LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Sur la messagerie de Facebook, un "bot", robot, doté d'une I.A (intelligence artificielle) se charge de vous trouver les billets les plus adaptés

Des billets de train via Facebook : vers une révolution du e-commerce ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Facebook propose désormais à ses 35 millions d'utilisateurs français d'acheter directement sur son service de messagerie Messenger des billets de train SNCF. Une tendance qui devrait rapidement s'étendre à de nombreux réseaux sociaux, lancés à l'assaut du e-commerce.

Sur la messagerie de Facebook, un "bot", robot, doté d'une I.A (intelligence artificielle) se charge de vous trouver les billets les plus adaptés
Sur la messagerie de Facebook, un "bot", robot, doté d'une I.A (intelligence artificielle) se charge de vous trouver les billets les plus adaptés Crédits : Capture d'écran

L'objectif numéro un : réduire le nombre de "clics" qui séparent la belle photo de bord de mer publiée sur Facebook par la SNCF et l'achat d'un billet de train. Désormais, rien de plus simple, il suffira d'ouvrir une conversation Messenger avec la SNCF et de discuter avec un bot, un robot, qui vous trouvera vos billets de train.

Une poignée de secondes plus tard, il ne vous reste plus qu'à choisir parmi une sélection, et à payer sans jamais quitter Messenger. Le tout grâce à vos informations bancaires, remplies au préalable sur le site de la SNCF.  L'intérêt pour les marques est simple : favoriser l'achat d'impulsion, selon Eric Combarlbert, fondateur de l'ESCEN (école de web business) : "La spontanéité de l'achat est liée à l'achat coup de coeur. Sur 100 personnes qui arrivent sur un site de e-commerce, 70 à 80 quittent immédiatement le site car la page d'accueil n'est pas attractive ou ne correspond pas à ce qu'ils espéraient. C'est un effet zapping qui peut être résolu s'il n'y a pas grand chose entre la première vue et l'achat."

A court terme, générer plus de recettes publicitaires

Avec cette technique, Facebook espère générer davantage de recettes publicitaires, alors que chaque mois 10 milliards de messages sont échangés sur Messenger entre des particuliers et des marques. Il s'agit de généraliser la pratique, pour rendre le e-shopping toujours plus accessible et ludique, selon Marc Alban Ponthieu, product manager chez Facebook. "Ce sont des tests menés aujourd'hui avec des annonceurs comme Sephora ou L'Oréal, pour par exemple essayer en réalité augmentée un maquillage ou une paire de lunettes, et effectuer l'acte d'achat directement dans la conversation après avoir fait ces essais virtuels" détaille-t-il. 

Pour le moment en France, les informations bancaires sont uniquement communiquées à la marque, en l'occurrence la SNCF, et non pas à Facebook. Juste une question de temps pour Klorydryc, membre de La Quadrature du Net. "C'est tout à fait habituel de voir des plateformes changer les règles du jeu une fois qu'ils sont rentrés dans le quotidien des gens. Et quand Facebook va d'imposer que le paiement passe par chez eux ou bien une commission, la SNCF va déchanter puisque les utilisateurs auront pris leurs habitudes, et il sera très dur de revenir en arrière" explique-t-il. 

A long terme : créer un réseau social global, avec une monnaie spéciale

En France, il est déjà possible de s'échanger de l'argent entre particuliers directement sur Messenger. Et aux Etats Unis, Facebook se sert de son laboratoire : Instagram. Le réseau social, à l'origine fait pour les photographies, s'est lancé dans le paiement en native il y a quelques semaines. Il suffit maintenant de cliquer sur la photo d'un produit pour pouvoir l'acheter en direct sur le réseau social. De quoi susciter la crainte chez Klorydryc : "Ces dernières années, on a bien vu que Facebook n'était pas du tout fiable vis-à-vis des données. On a vu il y a quelques semaines qu'ils stockaient des millions de mots de passe en clair sur leurs bases de données. Donc avec des données bancaires, on peut se poser des questions."

Avec des vitrines de la qualité d'Instagram, Facebook pourrait devenir le plus grand supermarché du monde. Et avec à terme sa propre monnaie : un groupe de travail sur les cryptomonnaies - les monnaies virtuelles - travaille d'arrache-pied depuis 2013, pour créer une monnaie pour Facebook, indexée sur le cours du dollar. De quoi terrifier les détracteurs des GAFAM tout puissants et d'un internet centralisé.

L'équipe
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......