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Conséquence du conflit avec les États-Unis, les conservateurs iraniens sont donnés favoris des élections législatives vendredi.

Iran : des élections législatives sous tension

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Les Iraniens éliront ce vendredi leurs députés. Le rétablissement de sanctions américaines draconiennes, après le retrait en 2018 des Etats Unis de l’accord sur le nucléaire, a plongé l'Iran dans une grave récession. Le camp conservateur est donné favori de ces élections législatives.

Conséquence du conflit avec les États-Unis, les conservateurs iraniens sont donnés favoris des élections législatives vendredi.
Conséquence du conflit avec les États-Unis, les conservateurs iraniens sont donnés favoris des élections législatives vendredi. Crédits : - Getty

Les Iraniens éliront vendredi leurs nouveaux députés. Le camp conservateur est donné favori de ces élections législatives qui se tiennent dans un contexte de crise économique exacerbé. Le rétablissement de sanctions américaines draconiennes, après le retrait en 2018 des Etats Unis de l’accord sur le nucléaire, a en effet plongé l'Iran dans une grave récession. 

Reportage de nos envoyés spéciaux à Téhéran Laurent Macchietti et Valérie Crova 

Nous sommes dans le quartier de Nazi Abad, dans le sud de Téhéran. Ici, pas de 4x4 rutilant comme on peut en voir dans le quartier de Farmanié au nord de la capitale iranienne. Nous croisons Farchad.

Ce jeune de 29 ans a ouvert il y a 10 ans une boutique de produits de beauté. Mais depuis 2 ans, son magasin tourne au ralenti. Farchad nous décrit la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la majorité des Iraniens.

Une corruption totale dans le système économique de l'Iran. Les gens cherchent un produit moins cher aujourd'hui. Parfois, il y a des voleurs dans la rue ou bien dans les magasins. on avait des manifestations ici et il y avait des personnes qui ont été tuées dans ce quartier. Tout le monde semble être en désaccord avec cette augmentation des prix, mais elle a quand même été appliquée. Si vous manifestez, vous êtes tués. C'est ça la situation à laquelle on est confronté.  

Les manifestations de novembre dernier qui ont été violemment réprimées, ont laissé un gout amère parmi la jeunesse iranienne. 

Foulard noir sur la tête, Elnaz, maquillée avec soin, porte un manteau trois quart beige. Cette jolie jeune femme de 28 ans vient retirer de l’argent au guichet d’une banque. Elle ne travaille pas nous dit elle. 

La situation est vraiment mauvaise, nous sommes tous confrontés à une crise économique grave. Je ne peux rien acheter. J’ai retiré 400 000 rials, moins de 3 euros. Les prix ont tous augmenté. Ils ont été multiplié par 3 ou par 4. Je ne peux pas énumérer tous les produits. La vie ici est vraiment dure et difficile. On ne peut pas vivre correctement. Tout le monde s’enfuit. 

Avec une inflation de plus de 40% et une monnaie qui a perdu les deux tiers de sa valeur, les Iraniens peinent aujourd’hui à entrevoir une sortie de crise. Officiellement, le taux de chômage est de 18% chez les jeunes. Il serait en réalité plutôt de l’ordre de 30% à 40%. Les retombées de l’accord sur le nucléaire négocié par l’actuel président Rohani se font toujours attendre ce qui alimente une frustration et un ressentiment à l’égard des pays qui ont signé cet accord. Mohammed, la trentaine, travaille dans un magasin de vêtements. 

L’Iran est cruellement placé sous un embargo dur et la politique des Européens et des Américains a une incidence sur la vente de notre pétrole. Ça influence notre commerce intérieur. Si on pouvait vendre notre pétrole, on pourrait avoir une meilleure économie. Ils ont décidé de rester avec l’Iran dans l’accord sur le nucléaire et de ne pas trahir l’Iran. Ils voulaient créer un autre groupe après le retrait des Etats Unis. Mais après ils n’ont pas respecté l’accord à cause de l’hégémonie américaine. Ils ont trahi l’Iran. C’est ce qu’on entend ici. Je pense qu’avec cette haine qu’il y a en ce moment entre l’arrivée de Trump, l’acte de terreur commis contre Soleimani, l’élection présidentielle américaine et la campagne de Trump, les élections législatives ici, les deux camps ne recherchent que la fierté nationale et pas la paix 

Avant l’embargo, l’Iran était classé au cinquième rang mondial pour ses ressources pétrolières... 

Comme Mohammed, nombreux sont les iraniens qui n’iront pas voter, pour exprimer leur défiance envers les autorités et leur lassitude face aux difficultés économiques que traverse leur pays.

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