux élections sénatoriales, les vacances sont un lointain souvenir. Depuis la fin du mois d'août, ils battent la campagne. Ils multiplient les déplacements à la rencontre des grands électeurs qui vont élire les trois sénateurs du département. 

Jusqu'à six communes visitées par jour 

Les candidats se répartissent sur six listes différentes. Depuis plusieurs semaines, ils visitent parfois jusqu'à cinq ou six communes dans la même journée.

Le candidat centriste soutenu par La République En Marche, Cyril Jobic, 35 ans, se présente comme un élu local, maire de la commune de Calhanel, et sans véritable attache partisane.

- "Politiquement, je me présente comme quelqu'un d'une petite commune rurale qui a envie de porter la voix de son territoire à Paris, au Sénat", explique Cyril Jobic.

- Vous ne faites pas forcément valoir votre étiquette politique ? 

- "Non, ce n'est pas une priorité."

Le candidat centriste, Cyril Jobic, face aux grands électeurs de la commune d'Evran
Le candidat centriste, Cyril Jobic, face aux grands électeurs de la commune d'Evran Crédits : Stéphane Robert - Radio France

Le clivage droite / gauche garde pourtant tout son sens dans ce scrutin local qui est une traduction politique des municipales, les grands électeurs étant à 95% des maires et des conseillers municipaux

Avantage à gauche mais sans union avec les écologistes 

Dans ce contexte, la gauche a le vent en poupe. Elle a conquis plusieurs villes, notamment le chef lieu du département, Saint-Brieuc, et pourrait espérer, en plus des deux sièges qu'elle détient déjà, conquérir le troisième. Mais si les communistes ont accepté la proposition d'alliance des socialistes, les écologistes, en revanche, l'ont refusé parce qu'ils ont dans l'idée de faire une liste autonome aux élections régionales en mars prochain. 

Michel Forget, conseiller municipal d'opposition à Dinan et candidat écologiste aux sénatoriales, affirme se présenter pour :

Pour pouvoir se compter en quelque sorte. Beaucoup de conseillers, adjoints et grands électeurs ont été élus dans des communes où il n'y a pas d'étiquette politique. Et donc, de savoir que, dans les Côtes d'Armor, il y a je ne sais pas combien de grands électeurs qui auront voté ouvertement pour les écologistes et régionalistes, je pense que ce n'est pas inintéressant.

Michel Forget, candidat EELV aux élections sénatoriales
Michel Forget, candidat EELV aux élections sénatoriales Crédits : Stéphane Robert - Radio France
les candidats PCF, Gérard Lahellec, et PS, Annie Le Houérou, face aux grands électeurs de La Roche-Jaudy
les candidats PCF, Gérard Lahellec, et PS, Annie Le Houérou, face aux grands électeurs de La Roche-Jaudy Crédits : Stéphane Robert - Radio France

Annie Le Houérou, ex-députée et ancienne maire de Guingamp, tête de liste socialiste aux sénatoriales :

Je regrette, bien sûr, que nous n'ayons pas conclu pour les sénatoriales. Mais c'est un continuum. Il y a des départementales qui arrivent, des régionales. Donc nous avons encore le temps. La main reste tendue. Nous continuons à travailler sur le sujet pour les échéances à venir et pour 2022.

Les sénatoriales sont la première étape d'une guerre de succession à droite

En face, la droite est, elle aussi, divisée. On peut même dire qu'elle se déchire.  

D'un côté, le président du département, Alain Cadec a décidé de se présenter sans l'aval de son parti Les Républicains.

Alain Cadec, président du département des Côtes d'Armor, candidat aux sénatoriales
Alain Cadec, président du département des Côtes d'Armor, candidat aux sénatoriales Crédits : Stéphane Robert - Radio France

Il était député européen. Il a été battu en 2019. Il estime avoir été trahi par Laurent Wauquiez qui lui avait offert une pauvre 13e place aux élections européennes sur la liste de François Xavier Bellamy. Les sénatoriales représentent, pour lui, un moyen de prendre sa revanche.

- "Si je n'ai pas été réélu au parlement européen, c'est parce que j'ai été victime d'une injustice", explique Alain Cadec. "La commission d'investiture du parti m'avait placé en treizième position alors que, modestement, je pense que je pouvais prétendre à être au moins dans les cinq premiers. Donc je n'ai pas vocation à passer pour un con tous les mois de juin."

Face à lui, le parti "Les Républicains" a investi Thibaut Guignard, 39 ans, vice-président du département et maire de Ploeuc-L'Hermitage. Il mène une campagne assidue et fait valoir sa légitimité :

Nous sommes la liste qui a obtenu l'investiture du principal parti de la majorité sénatoriale qui est conduite par Gérard Larcher. François Baroin, qui est le président de l'Association des Maires de France, m'apporte aussi son soutien. Donc nous sommes la liste officielle. On annonce où on sera demain, avec qui on travaillera et ce qu'on a envie d'y faire.

Thibaud Guignard (à gauche) face au maire de Langoat, Hervé Delisle (de face)
Thibaud Guignard (à gauche) face au maire de Langoat, Hervé Delisle (de face) Crédits : Stéphane Robert - Radio France

Cette division affaiblit la droite mais elle est le fruit d'un affrontement inévitable que le directeur du quotidien Ouest France dans les Côtes d'Armor, Joel Bigorgne, qualifie de générationnel :

Il y a une guerre de succession à droite dans les Côtes d'Armor et les sénatoriales en sont la première étape. (Joël Bigorgne, directeur départemental du quotidien Ouest France)

Une sixième liste, étiquetée "Rassemblement National" et menée par Gérard de Mellon, peut espérer recueillir quelques voix mais n'a pratiquement aucune chance de décrocher un poste de sénateur. La Bretagne reste une "terre de mission" pour le parti de Marine Le Pen.

"Une bulle parisienne qui statue de loin"

Face à ces calculs et ces batailles politiques, les grands électeurs se montrent circonspects. Ils disent attendre, d'abord et avant tout, que leurs sénateurs fassent le lien entre Paris et les territoires. Mais ils ont parfois du mal à comprendre ce que les futurs élus vont aller faire au Sénat. 

"On n'a pas forcément le sentiment que le Sénat soit en contact avec la réalité de la vie des communes", explique Caroline Gaignot, grande électrice à Evran près de Dinan. Et d'ajouter :

J'ai l'impression que c'est une bulle parisienne qui statue de loin sur des dossiers qu'elle voit de loin. On a du mal à comprendre ce qui peut bien s'y passer. Pour les citoyens, en terme de compréhension, c'est difficile.  

Le 27 septembre, les 1 693 grands électeurs que comptent les Côtes d'Armor iront voter à Saint-Brieuc. Le vote est obligatoire

L'issue du scrutin comporte quelques incertitudes. Beaucoup de ces grands électeurs ne revendiquent aucune étiquette politique et environ 40% d'entre eux sont de nouveaux élus qui ont débuté leur mandat juste avant l'été, il y a seulement quelques mois.

La plage des Rosaires près de Saint-Brieuc
La plage des Rosaires près de Saint-Brieuc Crédits : Stéphane Robert - Radio France
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