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La cité du Chêne Pointu à Clichy-sous-Bois où le film Les Misérables de Ladj Ly a en partie été tourné.

Entre clichés et fantasmes, la lente évolution de la représentation de la banlieue au cinéma

5 min
À retrouver dans l'émission

Le film "Bac Nord" de Cédric Jimenez sort ce mercredi en salle. Lors de sa diffusion au Festival de Cannes, un journaliste s'était offusqué de l'image caricaturale donnée aux habitants des quartiers. Une critique récurrente depuis l'émergence d'un genre cinématographique étiqueté banlieue.

La cité du Chêne Pointu à Clichy-sous-Bois où le film Les Misérables de Ladj Ly a en partie été tourné.
La cité du Chêne Pointu à Clichy-sous-Bois où le film Les Misérables de Ladj Ly a en partie été tourné. Crédits : Philippe Lopez - AFP

Inspiré de faits réels, le film Bac Nord, qui sort en salle mercredi 18 août 2021, retrace les dérives d'une unité de la Brigade anticriminalité qui ont provoqué un séisme au sein de la police nationale marseillaise en 2012. Réalisé par Cédric Jimenez, originaire de Marseille, le film, présenté hors compétition lors du Festival de Cannes en juillet dernier, a divisé. Salué par une partie du public cannois, il a suscité scepticisme et critiques chez d'autres spectateurs dont certains lui rapprochent un parti pris en faveur de la police et de perpétuer les clichés sur les banlieues.

Un journaliste irlandais de l'AFP a ainsi interpellé le réalisateur lors de la conférence de presse, reprochant l'image caricaturale donnée aux habitants des banlieues, systématiquement représentés "comme des bêtes" dans les films ou les médias français, selon lui. Ces critiques sur la représentation des quartiers populaires et de ceux qui y vivent ne sont pas nouvelles. Elles existent depuis l'émergence d'un genre cinématographique étiqueté "banlieue", dont les stéréotypes et fantasmes ont la vie dure. 

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D'une critique urbanistique à une critique de classe

Julien Neiertz, anthropologue social de formation est le cofondateur de Métropop'!, association qui ambitionne depuis dix ans de transformer les représentations de la banlieue et des quartiers populaires et de produire d'autres formes d'imaginaires en lien avec les habitants à travers plusieurs projets. Dans le film Tours et détours : 50 ans de banlieue au cinéma, l'association retrace en images l'évolution des représentations de la banlieue depuis les premiers films dans les années 1950. Une évolution qui s'est faite en deux temps, explique Julien Neiertz : "Jusque dans les années 1970, les réalisateurs, que cela soit Marcel Carné avec Terrain vague ou Jean-Luc Godard avec Deux ou trois choses que je sais d'elle, ou encore Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès, on est sur une critique de l'urbanisme des grands ensembles qui est forcément déshumanisant, dépersonnalisant voire pathogène, et dans lequel l'environnement urbain rompt avec les grands équilibres, avec le village d'antan, convivial, que l'on voit notamment dans Mon oncle de Jacques Tati : le vieux Saint-Ouen par rapport aux nouvelles constructions. Là, on a vraiment quelque chose qui s'écroule et qui fait s'écrouler les individus à l'intérieur qui vivent soit la misère sociale, soit une très grande violence, une violence qui se met en bande pour s'organiser. Mais on est sur une critique urbanistique et sociale. Or, à partir des années 1980-1990, c'est véritablement vers les individus et les individus d'une classe très particulière qu'est le jeune de banlieue, vers lequel le cinéma va se tourner et qui va focaliser l'attention médiatique aussi bien que les représentations."

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Le tournant de "La Haine" et l'essentialisation du "jeune de banlieue"

A partir des années 1980, on assiste à un tournant dans la production cinématographique, "qui correspond aussi à un tournant dans la société, poursuit Julien Neiertz, avec l'apparition du jeune de banlieue dans le premier film de Mehdi Charef en 1985, Le Thé au harem d'Archimède. Vient ensuite, celui de Jean-Claude Brisseau, De bruit et de fureur en 1988. Et dans les années 1990, un certain nombre de réalisateurs comme Jean-Claude Richet, Thomas Gilou, ou encore Malik Chibane et Karim Dridi vont surfer sur cette vague. En 1995, la sortie de La Haine cristallise cette apparition de cette jeunesse de banlieue comme étant une classe à part, incapable de s'adapter à la norme qui, avec son ethos de banlieue, constitue véritablement une sorte de classe différente. Donc, là, il y a vraiment un tournant", note l'anthropologue. Une bascule, là encore, fait écho aux bouleversements sociaux de l'époque puisque jusque dans les années 1980, "ces quartiers étaient plutôt des quartiers dans lesquels on accédait à quelque chose. C'était un peu cet âge d'or des grands ensembles, l'accès à l'eau chaude, au chauffage central, à des appartements qui étaient grands. La population hétérogène était peu confrontée au chômage. Or à partir des années 1980, le chômage de masse et les violences urbaines démarrent. La population des grands ensemble devient de plus en plus homogène et rencontre des difficultés sociales. C'est le moment où on invente la politique de la ville, et donc on va focaliser sur ces quartiers un certain nombre de problématiques, et au fur et à mesure de l'actualité, les rendre responsables de tous les maux de la société."

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L'échec comme récurrence 

Du film Casque d'Or réalisé par Jacques Becker en 1952 aux Misérables de Ladj Ly sorti en 2019, Julien Neirtz note ainsi des récurrences dans la manière de représenter ces quartiers au cinéma : "D'abord, il y a toujours l'échec collectif, l'échec des institutions, que ce soit l'école, la justice, la police, mais aussi le Pôle emploi. On montre toujours la faillite de ces institutions, leur incapacité à gérer une situation sociale compliquée, à gérer cette jeunesse, à faire leur travail de politique publique de manière efficace. Il y a aussi la faillite collective de la famille : ce sont toujours des familles en décomposition qu'on nous présente. Et puis, sur le plan collectif, il y aussi la faillite du quartier qui nous ramène toujours à notre destin social. Et là arrive le deuxième échec, sur le plan individuel. Malgré les tentatives d'extraction du quartier, il y a toujours une impossibilité. C'est toujours avorté dans la manière dont on va essayer de s'en sortir. Et donc, systématiquement dans ces films, on va voir des jeunes qui essayent par des moyens plus ou moins légaux, plus ou moins brillants, de sortir de leur situation et qui ne vont pas y parvenir. Jusqu'à la fin, on pense que cela va être possible, et puis, finalement, il n'y a pas de happy end dans les films de banlieue. Et tous ces éléments, on peut les retrouver encore dans les films d'aujourd'hui, que ce soit Divines ou Les Misérables, où, alors que tout se passait bien, on est finalement rattrapé par le quartier." 

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Les années 2000 et le renversement des stéréotypes

Des récurrences également repérées par Manon Grodner dans sa recherche Le "Cinéma de banlieue" : représentation des quartiers populaires ? publiée en 2020 chez L'Harmattan. Une étude qui s'appuie sur un ensemble de longs-métrages produits entre 1995 et aujourd'hui où Manon Grodner note une tendance à la féminisation des personnages. A travers Divines d'Houda Benyamina, Bande de Filles de Céline Sciamma ou encore dans une moindre mesure, Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, les personnages principaux ne sont plus des jeunes hommes de 20 ou 30 ans mais des femmes et parfois plus jeunes, de 13 à 18 ans. Une féminisation des rôles principaux à mettre en lien avec l'émergence de réalisatrices qui ont commencé, selon Manon Grodner, à s'emparer des réalités des quartiers. Des films également plus politiques d'après l'auteure qui souligne l'engagement de certains réalisateurs qui travaillent avec des acteurs non professionnels et introduisent de nouveaux visages dans le cinéma. Un engagement valorisé par le milieu du cinéma. "Thierry Frémaux décrivait la sélection du Festival de Cannes en 2019 comme politique et romantique explique Manon Grodner, or c'était impensable il y a vingt ans". Une valorisation de l'engagement au cinéma à mettre en lien selon elle "avec une politisation et polarisation croissante de la société. On a besoin d'avoir des histoires qui nourrissent nos convictions. A l'époque, les critiques étaient très cinglantes dès lors que l'on pouvait dénoter un aspect politique".

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L'interview de Manon Grodner sur la représentation des quartiers populaires au cinéma

Certains films vont ainsi renverser les représentations stéréotypées et dépeindre d'autres réalités des quartiers populaires. "A partir des années 2000, il y a quand même un renversement de la représentation dans le cinéma", explique Julien Neiertz : "Le film L'Esquive d'Abdellatif Kechiche en 2004, est un peu charnière. Il réhabilite le jeune de banlieue, dans sa sensibilité. Il a une sensibilité amoureuse, même s'il est certes toujours en échec par rapport à la culture classique, au théâtre de Marivaux, etc. Mais il se met en danger parce qu'il est amoureux d'une femme. Et ça, on ne l'avait pas beaucoup vu dans les films de banlieue. Dans toutes les années 2000, il y un nouveau mouvement de réhabilitation des jeunes de banlieue qui apparaissent avec leur personnalité, leur sensibilité, mais aussi leur drôlerie et leur maladresse, avec notamment les films de Djamel Bensalah comme Le ciel, Les oiseaux et...ta mère! ou dans leur héroïsme aussi avec les films de Luc Besson, de Taxi à Yamakasi ou Banlieue 13". Autant de films qui échappent aux codes et étiquettes que le cinéma dit "de banlieue" tient à lui coller.
A ce titre, le film Entre les murs de Laurent Cantet sorti en 2008 ou encore Swagger d'Olivier Babinet sorti en 2016 montrent aussi une autre réalité. Tournés tous deux dans un collège, l'échec n'y est pas une fatalité.

Loin d'être un genre cinématographique en soi  

Alors il convient aussi de s'interroger sur ce terme même de "cinéma de banlieue", appellation utilisée pour la première fois par le critique Thierry Jousse lors de la sortie de La Haine, rappelle Manon Grodner, et qui continue aujourd'hui de faire débat. "On utilise un qualificatif territorial pour décrire une représentation artistique donc c'est particulier", explique l'auteure. Une appellation qui ne convient pas non plus à Carine May. Actuellement en tournage de son second long métrage La Cour des Miracles, coréalisé avec Hakim Zouhani à Aubervilliers, elle explique que "c'est toujours toujours dangereux de parler de cinéma de banlieue ou de films de banlieue, car on confond problématique et lieu de tournage. En l'occurrence, [Aubervilliers] est un décor mais on aurait très bien pu tourner dans certains quartiers lyonnais, de Marseille ou même de certains villages de campagne où il y a des manques de moyens. Donc j'ai du mal avec la représentation de la banlieue et avec cette appellation. Quand on parle de genre de cinéma tout de suite, on est déjà avec une étiquette que personne n'a demandé. Car il y a divers genres de cinéma à l'intérieur de cela, ce n'est pas un genre en soi. On peut y tourner une histoire d'amour, on peut y tourner une guerre des gangs, on peut tout tourner. Mais le problème, c'est de mettre une étiquette qui rassemble tout ça. Cela ne veut rien dire, à mon avis". A ses côtés, Hakim Zouhani poursuit : "Ce qui nous intéresse ce n'est pas tant les problèmes ou les sujets de société qui concernent ces quartiers, c'est la part d'humanité, c'est avant tout des émotions. Et chaque être humain en dégage à sa manière."

Ce qui nous importe, c'est de concentrer les choses sur l'humain et pas sur ce qu'il y a autour. Hakim Zouhani.

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6 min
L'interview de Carine May et Hakim Zouhani, réalisateurs de la Cour des Miracles, leur nouveau film tourné à Aubervilliers

Selon le réalisateur, "on peut avoir tous ces stéréotypes sur la banlieue et dégager une part d'humanité parce que c'est propre à chaque être humain. Cela dépend de la tendresse que l'on porte à ces personnages et la manière dont on les regarde. Et j'ai l'impression quand même que ça a changé parce qu'il y a beaucoup de cinéastes qui ont émergé de ces quartiers, qui ont pris la caméra et qui ont raconté leurs propres récits. Ils ont par conséquent une certaine maîtrise de ces personnages que d'autres personnes n'avaient pas du tout, et qui étaient encore dans un fantasme. Or déconstruire ses propres fantasmes pour apporter autre chose, je pense que cela reste très compliqué."

Prenant l'exemple du réalisateur Olivier Babinet qui a passé quatre ans de sa vie à arpenter le collège Claude Debussy d'Aulnay-sous-Bois, Hakim Zouhani insiste sur l'immersion comme condition sine qua non de la réalisation d'un film : "On peut ne pas venir des quartiers populaires et filmer ces quartiers à partir du moment où c'est sincère et qu'on y consacre du temps. Et ça se sent à l'image." 

"Ça ne se triche pas", renchérit Carine May. "C'est donc la sincérité, le travail d'immersion, d'échanges avec les gens. La vérité elle est là," conclut la réalisatrice. Le couple de réalisateurs, originaires tous deux d'Aubervilliers poursuit donc ce travail immersif dans une école maternelle d'Aubervilliers cet été pour le tournage de La Cour des Miracles. Le long métrage raconte l'engagement d'une directrice d'école et de son équipe qui s'opposent à l'installation d'une nouvelle école dans le cadre de la construction "d'un écoquartier pour bobos parisiens" relate Carine May, un combat contre la gentrification et pour la mixité sociale dans un film tourné avec les élèves de cette école. 

Photo de tournage de Swagger à Aulnay-sous-Bois.
Photo de tournage de Swagger à Aulnay-sous-Bois. Crédits : Ronan Mérot / DR

Pour Olivier Babinet, le projet de réalisation de son film est apparu progressivement. L'association Cinema 93 lui avait d'abord proposé d'animer une séries d'ateliers dans un collège d'Aulnay-sous-Bois. L'année suivante, le Conseil Général de Seine-Saint-Denis lui propose une résidence dans ce même collège afin de travailler pendant une année entière à la réalisation d'un film d'anticipation. En parallèle, il propose aux élèves de la classe de quatrième d'écrire des films de science-fiction et d'imaginer Aulnay-sous-Bois dans cent ans. "Au bout de ces deux ans passés là-bas, j'avais l'impression de retrouver les copains d'enfance de mon quartier de Strasbourg. J'étais parfois très mélancolique, inquiets pour ces gamins. Je les voyais pleins de rêves et d'espoirs comme quand on a 14 ans mais je voyais aussi la dureté d'Aulnay, la difficulté de s'en sortir. La pauvreté, les parents qui galèrent et les quelques gamins qui partent à la dérive. Cela m'a remué dans tous les sens d'être là-bas", se souvient le réalisateur. Au bout de ces deux années, il prend la décision de tourner un film avec l'aide d'une productrice, Marine Dorfmann, suite notamment aux attentats de Charlie en 2015. "Il y avait un tel climat de divisions en France, de fissures et on parlait souvent n'importe comment de ces jeunes dits de cité. Mais moi je voyais des gamins qui grandissent, qui tombent amoureux, qui sont complexés, extrêmement timides ou flamboyants. Toute une galaxie de caractères que l'on retrouve dans n'importe quel collège du monde. J'ai donc eu envie de faire un film où ça serait eux qui auraient la parole, en essayant de rentrer dans leurs têtes, en regardant la France de leur point de vue, en les laissant s'exprimer", se rappelle Olivier Babinet. 

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Dans Swagger, le réalisateur laisse donc la parole à onze adolescents, les laissant parler de leur vie, leurs amours, leurs interrogations, leur foi. "Je n'avais pas forcément une réflexion sur ce qu'était le film de banlieue, explique-t-il,  je voulais davantage me positionner par rapport aux médias en général, qui ont rarement le temps de passer du temps dans ces quartiers" et dont certains fantasmaient "une jeunesse extrémiste."

"La banlieue est un terrain mythologique"

Olivier Babinet poursuit : "La banlieue est un terrain mythologique dans lequel on peut puiser pour faire du cinéma. Or c'est souvent des histoires de gangsters, de violences, de drogues, d'émeutes avec la police. Mais on peut réfléchir un peu avant de faire un film de plus comme ça, réfléchir à ce qu'on est en train de faire, à ce qu'on continue malgré tout à véhiculer. Il y a beaucoup de gens qui vivent en banlieue qui n'en peuvent plus, car l'image leur colle à la peau. Alors que beaucoup de jeunes font des études, travaillent, veulent s'en sortir... mais évidemment on va vers le spectaculaire. Sauf qu'il y a toute une mosaïque, moins spectaculaire, qui compose la cité et la banlieue : les mamans qui pique-niquent, les joueurs indiens de criquet". Et si on peut traiter de la violence et du trafic de drogue, Olivier Babinet s'étonne "que des gens qui ont grandi en banlieue n'échappe pas à ça, à la reproduction de ça", de ce spectaculaire porté à l'écran.

Selon lui, il faut certes parler des violences policières, "Les Misérables de Ladj Ly n'est ainsi pas manichéen, il ne faut pas les nier ces violences", estime Olivier Babinet. Mais en dépit de la fascination que l'on peut avoir pour la violence au cinéma, "on peut réfléchir à deux fois et peut-être s'abstenir en décidant aussi, de montrer autre chose", conclut le réalisateur.

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