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La maternité de Bernay, en Normandie, ferme le vendredi 15 mars.

Fermeture de la maternité de Bernay, en Normandie : tout un pan du service public s'en va

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À partir de 8 heures, ce lundi 11 mars, plus aucune femme ne pourra accoucher à la maternité de Bernay, en Normandie. Elle fermera officiellement vendredi prochain, sur ordre de l'agence régionale de santé. Une association d'opposants se bat pour garder ce service public de proximité.

La maternité de Bernay, en Normandie, ferme le vendredi 15 mars.
La maternité de Bernay, en Normandie, ferme le vendredi 15 mars. Crédits : Caroline Pomes - Radio France

En vingt ans, la moitié des maternités a fermé en France. Il n'en restait que 498 en 2018 selon un rapport de la Cour des comptes (Cour qui avait épinglé de petites maternités en 2015). Les dernières sur la liste sont la maternité du Blanc, dans l'Indre, et celle de Creil, dans l'Oise. À Bernay, dans l'Eure, une commune de 11 000 âmes en Normandie, la maternité fermera officiellement vendredi 15 mars, sur ordre de l'Agence régionale de santé mais plus aucune femme ne pourra accoucher dès ce lundi 11 mars à 8 heures. 

Un centre périnatal de proximité prend le relais

Depuis près d'un an, l'association Liberté, égalité, proximité, qui rassemble des citoyens et du personnel de santé, se bat pour que le service reste ouvert. Mais la direction ne fera pas marche arrière et a déjà prévu l'ouverture d'un centre périnatal de proximité où les femmes, enceintes ou non, pourront consulter des gynécologues, des sages-femmes, un psychologue et participer notamment à des ateliers de préparation à l'accouchement.

Une association a déposé une requête en référé pour tenter de suspendre l'autorisation de fermeture.
Une association a déposé une requête en référé pour tenter de suspendre l'autorisation de fermeture. Crédits : Caroline Pomès - Radio France

Le centre ouvrira dans les actuels locaux de la maternité. Les travaux dans le nouveau service dédié n'ont pas commencé à temps. Les opposants l'occupent depuis décembre pour tenter de repousser la fermeture de la maternité.

Les femmes devront faire jusqu'à 58 minutes de route pour accoucher. En cas de complications, la vie de la mère et de l'enfant sont en danger. - Sarah Feraud, infirmière à la maternité et membre de l'association.

Les opposants ont déposé une requête en référé au tribunal administratif pour la suspension de la fermeture. Le tribunal devrait rendre sa décision lundi 11 mars. "J'ai accouché ici, raconte Séverine Bondu, déléguée Force ouvrière, infirmière depuis dix-sept ans à l'hôpital de Bernay et membre de l'association. J'ai fait dix minutes de voiture avec des contractions, ce n'était pas facile alors imaginez-vous plus d'une demi-heure, voire une heure. Et si c'est une urgence, il faudra attendre presque le double, le temps que le Samu arrive." Les cas extrêmes représentent, selon l'association, moins de 10% des accouchements.

Autre point qui inquiète les opposants, la façon dont seront accueillies les femmes en cas d'urgence à l'hôpital. "Il n'y aura pas d'anesthésiste de garde, ni de chirurgien viscéral, même si les urgentistes ont une formation en accouchements inopinés, si le bébé se présente mal. Ce sera difficile de faire une césarienne." 

Des formations de médecins urgentistes en cours

Du côté de la direction, on assure que les médecins urgentistes ont reçu des formations et qu'une autre est prévue pour le mois d'avril. "Les femmes qui ont des complications n'accouchaient déjà pas chez nous, une maternité de niveau un, et faisaient déjà ces kilomètres pour être reçues à Lisieux ou à Evreux. Il n'y a jamais eu de souci", explique la directrice, Nathalie Horn. 

Les opposants ne comprennent pas. Il n'y a jamais eu d'accident à la maternité où 500 femmes ont accouché en moyenne chaque année depuis dix ans. "Nous avons bien travaillé, nous devons être fiers de nous, rétorque la cadre sage-femme, Isabelle Baptiste, à la tête du service depuis neuf ans. Mais il est temps de s'arrêter, c'était compliqué de recruter du personnel. Nous étions en tension, avec de nombreuses heures de garde. Nous savons que nous avions des difficultés."

Le maire est contre la fermeture de la maternité, où il y a eu 312 accouchements en 2018.
Le maire est contre la fermeture de la maternité, où il y a eu 312 accouchements en 2018. Crédits : Caroline Pomes - Radio France

Il est en revanche difficile pour tout le monde de voir ce service fermer. Toutes les parties s'entendent sur ce point. L'hôpital de Bernay est le premier employeur de la ville. La maternité actuelle, composée de quinze chambres, existe depuis 23 ans. Elle a été rénovée en 2007.  De nombreux membres du personnel hospitalier y sont nés, comme les petits enfants du maire, Jean-Hugues Bonhamy. Il est contre cette fermeture. Pour lui, c'est encore un symbole de la mort à petit feu du service public de proximité, dans les campagnes.

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