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Cours d'initiation au maniement d'un ordinateur dans les locaux d'Emmaüs Connect à Saint-Denis. La demande n'a pas faibli malgré la pandémie et l'association recherche des bénévoles.

Illectronisme : aux côtés de ceux qui aident les laissés-pour-compte du numérique

4 min
À retrouver dans l'émission

[Rediffusion] La pandémie de Covid-19 a renforcé l'importance de maîtriser l'outil informatique pour s'insérer. Or, 40% des publics en précarité sociale sont aussi en difficulté numérique affirme Emmaüs Connect, qui vient en aide à ces personnes : l'association lance un appel aux bénévoles.

Cours d'initiation au maniement d'un ordinateur dans les locaux d'Emmaüs Connect à Saint-Denis. La demande n'a pas faibli malgré la pandémie et l'association recherche des bénévoles.
Cours d'initiation au maniement d'un ordinateur dans les locaux d'Emmaüs Connect à Saint-Denis. La demande n'a pas faibli malgré la pandémie et l'association recherche des bénévoles. Crédits : Maxime Tellier - Radio France

[Rediffusion de l'émission du 13 octobre 2020] L'illectronisme est bien souvent un mal qui s'ajoute à d'autres formes d'exclusion. Les personnes les plus démunies peinent ainsi à s'équiper en matériel informatique mais pâtissent aussi d'un manque de compétence pour effectuer les démarches de base à l'ère numérique : entrer en contact avec les services publics, faire valoir ses droits, chercher un emploi, télétravailler ou aider ses enfants pour les devoirs (ou la classe) à la maison. En France, Emmaüs Connect a été créée en 2013 pour répondre à ces défis et compte aujourd'hui 13 centres d'accueil, dont celui de Saint-Denis, où les bénéficiaires peuvent se former et acquérir du matériel. Mais face à la demande, le nombre de bénévoles vient à manquer et l'association lance un appel.

Le numérique pour les plus fragiles

Emmaüs Connect propose des cours d'initiation à l'informatique. Les bénéficiaires sont le plus souvent envoyés par d'autres associations ou institutions partenaires. Diébétou élève seule sa fille de 11 ans et elle suit une formation de 12 heures étalée sur 3 semaines : "J'apprends à manipuler l'ordinateur et ça n'est pas trop difficile pour l'instant. Je veux pouvoir m'en servir sans dépendre de quelqu'un d'autre car avant, je ne pouvais rien faire seule".

Diébétou participe à une formation de trois semaines pour s'initier à l'informatique. Elle a décidé de s'inscrire après le confinement où sa fille faisait ses devoirs à la maison sur son téléphone, sans ordinateur ou connexion internet.
Diébétou participe à une formation de trois semaines pour s'initier à l'informatique. Elle a décidé de s'inscrire après le confinement où sa fille faisait ses devoirs à la maison sur son téléphone, sans ordinateur ou connexion internet. Crédits : Maxime Tellier - Radio France

"On a travaillé le niveau débutant la première semaine", explique Azzeddine, ancien professeur de sciences économiques et sociales devenu bénévole depuis qu'il est retraité. "Manipulation de la souris, du clavier et des différentes touches. Lors de la deuxième semaine, nous travaillons sur les différents moyens de connexion à internet, naviguer, manipuler sa boîte mail..." Les stagiaires apprennent aussi à envoyer une pièce jointe ou utiliser un traitement de texte et l'association propose aussi une "permanence connectée" en semaine où les personnes viennent pour trouver une solution à un problème précis.

Ces compétences de base sont devenues indispensables aujourd'hui. Diébétou en a pris conscience lors du confinement du printemps lorsque sa fille devait faire ses devoirs à la maison : la maîtrise de l'informatique était alors capital. 

"C'est à cause de ça que j'ai contacté Emmaüs Connect et que j'ai commencé cette formation. Elle faisait ses devoirs à travers mon téléphone, elle devait zoomer et écrivait comme elle pouvait, c'était la galère et ça a été très dur pour elle car on n'a pas de tablette ou d'ordinateur". - Diébétou, bénéficiaire d'Emmaüs Connect

"Le confinement a posé le problème de l'exclusion numérique"

"Le fait que des gens déjà en difficulté soient en plus exclus du numérique, c'est inadmissible", commente Azzeddine. "Le confinement a posé le problème de l'exclusion numérique : car lorsqu'on est confiné, comment accède-t-on à l'extérieur ? Par internet. Si on a pas internet chez soi, qu'on a pas d'ordinateur ou qu'on ne sait pas s'en servir, on se retrouve complètement isolé. C'est en période de crise sanitaire qu'on voit l'importance de l'inclusion numérique".

Dans cette association, les bénéficiaires peuvent aussi s'équiper en matériel à prix solidaires : recharge internet, téléphones, smartphones, etc. "Bien souvent, ils n'ont pas de compte bancaire, or il faut un compte en banque pour avoir un forfait mobile et nous pouvons leur fournir des recharges", remarque Marie Thalouarne, assistante opérationnelle.

Enfin, l'association lance un appel aux bénévoles : "Aujourd'hui, on observe une chute de l'engagement avec deux tiers de bénévoles en moins depuis le confinement", explique la co-directrice d'Emmaüs Connect, Marie Cohen-Skalli. 

"Pourtant, les besoins sont énormes puisque les publics reviennent en masse pour demander de l'accompagnement. Nous avons lancé une campagne de mobilisation depuis le 29 septembre qui vise à expliquer que nos missions de bénévolat sont à la portée de toute personne qui utilise le numérique au quotidien. On peut aider son prochain et transmettre ce qu'on sait faire aux personnes en difficulté." Marie Cohen-Skalli, co-directrice d'Emmaüs Connect.

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