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L'embouchure de la Somme, vue depuis Saint-Valery-sur-Somme, attend notamment les touristes franciliens et lillois, fuyant le couvre-feu durant les congés de la Toussaint.

En baie de Somme, les touristes très attendus pour les vacances de la Toussaint

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Durant ces congés, les restaurateurs et hôteliers comptent se refaire une santé après un printemps confiné. Dans les grandes villes concernées par le couvre-feu, c'est mission impossible. A l'inverse, dans l'arrière-pays, comme en baie de Somme, on compte sur la venue des citadins.

L'embouchure de la Somme, vue depuis Saint-Valery-sur-Somme, attend notamment les touristes franciliens et lillois, fuyant le couvre-feu durant les congés de la Toussaint.
L'embouchure de la Somme, vue depuis Saint-Valery-sur-Somme, attend notamment les touristes franciliens et lillois, fuyant le couvre-feu durant les congés de la Toussaint. Crédits : Thomas Giraudeau - Radio France

En baie de Somme, on oscille entre confiance et incertitudes sur ces vacances de la Toussaint.  

L'absence des touristes étrangers, notamment belges

A l'heure du déjeuner, le restaurant du Port et des Bains, à Saint-Valery-sur-Somme, est plutôt bien garni. Une vingtaine de couverts, inondés par le soleil, avec vue directe sur la baie de Somme. Mais du côté des hébergements, c'est la grisaille. Beaucoup de clés restent accrochées au mur de la réception, derrière le maître d'hôtel, Frédéric. 

"Pour l'instant, on est en baisse, 30% de réservations en moins par rapport à la même période l'année dernière", déplore-t-il. 

On est comme tout le monde, dans l'inconnu. Et on attend de voir ce que les gens vont décider. S'ils veulent sortir ou bien rester chez eux. On ne peut rien prévoir malheureusement.

Cet hôtelier a perdu sa clientèle étrangère. Les Britanniques, les Allemands, mais surtout les Belges, bloqués ou poussés à rester chez eux par les restrictions Covid. Ce qui pénalise le commerce d'Annie. Elle vend des petits objets de créateurs locaux dans la rue principale de Saint-Valery-sur-Somme.  

Je travaille beaucoup avec les Belges et les Anglais. Nous n'avons pas eu un seul Britannique, quelques Belges. Faites les comptes. Les restaurants arrivent toujours à faire du chiffre mais moi je suis dans l'artisanat. Ce sont des achats coup de cœur et ce n'est pas forcément toujours possible. Disons que cette année on sauve les meubles, c'est déjà pas mal !

Un été historique dans la région 

Mais la baie de Somme est une région chanceuse. Elle a connu une fréquentation record cet été. Les citadins partant d'habitude à l'étranger sont venus en masse sur le littoral picard. Et les vacances de la Toussaint s'annoncent bonnes.

"Là où je reste optimiste, c'est que l'on retrouve les questions traditionnelles de nos visiteurs", explique Nicolas Méquin, le directeur adjoint de l'office de Tourisme de la baie de Somme. "Y a-t-il des activités nature ? Y a-t-il des événements qui sont maintenus ? Et puis on nous demande de l'hébergement, ainsi que ce qu'il y a à faire sur le territoire ou à voir. Cela me conforte dans l'idée que si la météo est de la partie pendant ces vacances, on aura assurément une fréquentation de proximité."

Nicolas Méquin, directeur adjoint de l'office de tourisme de la baie de Somme, anticipe de bonnes vacances de la Toussaint.
Nicolas Méquin, directeur adjoint de l'office de tourisme de la baie de Somme, anticipe de bonnes vacances de la Toussaint. Crédits : Thomas Giraudeau - Radio France

Des touristes de la région sont attendus, mais surtout des Franciliens, des Rouennais, des Lillois voisins, fuyant le couvre-feu en vigueur dans leur ville. Et n'habitant pas loin de la baie de Somme, à deux heures, deux heures et demi de route. Sébastien gère le restaurant Le Commerce, au Crotoy, à quelques encablures de la mer.

En plus de la clientèle que nous avons l'habitude d'avoir sur ces vacances-là, nous allons aussi avoir des gens qui vont se dire : "Bon, on a quelques jours où l'on ne travaille pas. Plutôt que de rester à la maison et d'être enfermé dès 21 heures, autant venir profiter du bon air de la baie de Somme." C'est vrai que jusqu'à maintenant, nous avons été privilégiés. La saison a été bonne. Nous espérons que cela continue et que les craintes actuelles ne fassent pas fuir nos clients. Parce que l'on risque d'avoir une partie de la population qui se dit que si de nouvelles mesures sont prises, c'est que la situation est grave et donc il faut peut-être moins sortir.

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Peggy Delaby, directrice de l'office du tourisme du Crotoy : "Nous sommes à deux heures de Paris, de Lille. Les familles ne vont pas vouloir rester enfermées chez elle."

Les prochains mois impossibles à anticiper

Dans ce contexte incertain, difficile de s'organiser pour embaucher du personnel. Exemple à l'hôtel des Tourelles, au Crotoy. "Aujourd'hui, on est sur de la dernière minute. Les gens agissent et réservent à la dernière minute parce qu'ils ne savent pas de quoi le lendemain sera fait", constate le directeur de l'établissement, Bertrand Halbwacks. "Il faut savoir qu'au niveau du personnel, durant les grosses périodes, on embauche des saisonniers. Là, on ne sait pas si on doit en prendre. Sans compter que trouver du personnel est difficile aujourd'hui. La difficulté est donc là. Recevoir dans les meilleures conditions sachant qu'on ne sait pas si on va travailler ou pas."

A l'hôtel Les Saules, Florence Caruso voit l'hiver avec inquiétude. Elle se demande jusqu'à quand l'Etat aidera le secteur en crise depuis le début de l'épidémie.
A l'hôtel Les Saules, Florence Caruso voit l'hiver avec inquiétude. Elle se demande jusqu'à quand l'Etat aidera le secteur en crise depuis le début de l'épidémie. Crédits : Thomas Giraudeau - Radio France

Pour les établissements qui ne sont pas en bord de mer, la situation est encore plus compliquée. Les inquiétudes sont plus fortes, même si les hôteliers ont mis en place toutes les mesures sanitaires nécessaires. Au domaine Les Saules, dans le petit village de Favières, à l'intérieur des terres, Florence Caruso a créé un sens de circulation. "Quand on a une chambre au rez-de-chaussée, on ne peut sortir que par les extérieurs. Afin d'éviter de croiser des clients et des membres du personnel."

Nous avons bénéficié du chômage partiel pour protéger nos salariés. Les diminutions de charge aussi. Mais on va voir si elles perdurent ou pas. Est-ce qu'elles vont suffire à assainir toutes nos charges fixes ? Je ne sais pas.

Les propos récents d'Emmanuel Macron ne sont pas de nature à la rassurer. Il faudra, a dit le Président, vivre avec le virus, au moins jusqu'à l'été prochain.

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