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Un cours sur l''étude du Coran à l'Institut européen des sciences humaines de Saint-Léger-de-Fougeret dans la Nièvre le 28 octobre 2020. En arrière plan, le doyen Larabi Becheri

Formation des imams : dans le Morvan, l'Institut européen des sciences humaines cherche à évoluer

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Le CFCM, l’instance représentative des musulmans de France, travaille à une procédure de "labellisation de formations des imams" à la demande du chef de l’État. La plus ancienne de ces structures de formation se situe dans le Morvan, à Saint-Léger-de-Fougeret près de Château-Chinon. Reportage.

Un cours sur l''étude du Coran à l'Institut européen des sciences humaines de Saint-Léger-de-Fougeret dans la Nièvre le 28 octobre 2020. En arrière plan, le doyen Larabi Becheri
Un cours sur l''étude du Coran à l'Institut européen des sciences humaines de Saint-Léger-de-Fougeret dans la Nièvre le 28 octobre 2020. En arrière plan, le doyen Larabi Becheri Crédits : Philippe DESMAZES - AFP

Emmanuel Macron a expliqué début octobre à l'occasion de son discours sur le "séparatisme islamiste" qu’il souhaitait couper avec l’Islam consulaire et les 300 imams actuellement détachés en France. Le CFCM, l’instance dite représentative des musulmans en France travaille depuis le weekend dernier à une procédure de "labellisation de formations des imams". En 2016, le culte musulman avait recensé huit structures de formation en France, dont la plus ancienne est située dans le Morvan, à Saint-Léger-de-Fougeret près de Château-Chinon. 

Onze hectares au cœur de collines verdoyantes, deux dortoirs, quatorze salles de classe, deux mosquées dont l’une en construction. L’IESH pour "Institut européen des sciences humaines" accueille 200 étudiants à l’année. C'est le cas de Laura, convertie à l’Islam. Cette jeune femme de 32 ans étudie dans l’Institut depuis quatre ans.  

Laura est originaire d'Agen. Elle étudie à l'IESH depuis quatre ans et souhaite enseigner dans une mosquée
Laura est originaire d'Agen. Elle étudie à l'IESH depuis quatre ans et souhaite enseigner dans une mosquée Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France
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Laura étudiante à l'IESH : "l'idée qui m'a plu était de pouvoir apprendre ma religion en France"

L’association loi 1905 est installée dans le Morvan depuis 1990. Elle forme entre 10 et 15 imams par an sur le site. Ce sont des parcours de sept ans en langue arabe, récitation du Coran et théologie…Face aux groupuscules terroristes, sous la pression des autorités, le doyen Larabi Becheri, spécialiste du droit musulman est obligé de s’adapter vitesse grand V.

Larabi Becheri est le doyen de l'IESH. Il a été formé à Médine en Arabie Saoudite et en France à la Sorbonne et à l'université d'Aix en Provence
Larabi Becheri est le doyen de l'IESH. Il a été formé à Médine en Arabie Saoudite et en France à la Sorbonne et à l'université d'Aix en Provence Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France
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Larabi Becheri : "un bon imam est capable théologiquement de déconstruire un discours radical"

Le nombre d'étudiants est stable depuis des années : toujours aux alentours de 200. En tout cas, c'est notre capacité pour l'instant d'accueil. Et la parité, c'est pareil : on a presque toujours 50/50 filles, garçons. La scolarité pour la langue arabe dure deux ans, pour le Coran, deux ou trois ans et la théologie dure trois ans, après un bac. Pour devenir imam "complet", il faut suivre les trois cursus. Cela fait sept ans.

L’institut n’a jamais poussé ses étudiants à la violence mais a déjà fait couler beaucoup d’encre. Il a été créé par l’Union des organisations islamiques de France, l’UOIF devenue Musulmans de France, proche des Frères musulmans, soupçonnés de séparatisme dans un rapport sénatorial de l’été dernier. Un héritage que la jeune génération d’enseignants dit aujourd’hui vouloir mettre à distance. Edin Dia, docteur en droit français, donne un cours sur les institutions républicaines :

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Edin Dia : "Si on forme des imams dans des écoles qu'on a inventé de toutes pièces, j'ai peur que ça ne soit pas réel"

L’enseignement nécessiterait toutefois d'être oxygéné avec des apports extérieurs, l’intervention d’islamologues par exemple. Les interlocuteurs de l'IESH disent sérieusement y réfléchir. Pour Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique à Sciences-Po Lyon, les débats sur la formation des imams révèle le tropisme conservateur du champ islamique français. 

Entrée de l'IESH installé dans le hameau de Bouteloin sur la petite commune de Saint-Léger-de-Fougeret
Entrée de l'IESH installé dans le hameau de Bouteloin sur la petite commune de Saint-Léger-de-Fougeret Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France
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Haoues Seniguer : "C'est un lieu où une forme de conservatisme religieux est diffusé et qui demande à être oxygéné"

Ces dernières années, plusieurs élus sont venus faire des rapports ou discuter avec les acteurs de l'IESH installé dans le canton de Château-Chinon. Dernière en date, la sénatrice de la Nièvre et du groupe Union Centriste Nadia Sollogoub. Tout en étant rassurée sur le discours, elle se questionne après avoir reçu un torrent de réactions sur internet suite à sa visite de terrain :

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5 min
Nadia Sollogoub : "j'ai formulé une question écrite au ministère de l'intérieur afin de me confirmer que des contrôles réguliers étaient faits".MP3

La sénatrice connaît le doyen de l’IESH Larabi Becheri depuis 2018. Ils ont fait connaissance lors des assises territoriales de l’Islam dans la Nièvre. Elle compte lui demander de participer aux auditions préalables à la préparation du projet de loi sur les séparatismes au Sénat. 

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